"Les précédentes études sur la digitalisation dans les entreprises visaient spécifiquement soit les grandes entreprises, soit les start-up numériques. Or, les PME représentent pas moins de 70% de l'emploi dans le secteur privé belge et ont, elles aussi, beaucoup à gagner d'une digitalisation intelligente," explique Carine Lucas, Senior Expert Digital chez Agoria. Son étude, dont les résultats ont été présentés cette semaine, porte explicitement sur les PME, et plus particulièrement sur les PME industrielles belges. Sur la base d'entretiens téléphoniques approfondis, plus de 400 entreprises ont été interrogées sur trois domaines: la digitalisation des processus opérationnels, l'innovation numérique et la culture d'entreprise numérique.

Les résultats

La bonne nouvelle est que 83% des PME industrielles belges considèrent la digitalisation comme une opportunité. Pas moins de huit entreprises sur dix ont déjà entrepris la digitalisation de leurs processus opérationnels. Dans ce cadre, l'accent est principalement mis sur le travail sans papier, au moyen d'une infrastructure informatique propre. Les processus sont d'abord numérisés au sein de départements déterminés. Ensuite seulement, les processus des différents silos sont alignés, par exemple au moyen de données partagées via les systèmes ERP, CRM ou une autre application. Parmi les PME industrielles, 58% collectent des données, 74% disposent d'un système ERP et 50% d'un système CRM.

Carine Lucas © Agoria

En revanche, les PME industrielles belges sont beaucoup moins actives sur le plan de l'innovation numérique. Seules quatre PME sur dix ont déjà pris des mesures en vue de numériser leur offre. Et elles sont encore moins nombreuses (1 sur 10 seulement !) à mettre à profit la technologie numérique pour déployer de nouveaux modèles d'entreprise. Les entreprises de services ont pris les devants sur ce plan. Elles investissent principalement dans la digitalisation de leurs activités et de leurs points de contact avec les clients, qui sont de plus en plus exigeants. Les entreprises de produits physiques investissent dans la technologie afin de surveiller l'utilisation de leurs produits à distance. Actuellement, les données sont principalement utilisées dans le cadre du développement de produits, et bien moins pour mettre au point une offre personnalisée ou de nouveaux services. L'intelligence artificielle n'est clairement pas à l'ordre du jour.

La plupart des entreprises sont plus avancées sur le plan de la digitalisation de leurs processus que de l'innovation numérique. Les entreprises de services ont clairement pris les devants en matière d'innovation numérique.

Agoria a également posé aux PME industrielles toute une série de questions sur la culture numérique, ce qui a permis d'identifier cinq facteurs nettement plus présents dans les entreprises les plus matures sur le plan numérique. Ainsi, les projets numériques font généralement partie intégrante de la stratégie de ces entreprises, mais ceux-ci sont développés aussi bien selon une approche ascendante (bottom-up) que descendante (top-down). Une implication précoce et continue est essentielle pour obtenir l'adhésion des travailleurs. Or, une telle implication n'est observée que dans 42% des entreprises.

Une culture de la collaboration avec différents partenaires fait souvent défaut également. La technologie numérique évoluant à un rythme effréné, il n'est plus possible pour les entreprises individuelles de tout développer en interne et d'acquérir seules toute l'expertise nécessaire. Les PME industrielles doivent se tourner davantage vers des partenaires numériques.

L'étude met en évidence un lien direct entre la façon de travailler et de penser, la culture et le degré de réussite des projets numériques.

Enfin, il est important pour les entreprises de désigner un responsable de la digitalisation. Seules 55% des entreprises interrogées l'ont fait et dans 69% des cas, cette fonction représente moins d'un mi-temps. Pourtant, c'est en brisant les silos, en alignant les processus des différentes unités opérationnelles et en partageant les données que l'on crée la plus grande valeur ajoutée. Et sans personne pour maintenir une vue d'ensemble, de nombreuses opportunités risquent de rester inexploitées.

