Ce jeudi, la Banque centrale européenne réunira son conseil des gouverneurs et cette réunion est très attendue, sur deux points très importants. Le premier concerne le taux directeur de l'euro, c'est à dire le taux principal de refinancement des banques commerciales quand elles vont s'approvisionner de liquidités auprès de la BCE. Le second concerne le renforcement de la zone euro, menacée à nouveau d'écartèlement.

Le volet taux d'abord. Le taux directeur de la BCE est celui qui détermine peu ou prou tous les taux à court terme, jusqu'à celui du livret d'épargne. Or il est à zéro depuis 6 ans. Et il n'a jamais connu de mouvement de hausse depuis onze ans. Ce jeudi, on devrait assister à une hausse historique. Au départ, on tablait plutôt sur un relèvement à 0,25%. Mais depuis les chiffres d'inflation bien plus important que prévu (8,6% en juin !) on s'attend désormais à un tour de vis de 0,50%.

Bien sûr, une hausse des taux n'est jamais très bonne pour l'activité économique. Or la croissance de la zone euro n'est pas folichonne : dans ses dernières prévisions qui datent du 14 juillet, la Commission s'attend pour la zone euro à une croissance de 2,6% cette année et de 1,4%. En soi, pas de quoi resserrer les conditions monétaires. Malgré tout, un resserrement est rendu nécessaire par l'impératif de refroidir l'inflation. Certes, une grande partie de cette hausse des prix s'explique par des éléments sur lesquels la banque centrale n'a pas de prise : prix de l'énergie, guerre en Ukraine, covid en Chine, disruption des chaînes d'approvisionnement. Mais remonter les taux aura deux effets bénéfiques. D'une part, on espère que cela ralentisse l'économie, sans la faire tomber en récession, mais suffisamment pour réduire la demande en énergie et matières premières. Cela ferait un peu retomber les prix et éviterait d'enclencher une spirale hausse des prix/hausse des salaires difficile à maîtriser.

Ensuite, et surtout, remonter les taux devrait permettre d'arrêter la chute de l'euro face au dollar. Car aux Etats-Unis, où la croissance est plus tonique et où l'inflation sévit aussi, la Réserve fédérale a déjà porté son taux directeur dans une fourchette comprise entre 1,5% et 1,75%. Et elle devrait encore le remonter de 75 points de base (0,75%) ce mois-ci, ce qui rend un placement en dollar bien plus intéressant qu'en euro et explique la chute de la devise européenne ces dernières semaines. Et comme le pétrole et la plupart des matières premières sont libellés en dollar, la hausse de la devise américaine apporte une couche supplémentaire d'inflation en Europe. Rendre l'euro un peu plus fort permet d'adoucir ce phénomène.

Une arme anti-fragmentation

Maintenant, on attend la BCE aussi sur un autre terrain. L'institution pourrait dévoiler dès ce jeudi certaines précisions sur le mécanisme anti-fragmentation qu'elle compte mettre en oeuvre. Aujourd'hui, avec les taux qui remontent, il existe en effet un risque d'écartèlement de la zone euro entre des pays budgétairement solides (Allemagne, Pays-Bas ...) et des pays très endettés et peu toniques économiquement. Ces derniers pourraient devoir payer des taux bien plus importants sur leurs dettes publiques et se trouver emportés par un effet boule de neige. A ce titre, l'Italie, qui est en outre en pleine crise politique, est un maillon particulièrement faible.

Pour éviter une spéculation sur les pays faibles de la zone et un trop grand agrandissement des "spreads" (c'est-à-dire de l'écart entre ce que paie, l'Allemagne, pays de référence et par exemple, l'Italie pour se financer à dix ans), Christine Lagarde, la présidente la BCE, a annoncé en mars que le Conseil des gouverneurs se tenait prêt à "utiliser une large gamme d'instruments pour lutter contre la fragmentation". La nervosité des marchés sur ces questions avait d'ailleurs obligé la BCE à se réunir le 15 juin pour discuter du problème et à mandater un groupe pour réfléchir à un nouvel instrument "anti fragmentation". Peut-être en saura-t-on plus demain.

