Publié au mois de novembre dernier, le rapport d'une cinquantaine de pages offre un large état des lieux de l'impact du Covid 19 sur le secteur touristique européen et ses perspectives d'avenir. Le document a été commandé par la Commission transport et tourisme du Parlement européen afin d'établir "des recommandations politiques pour relever les défis découlant de la crise".

Des chiffres en très forte baisse

Comme nous pouvons l'imaginer, après deux ans de pandémie, le secteur du tourisme enregistre de très importantes baisses de fréquentation dans toutes l'Union européenne et à travers le monde. Ainsi, les données 2021 du Conseil mondial du tourisme et des voyages indiquent une baisse de 49,1 % de la contribution totale au PIB mondial du secteur des voyages et du tourisme, soit un recul de près de 3,86 milliards d'euros par rapport à 2019.

De 2014 à 2019, un nouvel emploi sur quatre était lié aux voyages et au tourisme, avec plus de 330 millions d'emplois dans le secteur. En 2020, ce chiffre a été ramené à 272 millions d'emplois, soit une baisse de près de 18%.

En raison des restrictions imposées lors de la deuxième vague de la pandémie, les données disponibles pour le deuxième trimestre 2021 montrent une baisse significative des arrivées de touristes internationaux dans la plupart des États membres de l'UE. La Belgique enregistre la huitième plus grosse perte - à égalité avec les Pays-Bas - avec une baisse de 90,6 % par rapport au deuxième trimestre 2020. Seule la Croatie est dans le positif avec une augmentation de 23%.

Ces données montrent également que les voyages intra-européens reprennent, et Tourism Economics prévoit qu'ils représenteront 83 % des arrivées en Europe, contre 77 % en 2019. Mais il faudra plusieurs années pour que le secteur touristique retrouve son rythme de croisière.

Une reprise totale attendue en 2024

Les données récentes de la Commission européenne des transports et du tourisme étaient optimistes et laissaient entrevoir une perspective de reprise après la saison d'été 2021, grâce notamment au déploiement des vaccins qui devaient ramener la confiance des voyageurs. Sauf que les variants sont passés par là - dont le variant Delta - et ont entravé une reprise régulière. De nombreux pays de l'UE ont dû mettre en oeuvre des protocoles de voyage, ce qui a limité les avantages de l'adoption du certificat Covid européen.

Le rapport indique que l'on peut néanmoins s'attendre à une reprise progressive en 2021, reposant principalement sur les voyages nationaux et intra-européens. Cette étude prédit que les niveaux de 2019 ne seront pas atteints - de manière optimiste - avant 2023, mais la reprise complète pourrait prendre plus de temps. Ainsi, les destinations urbaines et les opérateurs touristiques de ces destinations qui dépendent des voyages d'affaires se remettront à un rythme plus lent. Tourism Economics prévoit une reprise du tourisme d'affaires international d'ici 2024.

Ces prévisions indiquent également une reprise potentiellement inégale. Les destinations dotées de grands marchés comme l'Allemagne ou la Pologne devraient connaître une reprise plus rapide. A contrario, les destinations qui dépendent de la demande internationale - comme Chypre, l'Espagne ou la Grèce - subiront des pertes plus importantes, car elles ont moins de possibilités de compenser la baisse de la demande internationale entrante.

Miser sur les voyages intérieurs

La Commission du transport et du tourisme a identifié plusieurs clés afin de relancer le secteur. Tout d'abord, les protocoles d'hygiène "sont devenus un facteur essentiel" pour les voyageurs et la perception qu'ils en ont joue un rôle crucial.

Le déploiement des vaccins est évidemment capital pour rétablir la confiance des voyageurs. L'introduction du certificat Covid européen, soutenue par une stratégie de communication efficace, "peut avoir un rôle majeur" afin d'encourager les gens à voyager à nouveau.

Enfin, la Commission fait remarquer qu'en raison de la situation sanitaire qui se prolonge, l'attitude du public à l'égard des voyages a changé. Ainsi, ils se sont montrés "plus intéressés" par les vacances à l'intérieur du pays. Ils choisissent également des destinations peu fréquentées et des voyages de courte durée, souvent près de chez eux. La Commission souligne que "l'offre du secteur tendra donc à s'adapter à la demande tout en tenant compte des nouveaux modèles de voyage durables".

