Les ministres de la Vivaldi fédérale peinent à s'entendre sur une mini-réforme des pensions. Les réunions se multiplient, avec l'ambition d'atterrir d'ici le 21 juillet, mais le coeur n'y est pas.
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Les ministres de la Vivaldi fédérale peinent à s'entendre sur une mini-réforme des pensions. Les réunions se multiplient, avec l'ambition d'atterrir d'ici le 21 juillet, mais le coeur n'y est pas. Le PS, qui a le dossier en mains l'entremise de la ministre de tutelle, Karine Lalieux, plaide pour quelques incitants destinés à doper le taux d'emploi des personnes âgées (dont un bonus pension). Mais les libéraux s'inquiètent du caractère insoutenable des mesures, alors que le coût du vieillissement de la population pèse sur un budget déjà mal en point. Le tout alors que la pension minimale relevée à 1500 euros a déjà été engrangée. Côté socialiste, une petite musique est fredonnée, de plus en plus souvent : on peut très bien vivre sans réforme, plutôt que d'accepter des renoncements sociaux. La pression du PTB n'est pas étrangère à ce positionnement.La difficulté à obtenir un accord sur les pensions se conjugue au report des mesures en matière de pouvoir d'achat et de compétitivité au budget d'octobre. Et au renvoie à la prochaine législature d'une réforme fiscale. Sans oublier les négociations laborieuses avec Engie sur la prolongation du nucléaire. " Si on n'obtient rien, on se demande bien ce que l'on pourra vendre le 21 juillet, nous dit une source interne à la Vivaldi. Franchement, ce gouvernement ne marche plus."Certains, en Flandre surtout, se mettent à rêver, déjà, d'une majorité alternative pour poursuivre ou pour mettre en place de vraies réformes après 2024.Toujours est-il que le constat au sein même de l'équipe gouvernementale dépasse ce que l'on en dit parfois dans la presse. Alor que les défis sont gigantesques."Sept partis pour une coalition, c'est du jamais vu et on savait que ce serait le bordel, nous dit cette source. Mais plus le temps passe, plus on a le sentiment que le péché originel fut d'avoir rédigé l'accord de gouvernement sur un coin de table, dans la précipitation. Il reste de trop nombreux points de friction que nous ne sommes pas en capacité de résoudre. Enfin, il y a un vrai problème de méthodologie De Croo."En substance, le Premier ministre multiplie des Conseils de ministre restreint, jusqu'à des heures avancées dans la nuit, sans les préparer suffisamment à l'avance. "Les ministres se trouvent contraints de devoir régler des points de détail, ce qui n'est pas de leur ressort", entend-on.L'évolution de certains partis n'aide pas. Le PS, poussé dans le dos par le PTB, joue l'obstruction sociale en permanence. Les écologistes ramènent la dimension climatique sur chaque dossier, jusqu'à exiger des maisons passives en matière de détention, alors qu'il est déjà suffisamment difficile d'n trouver sans cela. Quant au MR, il pollue tous les dossiers par les interventions sans nuances de son président, tandis que le retrait de la vice-Première Sophie Wilmès, pour des raisons personnelles, enlève du liant qui était bien nécessaire."En réalité, il n'y a pas de projet Vivaldi, chaque parti tente d'obtenir ce qu'il peut pour lui-même", confie encore notre source.Les partis flamands,eux, font la grise mine et pourraient être des acteurs majeurs de changement. L'Open VLD et le CD&V sont au plus bas dans les sondages et vivent des moments très difficiles en interne, en raison d'un profil trop à gauche de la coalitin fédérale. Le changement à la tête des sociaux-chrétiens flamands, avec Sammy Mahdi qui a remplacé Joachim Coens, risque bien de modifier le cours du parti.Le constat ? En Flandre, les accents pourraient devenir plus "droitiers" et encourager un rapprochement entre Open VLD et CD&V, façon Orange bleue. "Vooruit, qui tourne bien avec Conner Rousseau, a de plus en plus souvent des positions discordantes par rapport au PS", dit-on. Et le rapprochement avec la N-VA du jeune feu follet socialiste flamand n'est pas passé inaperçu.De quoi laisser songer à une alternative façon Orange bleue, comme une redite de la Suédoise de Charles Michel ? On en parle. La réforme des pensions, pour rappel, est un héritage de cette équipe qui mêlait N-VA, libéraux et CD&V.