Voilà le joli mois de mai et son Premier mai politico-syndical propice aux surenchères en tous genres. Cette année, on sent venir les charges fiscales bien calibrées contre le grand capital alors que la situation économique se détériore rapidement : croissance en diminution rapide, inflation à un haut niveau (autour des 8%) et des perspectives peu amènes sur fond de guerre en Ukraine.

Ce devrait être le temps des réformes courageuses et structurelles, de l'adaptation de notre économie aux vents contraires, mais c'est au contraire le retour des slogans et des solutions apparemment faciles. Vous le sentez, ce retour de flamme taxatoire après des années de pandémie au cours desquelles l'Etat s'est lourdement endetté pour venir au secours de l'économie, et alors que la reprise est perturbée par le contexte géopolitique ?

La gauche veut taxer les plus riches

Sous la pression du PTB, le PS met le sujet d'une taxation de la richesse sur la table à la veille de la fête du travail. Il se range ainsi dans sa ligne d'un "parti protecteur" qui agit, comme nous le précisait cette semaine son vice-Premier fédéral, Pierre-Yves Dermagne. Encore faut-il que cette "taxation des riches" passe la rampe de la Vivaldi, ce qui est loin d'être évident.

Le président du PS, Paul Magnette, n'a pas lésiné sur la charge, cette semaine, dans plusieurs interviews. "Le capital de plus d'un million d'euros doit pouvoir être taxé avec une contribution de 1% par exemple ou 1,5%, a-t-il dit sur la RTBF. C'est prendre à 1% de la population, le 1% le plus riche, une petite contribution qui permet alors de financer pour 50% de la population, les bas et les moyens revenus, une baisse d'impôts qui pourrait leur rapporter 100 euros net par mois. Cela me paraît être une mesure de justice sociale, une mesure d'équité indispensable en cette période d'inflation folle."

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"Cela toucherait entre 5 et 10% de la population", met en garde l'économiste Jean Hindriks, interrogé par Sud Presse. "Il y a déjà eu, dans le passé, de tentatives de taxer les grands revenus, sans grand succès, souligne le professeur Michel Maus (VUB) à Het Laatste Nieuws. La taxation des dividendes sous le gouvernement Di Rupo a tout de suite rapporté quelque 76 millions, soir la moitié de ce qui était prévu. En outre, plusieurs pistes de ce type ont été balayées juridiquement, notamment par la cour Constitutionnelle. "La taxation des grands revenus n'est pas seulement difficile politiquement, elle l'est aussi sur le plan juridique."

Les socialistes flamands ne sont pas en reste : son président, Conner Rousseau, veulent taxer davantage les surprofits des entreprises, dès lors que l'on dépasse un rendement de 8% sur le capital investi. Les écologistes ne sont pas en reste avec l'idée d'une "contribution de guerre" ou, dans un autre registre, la volonté de taxer les profits générés par Engie via une contribution de crise. Bref, les projets de taxes volent.

"Le festival aux taxes"

Inutile de dire que cela n'est pas de nature à réjouir les libéraux. "C'est le festival aux taxes, souligne le président du MR, Georges Louis-Bouchez, interrogé par L'Echo. On veut encore faire partir du capital alors qu'on a besoin de capital productif." Et d'ajouter : "En termes de violation de l'accord de gouvernement, c'est XXL. Les impôts ne doivent pas augmenter, et on devait respecter 100% du bilan du gouvernement Michel dont un des points forts, c'est la baisse des impôts sur les entreprises." Et encore ceci : "La Belgique est dans le top 3 des pays de l'OCDE où le capital comme le travail sont le plus taxés, alors, en rajouter..."

Le bras de fer intervient dans un contexte politiquement délicat avec les socialistes et les écologistes s'attaquant vertement au libéral, accusé d'avoir rompu le cordon sanitaire en débattant avec le président du Vlaams Belang, Tom Van Grieken, sur la VRT. Un rapprochement s'opère, au sud du pays, entre PS, Ecolo et les Engagés, nouveau nom du CDH. Selon certaines sources, le PS chercherait un prétexte pour écarter le MR du pouvoir - mais ce serait bien moins facile qu'escompté, singulièrement au fédéral.

Economiquement, ces sorties s'écartent des vrais débats, selon plusieurs intervenants libéraux. "Personne n'est contre des impôts justes pour les plus riches, dit le président de l'Open VLD, Egbert Lachaert. Mais le but finale st d'avoir moins d'impôts pour ceux qui travaillent ou qui entreprennent. Pour cela, les autres partis peuvent aussi exécuter rapidement les accords sur l'activation et entamer le débat sur les dépenses de l'Etat."

"Peu de courage politique"

"En Belgique, il y a peu de courage pour une bonne politique, mais bien de l'inspiration pour de nouveaux impôts", soupire l'économiste Geert Noels, CEO de Econopolis. Même son de cloche auprès du patronat flamand, le Voka : "Plutôt que de songer à de nouveaux impôts, on devrait peut-être maintenir sous contrôle les dépenses de l'Etat." Et son chief economist, Bart Van Craeyenest, de rappeler que le capita lest déjà fortement taxé en Belgique, graphique à l'appui.

"Si l'on commençait déjà par réformer l'impôt sur les revenus...", souligne Edoardo Traversa, professeur de droit public à l'UCLouvain. La grande complexité de notre système fiscal est critiquée depuis longtemps, avec de trop nombreuses niches fiscales et une grande perdition d'efficacité. Tiens, la Vivaldi ne s'est-elle pas précisément engagée à mener cette réforme ? Pour l'instant, on entend surtout parler de taxes, taxes, taxes...