Aurore Dessaigne

Publié au mois de novembre dernier, le rapport d'une cinquantaine de pages offre un large état des lieux de l'impact du Covid 19 sur le secteur touristique européen et ses perspectives d'avenir. Le document a été commandé par la Commission transport et tourisme du Parlement européen afin d'établir "des recommandations politiques pour relever les défis découlant de la crise".Comme nous pouvons l'imaginer, après deux ans de pandémie, le secteur du tourisme enregistre de très importantes baisses de fréquentation dans toutes l'Union européenne et à travers le monde. Ainsi, les données 2021 du Conseil mondial du tourisme et des voyages indiquent une baisse de 49,1 % de la contribution totale au PIB mondial du secteur des voyages et du tourisme, soit un recul de près de 3,86 milliards d'euros par rapport à 2019. De 2014 à 2019, un nouvel emploi sur quatre était lié aux voyages et au tourisme, avec plus de 330 millions d'emplois dans le secteur. En 2020, ce chiffre a été ramené à 272 millions d'emplois, soit une baisse de près de 18%. En raison des restrictions imposées lors de la deuxième vague de la pandémie, les données disponibles pour le deuxième trimestre 2021 montrent une baisse significative des arrivées de touristes internationaux dans la plupart des États membres de l'UE. La Belgique enregistre la huitième plus grosse perte - à égalité avec les Pays-Bas - avec une baisse de 90,6 % par rapport au deuxième trimestre 2020. Seule la Croatie est dans le positif avec une augmentation de 23%.Ces données montrent également que les voyages intra-européens reprennent, et Tourism Economics prévoit qu'ils représenteront 83 % des arrivées en Europe, contre 77 % en 2019. Mais il faudra plusieurs années pour que le secteur touristique retrouve son rythme de croisière.Les données récentes de la Commission européenne des transports et du tourisme étaient optimistes et laissaient entrevoir une perspective de reprise après la saison d'été 2021, grâce notamment au déploiement des vaccins qui devaient ramener la confiance des voyageurs. Sauf que les variants sont passés par là - dont le variant Delta - et ont entravé une reprise régulière. De nombreux pays de l'UE ont dû mettre en oeuvre des protocoles de voyage, ce qui a limité les avantages de l'adoption du certificat Covid européen.Le rapport indique que l'on peut néanmoins s'attendre à une reprise progressive en 2021, reposant principalement sur les voyages nationaux et intra-européens. Cette étude prédit que les niveaux de 2019 ne seront pas atteints - de manière optimiste - avant 2023, mais la reprise complète pourrait prendre plus de temps. Ainsi, les destinations urbaines et les opérateurs touristiques de ces destinations qui dépendent des voyages d'affaires se remettront à un rythme plus lent. Tourism Economics prévoit une reprise du tourisme d'affaires international d'ici 2024.Ces prévisions indiquent également une reprise potentiellement inégale. Les destinations dotées de grands marchés comme l'Allemagne ou la Pologne devraient connaître une reprise plus rapide. A contrario, les destinations qui dépendent de la demande internationale - comme Chypre, l'Espagne ou la Grèce - subiront des pertes plus importantes, car elles ont moins de possibilités de compenser la baisse de la demande internationale entrante.La Commission du transport et du tourisme a identifié plusieurs clés afin de relancer le secteur. Tout d'abord, les protocoles d'hygiène "sont devenus un facteur essentiel" pour les voyageurs et la perception qu'ils en ont joue un rôle crucial.Le déploiement des vaccins est évidemment capital pour rétablir la confiance des voyageurs. L'introduction du certificat Covid européen, soutenue par une stratégie de communication efficace, "peut avoir un rôle majeur" afin d'encourager les gens à voyager à nouveau.Enfin, la Commission fait remarquer qu'en raison de la situation sanitaire qui se prolonge, l'attitude du public à l'égard des voyages a changé. Ainsi, ils se sont montrés "plus intéressés" par les vacances à l'intérieur du pays. Ils choisissent également des destinations peu fréquentées et des voyages de courte durée, souvent près de chez eux. La Commission souligne que "l'offre du secteur tendra donc à s'adapter à la demande tout en tenant compte des nouveaux modèles de voyage durables".Aurore Dessaigne