Le président du PS a fait une déclaration que tous les médias ont reprise en choeur. Il a déclaré qu'il faudrait faire de la Belgique, un pays sans e-commerce. "Après la sortie du nucléaire, j'aimerais sortir du commerce électronique" a-t-il même précisé dans son interview au magazine flamand HUMO. Sa déclaration n'est pas venue par hasard, elle arrive au moment où le gouvernement fédéral discute du travail de nuit.

En résumé, les libéraux voudraient assouplir le travail de nuit, car ils constatent que les gros acteurs du e-commerce se sont installés juste à côté de nos frontières pour livrer jour et nuit les consommateurs belges. Résultat : ces entrepôts emploient des personnes qui auraient pu être engagées en Belgique, si nous avions une législation plus souple en matière de travail de nuit. De son côté, Paul Magnette et son parti bloquent sur ce travail de nuit, parce qu'il est synonyme de souffrance physique selon lui. Et puis aussi, parce qu'il ne comprend pas ces gens qui veulent acheter à toute heure et recevoir leurs colis dans les 24 heures et ne peuvent pas attendre deux jours pour qu'on leur apporte un livre à leur domicile.

Mes confrères du quotidien économique l'ECHO ont taclé ce matin le président du PS en expliquant que supprimer l'e-commerce n'a pas de sens, qu'il représente des dizaines de milliers d'emplois et pèse plus de 11 milliards d'euros. Ca c'est pour la démonstration statistique. Mais au risque d'étonner, je pense que Paul Magnette soulève un vrai problème de société : ce qu'il veut supprimer, enfin je crois, ce n'est pas le e-commerce, mais ces livraisons en 24 heures chrono qui nécessitent d'avoir des entrepôts à proximité de nos frontières. Le problème, c'est que Paul Magnette n'a pas saisi que ce business - y compris les livraisons à domicile en moins de 15 minutes qui se développent dans les grandes villes - est un nouveau business. C'est le business de la flemme, de la paresse. Pour les citoyens, se faire livrer à domicile est devenu un réflexe, stimulé d'ailleurs par les confinements. Tout est fait aujourd'hui pour qu'on ne fasse aucun effort ou le moins possible. Le business d'aujourd'hui consiste à faire passer les citoyens consommateurs de leur PC vers leur canapé. Je peux me nourrir sans me déplacer, je peux me divertir sans aller au cinéma, je peux me vêtir sans faire du shopping, je peux fantasmer à mon domicile, pourquoi encore sortir ? C'est ça le business de la flemme qui se fabrique devant nous à l'insu de notre plein gré.

En fait, Paul Magnette, et ce sera mon clin d'oeil de la journée est catholique sans le savoir. Sa déclaration n'est pas politique, c'est un jugement moral, car comme lui, la Bible n'aime pas les paresseux. Je pense notamment à cet avertissement dans le Livre des Proverbes : "les désirs du paresseux le tuent parce que ses mains se refusent à l'action".

La bonne nouvelle à retenir aujourd'hui, c'est que quand le PS et le MR s'étripent sur le travail de nuit, c'est que la crise du COVID touche à sa fin. Elle est pas belle la vie ?

Le président du PS a fait une déclaration que tous les médias ont reprise en choeur. Il a déclaré qu'il faudrait faire de la Belgique, un pays sans e-commerce. "Après la sortie du nucléaire, j'aimerais sortir du commerce électronique" a-t-il même précisé dans son interview au magazine flamand HUMO. Sa déclaration n'est pas venue par hasard, elle arrive au moment où le gouvernement fédéral discute du travail de nuit. En résumé, les libéraux voudraient assouplir le travail de nuit, car ils constatent que les gros acteurs du e-commerce se sont installés juste à côté de nos frontières pour livrer jour et nuit les consommateurs belges. Résultat : ces entrepôts emploient des personnes qui auraient pu être engagées en Belgique, si nous avions une législation plus souple en matière de travail de nuit. De son côté, Paul Magnette et son parti bloquent sur ce travail de nuit, parce qu'il est synonyme de souffrance physique selon lui. Et puis aussi, parce qu'il ne comprend pas ces gens qui veulent acheter à toute heure et recevoir leurs colis dans les 24 heures et ne peuvent pas attendre deux jours pour qu'on leur apporte un livre à leur domicile.Mes confrères du quotidien économique l'ECHO ont taclé ce matin le président du PS en expliquant que supprimer l'e-commerce n'a pas de sens, qu'il représente des dizaines de milliers d'emplois et pèse plus de 11 milliards d'euros. Ca c'est pour la démonstration statistique. Mais au risque d'étonner, je pense que Paul Magnette soulève un vrai problème de société : ce qu'il veut supprimer, enfin je crois, ce n'est pas le e-commerce, mais ces livraisons en 24 heures chrono qui nécessitent d'avoir des entrepôts à proximité de nos frontières. Le problème, c'est que Paul Magnette n'a pas saisi que ce business - y compris les livraisons à domicile en moins de 15 minutes qui se développent dans les grandes villes - est un nouveau business. C'est le business de la flemme, de la paresse. Pour les citoyens, se faire livrer à domicile est devenu un réflexe, stimulé d'ailleurs par les confinements. Tout est fait aujourd'hui pour qu'on ne fasse aucun effort ou le moins possible. Le business d'aujourd'hui consiste à faire passer les citoyens consommateurs de leur PC vers leur canapé. Je peux me nourrir sans me déplacer, je peux me divertir sans aller au cinéma, je peux me vêtir sans faire du shopping, je peux fantasmer à mon domicile, pourquoi encore sortir ? C'est ça le business de la flemme qui se fabrique devant nous à l'insu de notre plein gré.En fait, Paul Magnette, et ce sera mon clin d'oeil de la journée est catholique sans le savoir. Sa déclaration n'est pas politique, c'est un jugement moral, car comme lui, la Bible n'aime pas les paresseux. Je pense notamment à cet avertissement dans le Livre des Proverbes : "les désirs du paresseux le tuent parce que ses mains se refusent à l'action". La bonne nouvelle à retenir aujourd'hui, c'est que quand le PS et le MR s'étripent sur le travail de nuit, c'est que la crise du COVID touche à sa fin. Elle est pas belle la vie ?