Ce jeudi, la Banque centrale européenne réunira son conseil des gouverneurs et cette réunion est très attendue, sur deux points très importants. Le premier concerne le taux directeur de l'euro, c'est à dire le taux principal de refinancement des banques commerciales quand elles vont s'approvisionner de liquidités auprès de la BCE. Le second concerne le renforcement de la zone euro, menacée à nouveau d'écartèlement.Le volet taux d'abord. Le taux directeur de la BCE est celui qui détermine peu ou prou tous les taux à court terme, jusqu'à celui du livret d'épargne. Or il est à zéro depuis 6 ans. Et il n'a jamais connu de mouvement de hausse depuis onze ans. Ce jeudi, on devrait assister à une hausse historique. Au départ, on tablait plutôt sur un relèvement à 0,25%. Mais depuis les chiffres d'inflation bien plus important que prévu (8,6% en juin !) on s'attend désormais à un tour de vis de 0,50%.Bien sûr, une hausse des taux n'est jamais très bonne pour l'activité économique. Or la croissance de la zone euro n'est pas folichonne : dans ses dernières prévisions qui datent du 14 juillet, la Commission s'attend pour la zone euro à une croissance de 2,6% cette année et de 1,4%. En soi, pas de quoi resserrer les conditions monétaires. Malgré tout, un resserrement est rendu nécessaire par l'impératif de refroidir l'inflation. Certes, une grande partie de cette hausse des prix s'explique par des éléments sur lesquels la banque centrale n'a pas de prise : prix de l'énergie, guerre en Ukraine, covid en Chine, disruption des chaînes d'approvisionnement. Mais remonter les taux aura deux effets bénéfiques. D'une part, on espère que cela ralentisse l'économie, sans la faire tomber en récession, mais suffisamment pour réduire la demande en énergie et matières premières. Cela ferait un peu retomber les prix et éviterait d'enclencher une spirale hausse des prix/hausse des salaires difficile à maîtriser. Ensuite, et surtout, remonter les taux devrait permettre d'arrêter la chute de l'euro face au dollar. Car aux Etats-Unis, où la croissance est plus tonique et où l'inflation sévit aussi, la Réserve fédérale a déjà porté son taux directeur dans une fourchette comprise entre 1,5% et 1,75%. Et elle devrait encore le remonter de 75 points de base (0,75%) ce mois-ci, ce qui rend un placement en dollar bien plus intéressant qu'en euro et explique la chute de la devise européenne ces dernières semaines. Et comme le pétrole et la plupart des matières premières sont libellés en dollar, la hausse de la devise américaine apporte une couche supplémentaire d'inflation en Europe. Rendre l'euro un peu plus fort permet d'adoucir ce phénomène.Une arme anti-fragmentationMaintenant, on attend la BCE aussi sur un autre terrain. L'institution pourrait dévoiler dès ce jeudi certaines précisions sur le mécanisme anti-fragmentation qu'elle compte mettre en oeuvre. Aujourd'hui, avec les taux qui remontent, il existe en effet un risque d'écartèlement de la zone euro entre des pays budgétairement solides (Allemagne, Pays-Bas ...) et des pays très endettés et peu toniques économiquement. Ces derniers pourraient devoir payer des taux bien plus importants sur leurs dettes publiques et se trouver emportés par un effet boule de neige. A ce titre, l'Italie, qui est en outre en pleine crise politique, est un maillon particulièrement faible.Pour éviter une spéculation sur les pays faibles de la zone et un trop grand agrandissement des "spreads" (c'est-à-dire de l'écart entre ce que paie, l'Allemagne, pays de référence et par exemple, l'Italie pour se financer à dix ans), Christine Lagarde, la présidente la BCE, a annoncé en mars que le Conseil des gouverneurs se tenait prêt à "utiliser une large gamme d'instruments pour lutter contre la fragmentation". La nervosité des marchés sur ces questions avait d'ailleurs obligé la BCE à se réunir le 15 juin pour discuter du problème et à mandater un groupe pour réfléchir à un nouvel instrument "anti fragmentation". Peut-être en saura-t-on plus demain.