Avis reçu par mail, d'Airbnb, en préparant cet article : " Conseil pour votre voyage : réservez votre séjour à Evere au moins deux mois à l'avance ". Evere est voisine des bureaux de Trends-Tendances situés à Haren (près de l'Otan, à Bruxelles). Voilà qui montre la flexibilité des plateformes actives dans le tourisme et l'hébergement. Prenant acte de l'éventuelle crainte de leurs clients de partir loin, elles vous proposent d'aller en vacances tout près. Un peu trop même avec l'exemple d'Evere.
...

Avis reçu par mail, d'Airbnb, en préparant cet article : " Conseil pour votre voyage : réservez votre séjour à Evere au moins deux mois à l'avance ". Evere est voisine des bureaux de Trends-Tendances situés à Haren (près de l'Otan, à Bruxelles). Voilà qui montre la flexibilité des plateformes actives dans le tourisme et l'hébergement. Prenant acte de l'éventuelle crainte de leurs clients de partir loin, elles vous proposent d'aller en vacances tout près. Un peu trop même avec l'exemple d'Evere. Comme tout le secteur du voyage, ces sociétés souffrent de la crise. Booking.com a par exemple encaissé une chute de 85% des réservations au plus fort du confinement. Mais elles s'en tirent mieux que d'autres entreprises du secteur, notamment les compagnies aériennes dont certaines ont dû solliciter des aides publiques pour éviter l'insolvabilité. Voyez Lufthansa ou Air France KLM. Ces plateformes présentent l'avantage de ne pas avoir la charge de l'immobilier, puisqu'elles ne possèdent pas les actifs qu'elles commercialisent, donc aucun logement. Booking.com, Airbnb ou Expedia sont en effet de simples intermédiaires. Ils peuvent donc s'adapter plus facilement, et par exemple proposer des logements plus proches des clients puisque c'est la tendance pour les vacances de cet été. Leur marketing est ainsi recalibré. Proposer un hébergement à 5 km ou à 4.000 km du client génère toujours des commissions... Booking.com est sans doute la plateforme la plus solide. Selon Bloomberg, les revenus en 2020 devraient chuter de 50%, et sa marge brute de 80% par rapport à 2019. La société a levé 4,1 milliards de dollars de capital en avril. Ses liquidités devraient bientôt frôler les 18 milliards, et un endettement situé à presque 13 milliards. " C'est suffisant pour absorber un déclin brutal dans les voyages avec la pandémie du Covid ", indique une note de Bloomberg Intelligence. La situation d'un quasi concurrent de Booking.com, Airbnb, est un peu différente. La plateforme de logement chez l'habitant n'a pas son niveau de rentabilité. Elle subit donc plus durement l'impact de la crise, anticipant une perte d'un milliard de dollars en 2020. Elle a levé un milliard de dollars de capital, licencié 1.900 personnes (presque un cinquième de l'effectif), mais espère bien sortir grandie de la crise. D'autant que son offre, qui s'étend sur 230 pays, est très flexible. Et que depuis l'entame du déconfinement, les chiffres de réservations grimpent. Ils atteignaient péniblement les 59.000, pour la France, la semaine du 6 avril. Ils sont remontés à 389.000 la semaine du 9 juin, selon le bureau d'étude d'Airdna qui gère les réservations Airbnb et assimilées. Reste que la tendance n'est pas uniforme dans le pays. " Quand on regarde les villes, en comparaison avec la campagne, on constate que certaines localisations sont clairement plus vulnérables que d'autres ", constate Kristina Sprindyte, porte-parole d'Airdna. Le rattrapage n'est donc pas total, loin s'en faut. Pour la semaine du 27 juillet 2020, le taux d'occupation en France, calculé par Airdna atteint 57% cette année, contre 74% pour la même semaine en 2019. Ce qui signifie, pour les plateformes, moins de commissions, mais des commissions tout de même : 3% à charge de l'hôte, 14% à 20% à charge du voyageur pour Airbnb. Booking facture environ 15% à l'hôte. La prédilection pour la proximité est confirmée par les données d'Airdna. En Belgique, entre avril et mai, la moyenne du trajet entre le lieu d'habitation du voyageur et celui du logement réservé sur Airbnb (ou ses services assimilés), était de 130 km au lieu de... 1.096 km voici un an. Les modèles économiques sont un peu différents d'une plateforme à l'autre. Booking.com tend à recevoir l'argent des commissions après le séjour, le cash arrive plus tard. Tandis qu'Airbnb encaisse avant, à la réservation, comme les compagnies aériennes. La machine Booking.com affiche en temps normal une rentabilité considérable. En 2019, son bénéfice net représentait 4,8 milliards de dollars sur un revenu de 15 milliards, soit quasiment 33% de marge nette. Son rival Expedia réalisait 941 millions de profit net sur un revenu de 12 milliards, soit un peu moins de 10% de marge nette. Cela signifie que Booking peut tenir malgré un recul prolongé des ventes. Bloomberg parie sur un retour aux revenus de l'an dernier en 2021, d'autres sont moins optimistes. Airbnb, qui n'est pas cotée en Bourse, et espérait faire une IPO cette année, ne publie pas de données financières détaillées. Elle a toujours privilégié la croissance sur la marge. Selon le Wall Street Journal, cette croissance a été profitable en 2017 et 2018 en matière d'Ebitda (avant taxes, intérêts et amortissements), mais a perdu 322 millions de dollars les neuf premiers mois de 2019. Elle dispose toutefois d'un matelas de cash. Sa position est moins bonne que Booking.com, ce qui explique qu'elle ait rapidement lancé une restructuration. Elle bénéficiait d'un profil intéressant, avec une croissance supérieure à celle de Booking.com, qui devient plus mature. Airbnb a cherché à aider ses hôtes en les indemnisant à hauteur de 25% pour les locations non perçues pour des réservations faites avant le 14 mars pour des séjours jusqu'à 30 mai. Elle a mis en place un fonds d'aide pour ses Superhosts (hôtes expérimentés qui proposent des expériences spécifiques à leurs voyageurs). La société a intérêt à soigner ses hôtes, qui sont généralement des particuliers. Booking.com, qui vise d'abord les hôtels, n'a pas eu la même approche. Il a refusé les demandes d'hôteliers français de réduire temporairement la commission à 5%. Aux Pays-Bas, Booking.com a fait l'objet d'une polémique très différente. C'est là qu'est basé le service de réservation de logement du groupe, dont le siège est aux Etats-Unis. Avec la chute des réservations en avril, l'entreprise a demandé un soutien aux pouvoirs publics néerlandais, évoquant un risque d'une réduction d'effectifs. Qu'une demande de ce type vienne d'un groupe aussi rentable a choqué. " Lors du confinement, le gouvernement a introduit un subside de crise assurant 90% des salaires, et ce afin que les entreprises ne licencient pas leur personnel, a rappelé la Néerlandaise Marietje Schaake, international policy director au Stanford's Cyber Policy Center, dans une tribune publiée par le Financial Times. Booking.com a introduit une demande, malgré un bénéfice de 5 milliards de dollars en 2019. Comme innnovative company, Booking.com avait déjà bénéficié de 2 milliards de dollars d'exemption fiscale aux Pays-Bas entre 2010 et 2018. " De quoi couvrir le salaire des 5.500 salariés de Booking.com aux Pays-Bas pour sept ans, a calculé Marietje Schaake, qui explique que l'entreprise a réduit ses réserves et " racheté ses actions à hauteur de 16 milliards de dollars durant les sept dernières années ".