Aujourd'hui, ce n'est plus vrai. Fin mars, les investisseurs étrangers détenaient environ 58% de la dette, explique Jean Deboutte, directeur de l'Agence fédérale de la dette : 31,5% venant de la zone euro (hors Belgique) et 26,6% en dehors de la zone euro (surtout en provenance des Etats-Unis et du Japon).

Et encore ! Parmi les 41,9% de Belges qui détiennent des obligations d'Etat, il faut compter la Banque nationale qui, dans le cadre du programme de rachats d'obligations d'Etat de la zone euro lancé en 2015, possède désormais à elle seule environ 15 % des OLO. Alors que les particuliers, dégoûtés par les taux très bas, possèdent moins de 0,1% de la dette du pays.

Fait nouveau depuis quelques mois, les investisseurs asiatiques sont particulièrement friands de papiers belges. " Cette année, nous avons vendu presqu'autant d'OLO à des investisseurs asiatiques, essentiellement nippons, qu'à ceux de la zone euro ", observe Jean Deboutte. Celui-ci explique cet appétit par des raisons techniques : il est désormais plus avantageux pour les Japonais d'acheter des obligations en euros pour les échanger ensuite en yens plutôt que des obligations en dollars et convertir celles-ci en yens...

Cet intérêt étranger est plutôt une bonne chose. " Nous préférons qu'une bonne partie de la dette soit détenue par des grands investisseurs internationaux qui apportent la liquidité ", explique Jean Deboutte. Bien sûr, il y a un inconvénient : ces investisseurs étrangers sont plus rapides à se retirer en temps de crise, comme en novembre 2011, quand les taux belges avaient flambé jusqu'à 6%. Mais ils étaient rapidement retombés car rien ne sert de spéculer contre notre pays qui peut toujours, le cas échéant trouver à se financer auprès de ses épargnants.

" Les Belges ont assez d'épargne pour financer à eux seuls toute la dette, dit Jean Deboutte. Mais si nous devions placer toutes nos obligations en Belgique, nous payerions facilement 0,5% à 1% d'intérêt en plus. Une grande différence en termes de charge d'intérêt. Nous préférons donc qu'une bonne partie de la dette soit détenue à l'étranger ", appuie le directeur de l'Agence de la dette.