"Il est, selon les organisations patronales, nécessaire de maintenir en activité deux réacteurs nucléaires à côté des capacités nécessaires (énergies renouvelables, gestion de la demande, centrales au gaz flexibles, etc.) pour assurer la sécurité d'approvisionnement. Ceci doit être réalisé tout en minimisant les coûts de mise en oeuvre, vu entre autres les augmentations majeures auxquelles les consommateurs et les entreprises sont déjà confrontés. En outre, il est essentiel pour la réalisation de ces investissements que la sécurité juridique entourant l'octroi des autorisations soit assurée."
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"Il est, selon les organisations patronales, nécessaire de maintenir en activité deux réacteurs nucléaires à côté des capacités nécessaires (énergies renouvelables, gestion de la demande, centrales au gaz flexibles, etc.) pour assurer la sécurité d'approvisionnement. Ceci doit être réalisé tout en minimisant les coûts de mise en oeuvre, vu entre autres les augmentations majeures auxquelles les consommateurs et les entreprises sont déjà confrontés. En outre, il est essentiel pour la réalisation de ces investissements que la sécurité juridique entourant l'octroi des autorisations soit assurée."Voici le message principal du communiqué commun des organisations patronales (FEB, Voka, UCW, Beci) de ce mercredi 16 février. L'appel n'est pas une complète surprise au vu des expressions diverses des représentants des entreprises, ces dernières semaines. Il n'en reste pas moins un élément de pression fort, alors que le gouvernement fédéral a promis de décider sur le sujet avant le 18 mars prochain.Plusieurs éléments, ces derniers jours, mettent en évidence le retour à l'avant-plan du dénommé "plan B", à savoir ce maintien de deux réacteurs nucléaires.Dans un dossier que Trends Tendances consacre dans son numéro de jeudi aux "solutions à l'inflation", les représentants des organisations patronales soulignent l'importance d'avoir la clarté rapidement sur l'avenir du mix énergétique. Dans un récent entretien qu'il nous avait accordé, Grégoire Dallemagne, CEO de Luminus, insistait lui aussi sur l'importance d'un aprovisionnement sécurisé et massif étant donné le besoin futur d'électrification. Il ajoutait: "Le nucléaire est une option", évoquant les nouvelles technologies dans ce domaine: l'actionnaire principal de Luminus est EDF, leader mondial dans le domaine.Le monde économique, soumis à des difficultés diverses en cette reprise post-Covid, ne veut pas voir l'horizon obstrué davantage par une sortie précipitée du nucléaire. Il demande des garanties et non du dogmatisme, tout en précisant: "Le monde économique s'engage pleinement en faveur de la transition énergétique et de la réduction des émissions de gaz à effet de serre à court, moyen et long terme. Dans ce cadre, les différents secteurs de l'économie ont élaboré des feuilles de route dans lesquelles ils s'engagent résolument dans la transition."Depuis le début du débat sur la sortie du nucléaire, cet automne, les partisans du maintien du nucléaire insistent sur trois arguments, qui prennent tous de l'ampleur. Un, la sécurité d'approvisionnement n'est pas assuré vu les incertitudes de permis qui pèsent sur les centrales au gaz. Deux, le nucléaire est une énergie décarbonnée alors que c'est là l'objectif principal des différentes COP et de l'Europe à l'horizon 2050. Trois, les incertitudes géopolitiques pèsent sur le climat.En ce début 2022, le bras de fer géopolitique autour de l'Ukraine est là pour rappeler combien notre approvisionnement en gaz est fragile. Le risque d'une guerre aux portes de l'Europe, dans la région où cheminent les énergies, est un argument qui devient décisif. Que le conflit éclate ou pas, la trop grande dépendance européenne à l'égard d'un Poutine de plus en plus imprévisible risque de faire pencher la balance. Plusieurs pays européens ont déjà pris des décisions en ce sens - dont la France.Le MR ne cesse de rappeler sa volonté de maintenir le nucléaire en appui. Une ligne jusqu'ici marginale au sein de la Vivaldi, face à des écologistes très déterminés à concrétiser - enfin - l'accord de 2003. Mais petit à petit, d'autres se rangent à leurs arguments. L'Open VLD et le CD&V ont envoyé des signaux en ce sens, et l'appel patronal risque de les convertir définitivement. Vooruit (ex SP.A) s'est lui aussi dit ouvert à la prolongation, pour autant que cela allège la facture des consommateurs."Avec tout ce qui s'est passé à la frontière avec la Russie, il y a davantage d'inquiétudes, notamment sur l'approvisionnement ne gaz, donc on parle de plus en plus du plan B", soulignait Annelies Verlinden, vice-Première CD&V, dans Le Soir du 12 février. Christian Leysen, député Open VL, relaie ce matin l'appel commun des fédérations patronales.Les digues cèdent les unes après les autres. Il reste à convaincre Alexander De Croo, Premier ministre, qui a toujours soutenu la ligne verte, pour protéger sa coalition, mais non sans recevoir des critiques en interne, au sein de son parti.