Des doutes sur l’investissement du géant de l’acier ArcelorMittal à Gand

ArcelorMittal prendra une décision dans le courant de cette année sur des investissements à effectuer en vue de produire de l’acier de façon durable sur son site de Gand, a fait savoir la direction européenne du groupe à l’agence Belga. Des ingénieurs examinent actuellement comment la multinationale peut opérer de manière durable à Gand et à Dunkerque (nord de la France). Aucune piste n’est abandonnée à ce stade.

La construction à Gand d’une installation de réduction directe (DRI pour “direct reduced iron”) de 2,5 millions de tonnes, et de deux fours électriques est à l’étude depuis 2021. L’investissement représente plus d’un milliard d’euros pour le site gantois, qui doit cependant faire face à la concurrence de Dunkerque. Le port français peut compter sur des subsides attrayants. De Tijd rapportait cette semaine que l’installation DRI était ainsi compromise. Le sujet a été discuté vendredi au Conseil informel des ministres européens en charge de la compétitivité à Genk.


ArcelorMittal précise que tous les projets sont au stade de l’étude. L’entreprise cotée en Bourse envisage même des investissements supplémentaires, notamment pour déployer un four électrique à Gijón en Espagne (nord). La demande en acier durable est croissante, selon l’entreprise qui s’est engagée à être neutre sur le plan climatique d’ici 2030.

Une demande croissante en acier durable

Une déclaration d’intention avait été signée il y a trois ans à l’hôtel de ville de Gand en présence des gouvernements fédéral et flamand, et de la famille Mittal. Depuis, des ingénieurs se penchent sur la réalisation du projet. Le fait qu’une installation DRI soit également à l’étude à Dunkerque ne signifie pas qu’aucun investissement ne sera effectué à Gand, précise la direction locale. “Afin d’utiliser les ressources le plus efficacement possible, nous donnons la priorité à la phase de projet détaillée des fours électriques afin d’élaborer, dans un second temps, l’ingénierie précise de la DRI”, explique-t-on.

Il est probable que la direction internationale juge prioritaires les investissements les plus rentables. La direction européenne d’ArcelorMittal concède ainsi que “l’estimation des coûts, l’accès aux fonds et les futurs prix de l’énergie auront un impact sur le déploiement de la DRI et des fours électriques”.
Le dossier de subsides pour le site gantois a été bouclé en juin dernier et prévoirait quelque 280 millions d’euros d’aides. Mais ArcelorMittal peut aussi bénéficier d’un soutien considérable en France. Le groupe a d’ailleurs annoncé il y a quelques semaines une coopération à long terme avec l’entreprise énergétique EDF, détenue par l’Etat français. Une énergie bon marché pour l’exploitation des fours électriques constitue un atout non-négligeable.

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