Les partis politiques bénéficient de plus de 70 millions d'euros de dotations publiques mais ils ne peuvent pas utiliser cet argent de manière totalement libre. La loi de 1989 interdit notamment une série de dépenses pendant les quatre mois qui précèdent les élections fédérales: pas de distribution de gadgets, pas d'affiches de plus de 4 m2 (c'est pour cela que les partis placardent volontiers cinq ou six mois avant l'échéance, etc.) et pas de publicité à la radio, à la télévision ou dans les salles de cinéma.
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Les partis politiques bénéficient de plus de 70 millions d'euros de dotations publiques mais ils ne peuvent pas utiliser cet argent de manière totalement libre. La loi de 1989 interdit notamment une série de dépenses pendant les quatre mois qui précèdent les élections fédérales: pas de distribution de gadgets, pas d'affiches de plus de 4 m2 (c'est pour cela que les partis placardent volontiers cinq ou six mois avant l'échéance, etc.) et pas de publicité à la radio, à la télévision ou dans les salles de cinéma. Depuis l'adoption de cette loi, de nouveaux supports publicitaires en ligne se sont développés. En vue du scrutin de mai 2019, les partis politiques belges ont ainsi dépensé plus d'un million d'euros rien qu'en publicités sur Facebook. La palme revient au Vlaams Belang avec 415.000 euros investis dans le réseau social. Pour le député socialiste Khalil Aouasti, il est temps d'adapter la loi à cette évolution, la différence de traitements entre les supports pouvant apparaître comme une " discri- mination ". Deux voies sont alors possibles: tout supprimer ou tout autoriser. Le député PS opte pour la première option. "Les spots ne visent pas à informer les citoyens mais à marteler des slogans, commente-t-il. Ils font appel aux émotions plus qu'à la raison, ils exacerbent les passions plus qu'ils n'expliquent les programmes. Nous avons besoin de débats électoraux sereins et c'est pour cela que nous préconisons d'interdire toute forme de publicité payante durant les quatre mois qui précèdent le scrutin." Sa proposition vise aussi la presse écrite que le législateur de 1989 avait pourtant tenue à l'écart de la loi. Est-il opportun de priver les médias de recettes potentielles dont ils auraient bien besoin? " C'est un autre débat, répond Khalil Aouasti. Si l'on estime qu'il faut soutenir et refinancer la presse écrite, il existe bien d'autres moyens que la publicité électorale. "Le député précise que l'interdit ne concerne que les campagnes électorales. Le reste du temps - c'est-à-dire quatre ans et huit mois sur une législature de cinq ans -, les messages publicitaires politiques resteraient parfaitement autorisés." Nous voyons tous le prix que paie la démocratie à vivre de caricatures et de slogans, argumente Khalil Aouasti. La démocratie doit se défendre, sinon on finit par créer des monstres. " Juriste de formation, avocat au barreau de Bruxelles, Khalil Aouasti suit en particulier les matières liées à la Justice, à l'Intérieur et aux Réformes institutionnelles. "Ce sont des dossiers qui me passionnent et qui sont la suite logique de mes études de droit", dit-il. C'est pendant ses études que Khalil Aouasti a rejoint le PS. Il est conseiller communal à Koekelberg depuis 2012 et premier échevin depuis 2018.NB: Si le PDF ne s'affiche pas ci-dessous, vous pouvez le consulter ici.