Voilà le joli mois de mai et son Premier mai politico-syndical propice aux surenchères en tous genres. Cette année, on sent venir les charges fiscales bien calibrées contre le grand capital alors que la situation économique se détériore rapidement : croissance en diminution rapide, inflation à un haut niveau (autour des 8%) et des perspectives peu amènes sur fond de guerre en Ukraine.Ce devrait être le temps des réformes courageuses et structurelles, de l'adaptation de notre économie aux vents contraires, mais c'est au contraire le retour des slogans et des solutions apparemment faciles. Vous le sentez, ce retour de flamme taxatoire après des années de pandémie au cours desquelles l'Etat s'est lourdement endetté pour venir au secours de l'économie, et alors que la reprise est perturbée par le contexte géopolitique ? Sous la pression du PTB, le PS met le sujet d'une taxation de la richesse sur la table à la veille de la fête du travail. Il se range ainsi dans sa ligne d'un "parti protecteur" qui agit, comme nous le précisait cette semaine son vice-Premier fédéral, Pierre-Yves Dermagne. Encore faut-il que cette "taxation des riches" passe la rampe de la Vivaldi, ce qui est loin d'être évident.Le président du PS, Paul Magnette, n'a pas lésiné sur la charge, cette semaine, dans plusieurs interviews. "Le capital de plus d'un million d'euros doit pouvoir être taxé avec une contribution de 1% par exemple ou 1,5%, a-t-il dit sur la RTBF. C'est prendre à 1% de la population, le 1% le plus riche, une petite contribution qui permet alors de financer pour 50% de la population, les bas et les moyens revenus, une baisse d'impôts qui pourrait leur rapporter 100 euros net par mois. Cela me paraît être une mesure de justice sociale, une mesure d'équité indispensable en cette période d'inflation folle.">"Cela toucherait entre 5 et 10% de la population", met en garde l'économiste Jean Hindriks, interrogé par Sud Presse. "Il y a déjà eu, dans le passé, de tentatives de taxer les grands revenus, sans grand succès, souligne le professeur Michel Maus (VUB) à Het Laatste Nieuws. La taxation des dividendes sous le gouvernement Di Rupo a tout de suite rapporté quelque 76 millions, soir la moitié de ce qui était prévu. En outre, plusieurs pistes de ce type ont été balayées juridiquement, notamment par la cour Constitutionnelle. "La taxation des grands revenus n'est pas seulement difficile politiquement, elle l'est aussi sur le plan juridique." Les socialistes flamands ne sont pas en reste : son président, Conner Rousseau, veulent taxer davantage les surprofits des entreprises, dès lors que l'on dépasse un rendement de 8% sur le capital investi. Les écologistes ne sont pas en reste avec l'idée d'une "contribution de guerre" ou, dans un autre registre, la volonté de taxer les profits générés par Engie via une contribution de crise. Bref, les projets de taxes volent.Inutile de dire que cela n'est pas de nature à réjouir les libéraux. "C'est le festival aux taxes, souligne le président du MR, Georges Louis-Bouchez, interrogé par L'Echo. On veut encore faire partir du capital alors qu'on a besoin de capital productif." Et d'ajouter : "En termes de violation de l'accord de gouvernement, c'est XXL. Les impôts ne doivent pas augmenter, et on devait respecter 100% du bilan du gouvernement Michel dont un des points forts, c'est la baisse des impôts sur les entreprises." Et encore ceci : "La Belgique est dans le top 3 des pays de l'OCDE où le capital comme le travail sont le plus taxés, alors, en rajouter..."Le bras de fer intervient dans un contexte politiquement délicat avec les socialistes et les écologistes s'attaquant vertement au libéral, accusé d'avoir rompu le cordon sanitaire en débattant avec le président du Vlaams Belang, Tom Van Grieken, sur la VRT. Un rapprochement s'opère, au sud du pays, entre PS, Ecolo et les Engagés, nouveau nom du CDH. Selon certaines sources, le PS chercherait un prétexte pour écarter le MR du pouvoir - mais ce serait bien moins facile qu'escompté, singulièrement au fédéral.Economiquement, ces sorties s'écartent des vrais débats, selon plusieurs intervenants libéraux. "Personne n'est contre des impôts justes pour les plus riches, dit le président de l'Open VLD, Egbert Lachaert. Mais le but finale st d'avoir moins d'impôts pour ceux qui travaillent ou qui entreprennent. Pour cela, les autres partis peuvent aussi exécuter rapidement les accords sur l'activation et entamer le débat sur les dépenses de l'Etat.""En Belgique, il y a peu de courage pour une bonne politique, mais bien de l'inspiration pour de nouveaux impôts", soupire l'économiste Geert Noels, CEO de Econopolis. Même son de cloche auprès du patronat flamand, le Voka : "Plutôt que de songer à de nouveaux impôts, on devrait peut-être maintenir sous contrôle les dépenses de l'Etat." Et son chief economist, Bart Van Craeyenest, de rappeler que le capita lest déjà fortement taxé en Belgique, graphique à l'appui. "Si l'on commençait déjà par réformer l'impôt sur les revenus...", souligne Edoardo Traversa, professeur de droit public à l'UCLouvain. La grande complexité de notre système fiscal est critiquée depuis longtemps, avec de trop nombreuses niches fiscales et une grande perdition d'efficacité. Tiens, la Vivaldi ne s'est-elle pas précisément engagée à mener cette réforme ? Pour l'instant, on entend surtout parler de taxes, taxes, taxes...