7 règles d'or pour une culture d'entreprise numérique forte

Votre entreprise est-elle un pionnier du numérique ou se contente-t-elle pour le moment d'observer les développements dans ce domaine? Le livre blanc d'Agoria "Le Digital, un état d'esprit" offre un aperçu de la maturité numérique de 400 PME industrielles établies en Belgique. Vous y trouverez également 7 règles d'or pour le développement d'une culture numérique forte au sein de votre entreprise. Téléchargez ici le livre blanc.

"Les précédentes études sur la digitalisation dans les entreprises visaient spécifiquement soit les grandes entreprises, soit les start-up numériques. Or, les PME représentent pas moins de 70% de l'emploi dans le secteur privé belge et ont, elles aussi, beaucoup à gagner d'une digitalisation intelligente," explique Carine Lucas, Senior Expert Digital chez Agoria. Son étude, dont les résultats ont été présentés cette semaine, porte explicitement sur les PME, et plus particulièrement sur les PME industrielles belges. Sur la base d'entretiens téléphoniques approfondis, plus de 400 entreprises ont été interrogées sur trois domaines: la digitalisation des processus opérationnels, l'innovation numérique et la culture d'entreprise numérique.La bonne nouvelle est que 83% des PME industrielles belges considèrent la digitalisation comme une opportunité. Pas moins de huit entreprises sur dix ont déjà entrepris la digitalisation de leurs processus opérationnels. Dans ce cadre, l'accent est principalement mis sur le travail sans papier, au moyen d'une infrastructure informatique propre. Les processus sont d'abord numérisés au sein de départements déterminés. Ensuite seulement, les processus des différents silos sont alignés, par exemple au moyen de données partagées via les systèmes ERP, CRM ou une autre application. Parmi les PME industrielles, 58% collectent des données, 74% disposent d'un système ERP et 50% d'un système CRM. En revanche, les PME industrielles belges sont beaucoup moins actives sur le plan de l'innovation numérique. Seules quatre PME sur dix ont déjà pris des mesures en vue de numériser leur offre. Et elles sont encore moins nombreuses (1 sur 10 seulement !) à mettre à profit la technologie numérique pour déployer de nouveaux modèles d'entreprise. Les entreprises de services ont pris les devants sur ce plan. Elles investissent principalement dans la digitalisation de leurs activités et de leurs points de contact avec les clients, qui sont de plus en plus exigeants. Les entreprises de produits physiques investissent dans la technologie afin de surveiller l'utilisation de leurs produits à distance. Actuellement, les données sont principalement utilisées dans le cadre du développement de produits, et bien moins pour mettre au point une offre personnalisée ou de nouveaux services. L'intelligence artificielle n'est clairement pas à l'ordre du jour.Agoria a également posé aux PME industrielles toute une série de questions sur la culture numérique, ce qui a permis d'identifier cinq facteurs nettement plus présents dans les entreprises les plus matures sur le plan numérique. Ainsi, les projets numériques font généralement partie intégrante de la stratégie de ces entreprises, mais ceux-ci sont développés aussi bien selon une approche ascendante (bottom-up) que descendante (top-down). Une implication précoce et continue est essentielle pour obtenir l'adhésion des travailleurs. Or, une telle implication n'est observée que dans 42% des entreprises.Une culture de la collaboration avec différents partenaires fait souvent défaut également. La technologie numérique évoluant à un rythme effréné, il n'est plus possible pour les entreprises individuelles de tout développer en interne et d'acquérir seules toute l'expertise nécessaire. Les PME industrielles doivent se tourner davantage vers des partenaires numériques.Enfin, il est important pour les entreprises de désigner un responsable de la digitalisation. Seules 55% des entreprises interrogées l'ont fait et dans 69% des cas, cette fonction représente moins d'un mi-temps. Pourtant, c'est en brisant les silos, en alignant les processus des différentes unités opérationnelles et en partageant les données que l'on crée la plus grande valeur ajoutée. Et sans personne pour maintenir une vue d'ensemble, de nombreuses opportunités risquent de rester inexploitées.