"Sans nouvelles mesures gouvernementales, les dépenses sociales continueront d'augmenter jusqu'à 29,5 % du PIB en 2070 , contre 24,5 % en 2019." Soit près d'un tiers de notre richesse nationale! Le rapport du Comité d'étude sur le coût du villissement, présenté ce mardi 12 juillet, sonne comme une piqûre de rappel pour le gouvernement De Croo, alors qu'il s'enlise dans les négociations sur la réforme des pensions. "Les prévisions ne sont pas sensiblement différentes de l'année passée, précise Johan Van Gompel, son président. Mais ce qui est préoccupant, c'est précisément que cela n'évolue pas."
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"Sans nouvelles mesures gouvernementales, les dépenses sociales continueront d'augmenter jusqu'à 29,5 % du PIB en 2070 , contre 24,5 % en 2019." Soit près d'un tiers de notre richesse nationale! Le rapport du Comité d'étude sur le coût du villissement, présenté ce mardi 12 juillet, sonne comme une piqûre de rappel pour le gouvernement De Croo, alors qu'il s'enlise dans les négociations sur la réforme des pensions. "Les prévisions ne sont pas sensiblement différentes de l'année passée, précise Johan Van Gompel, son président. Mais ce qui est préoccupant, c'est précisément que cela n'évolue pas."En 2070, les pensions représenteront 13,6% du PIB, la soins de santé 10,6%, devant les incapacités de travail, le chômage et les allocations familiales. Le Comité d'étude met également en garde contre les risques supplémentaires qui pèsent sur notre budget si les gains de productivité sont moindres qu'attendu ou si le taux de chômage est plus important.A cet égard, les experts mettent une deuxième fois en garde: au rythme actuel, le taux d'emploi n'atteindra pas les 80% espérés par le gouvernement De Croo en 2030, condition sine qua non pour rendre les dépenses sociales "soutenables": le taux d'emploi des personnes de 20 à 64 ans n'atteindrait que 74,6% en 2030.Le président du Comité invite dès lors le gouvernement "à faire en sorte que le budget ne dérape pas". Le tout suscite un petit rire révélateur de la ministre des Pensions, Karine Lalieux (PS), qui avale ses quelques nouvelles alarmantes.La ministre socialiste remercie les experts pour leur travail et dit vouloir "refuser la dramatisation". Il y a actuellement 2,2 millions de pensionnés dans notre pays, il y en aura 3 millions en 2040 et 3,4 millions en 2070: c'est avant tout une bonne nouvelle de voir que l'on vit plus longtemps en bonne santé.Karine Lalieux rappelle les trois piliers de l'action de son gouvernement: des finances publiques saines avec une fiscalité plus juste (suivez son regard vers le capital), une hausse de la productivité et un taux d'emploi relevé, un contrôle de la trajectoire budgétaire. "Par ailleurs, nous avons pris nos responsabilités durant la crise du Covid pour soutenir les familles et les entreprises, c'était ce que nous devions faire", dit-elle.Alors, oui, le gouvernement réforme. Les négociations sont en cours sur les pensions, la ministre reconnaît que c'est "difficile", mais précise que tout le monde cherche le même objectif. C'est à voir: si le bonus pensions et les fins de carrière aménagées permettraient "d'augmenter la participation au marché du travail", les mesures pour diminuer le coût font l'objet d'un bras de fer interne à la Vivaldi, avec des libéraux qui demandent notamment de revoir certains régimes spéciaux, mais les socialistes bloquent. "L'objectif reste d'y arriver pour le 21 juillet", dit Karine Lalieux.En ce qui concerne le taux d'emploi, la ministre rappelle que des mesures ont été prises au fédéral pour lutter contre les pénuries de main d'oeuvre et accroître la mobilité interrégionale. "Le taux d'emploi à 80% n'est pas irréaliste, dit-elle. Mais chaque niveau de pouvoir doit être responsable." En clair: la clé se trouve au niveau des Régions.Quant au budget, pas de mention.Dans le rapport du Comité, une bonne nouvelle, par contre: le risque pour les pensionnés de tomber dans la pauvreté a diminué ces dernières années et devrait encore baisser progressivement d'ici 2070. "Les récentes mesures de revalorisation des pensions minimums et de la garantie de revenu aux personnes âgées ainsi que le mécanisme d'adaptation au bien-être des allocations sociales constituent un premier facteur explicatif", soulignent les experts. Un second n'est autre que le travail plus important des femmes, qui leur garantit de meilleures pensions."Faire diminuer la pauvreté des pensionnés, c'est d'objectif du gouvernement", se réjouit Karine Lalieux. Reste à savoir si tout cela pourra être payé à l'avenir. Et à en croire le rapport, rien n'est moins sûr."Le rapport du Comité d'étude sur le vieillissement illustre à quel point la situation est grave, souligne Georges-Louis Bouchez, président du MR. Il faut des règles strictes de travail effectif. On doit être plus nombreux à travailler dans ce Pays si l'on veut préserver la sécurité sociale."