Créer un nouveau fonds d'investissement public en Wallonie, un de plus, c'est vraiment ramer à contre-courant. Toutefois, Philippe Buelen, premier vice-président de la Sogepa et CEO de Wallonie-Santé, était convaincu de l'intérêt de se doter d'un outil spécifique pour le secteur de la santé et il n'a pas lâché le morceau avant d'arriver à ses fins. Wallonie-Santé fut lancé en décembre 2018 et, manifestement, l'outil répondait à un besoin puisque son enveloppe de 230 millions d'euros a été activée en moins de deux ans. Wallonie-Santé soutient aujourd'hui, via des prêts ou des garanties, une cinquantaine de projets amenés par des hôpitaux, des mai...

Créer un nouveau fonds d'investissement public en Wallonie, un de plus, c'est vraiment ramer à contre-courant. Toutefois, Philippe Buelen, premier vice-président de la Sogepa et CEO de Wallonie-Santé, était convaincu de l'intérêt de se doter d'un outil spécifique pour le secteur de la santé et il n'a pas lâché le morceau avant d'arriver à ses fins. Wallonie-Santé fut lancé en décembre 2018 et, manifestement, l'outil répondait à un besoin puisque son enveloppe de 230 millions d'euros a été activée en moins de deux ans. Wallonie-Santé soutient aujourd'hui, via des prêts ou des garanties, une cinquantaine de projets amenés par des hôpitaux, des maisons de repos, des maisons médicales ou d'autres institutions de soins. Les intérêts et primes lui permettent de dégager un petit bénéfice, qui financera demain d'autres prêts. "Certains étaient peut-être sceptiques au départ, mais les chiffres sont là: Wallonie-Santé, c'est une success story", se réjouit le CEO. Au vu des énormes besoins du secteur, Philippe Buelen espère pouvoir intensifier les actions du fonds en obtenant un refinancement de la part du gouvernement wallon. "Le secteur de la santé, le plus gros pourvoyeur d'emplois de Wallonie (190.000), doit être l'un des axes prioritaires des plans de l'exécutif régional, dit-il. Il faut absolument rattraper le sous-financement des infrastructures de santé des années antérieures. Wallonie-Santé y contribue. Nous cherchons bien entendu à être rentable, mais aussi à dégager une valeur sociétale. Nous finançons par exemple des entreprises de travail adapté, qui ne sont pas vraiment le coeur de cible des banques." En ce début d'année, Wallonie-Santé a pris plusieurs initiatives intéressantes. Le fonds a ainsi investi 20 millions d'euros dans le LegiaPark, qui doit accueillir des biotechs et medtechs autour du CHC de Liège. Il vient par ailleurs de mettre en place un prêt Propulsion destiné à couvrir les besoins de trésorerie, notamment des maisons de repos dont le taux d'occupation a baissé en raison de l'épidémie de Covid-19 et pour lesquelles les aides régionales s'éteindront prochainement. Il finance enfin la réalisation d'un film sur le vécu du personnel du CHU de Liège durant la crise sanitaire. Cet investissement permet à Wallonie-Santé de bénéficier du régime fiscal de tax shelter pour le cinéma. "Nous agissons chaque fois avec agilité pour une mise en oeuvre rapide des décisions, résume Philippe Buelen. Nous sommes résolument tournés vers des projets innovants, très variés mais toujours en lien direct avec le secteur de la santé." C'est dans cet esprit que Wallonie-Santé a également développé un prêt Green-health destiné à financer les investissements économiseurs d'énergie dans les établissements de soins. En cinq mois, les 30 millions d'euros prévus ont été affectés pour la réalisation de huit projets (cinq à Liège, un à Namur et deux en Hainaut). "C'est un franc succès et les dossiers continuent d'arriver, précise Philippe Buelen. J'espère que le gouvernement wallon nous donnera les moyens de prolonger cette action."