Dans un rapport technique, cet organe consultatif des partenaires sociaux, a dit s'attendre à ce que les salaires en Belgique augmentent de 8,8% durant ces trois ans, contre 7,6% en moyenne pour l'Allemagne, la France et les Pays-Bas. Un écart d'1,2% notamment renforcé par l'inflation, qui est bien plus élevée en Belgique pour le moment qu'en France ou en Allemagne.

Les salaires belges sont en effet souvent liés automatiquement à l'inflation, via le mécanisme de l'indexation. Le coronavirus joue également un rôle, avec les personnes qui ont quitté le secteur de l'hôtellerie et de la restauration pour trouver un emploi dans un autre secteur et où ils sont souvent mieux rémunérés. L'évolution différenciée de l'inflation, bien plus contenue en France et en Allemagne qu'en Belgique et aux Pays-Bas, est essentiellement due à la hausse des prix de l'énergie, explique-t-on au sein du CCE. Le Conseil s'interroge dès lors sur l'influence qu'aura l'évolution divergente de l'inflation entre ces différents pays sur l'évolution respective des salaires.

Le CCE cartographie régulièrement les différences d'évolution des salaires entre la Belgique et ses trois pays voisins. Idéalement, les coûts salariaux devraient globalement suivre une même tendance. S'ils augmentent beaucoup plus vite en Belgique que dans les pays voisins, la compétitivité de l'économie risque en effet fortement de diminuer. Et cela peut avoir un impact négatif sur le taux d'emploi.

Cette comparaison du Conseil central de l'économie constitue également la base des négociations bisannuelles entre employeurs et syndicats sur un nouvel accord interprofessionnel (AIP), qui fixe la norme salariale pour le secteur privé. Celle-ci détermine dans quelle mesure les salaires peuvent augmenter en plus de l'inflation. Le document de ce mercredi n'était toutefois qu'un rapport intermédiaire et les nouvelles négociations salariales entre partenaires sociaux ne sont pas pour tout de suite. Lors des précédentes négociations salariales, le rapport avait abouti à une marge de 0,4%, en plus, donc, de l'indexation.

La CSC redit tout le mal qu'elle pense de la loi sur la norme salariale

La CSC s'est une nouvelle fois exprimé mercredi en faveur d'une révision de la loi sur la norme salariale et du "carcan" qu'elle imposera lors des négociations salariales au début de l'année prochaine. Cela après que le Conseil central de l'économie (CCE) a publié un rapport intermédiaire selon lequel le handicap des coûts salariaux en Belgique par rapport aux pays voisins sera d'1,2% en 2022. "Des marges bénéficiaires en hausse mais des salaires bas. Il faut inverser cette tendance", insiste le syndicat chrétien.

Cet "handicap" sera pris en compte pour calculer la norme salariale lors des négociations sur l'Accord interprofessionnel (AIP) en début d'année prochaine. Pour la CSC, au regard de ce chiffre d'1,2%, "le carcan de la loi sur la norme salariale entravera par conséquent des négociations salariales équitables au début de l'année prochaine, malgré les marges bénéficiaires importantes des entreprises".

Selon les chiffres de la Banque nationale, les entreprises belges n'ont en effet jamais dégagé des marges bénéficiaires brutes aussi élevées, soutient le syndicat chrétien. Au cours des sept dernières années, le taux de marge en Belgique a sensiblement progressé, passant de 39% à 42% en 2020, développe-t-il, ajoutant que cette hausse est nettement supérieure à celle observée dans les pays voisins, où les marges bénéficiaires sont restées relativement stables depuis 2014.

Au cours des neuf premiers mois de l'année dernière, les marges bénéficiaires en Belgique ont de nouveau augmenté significativement, constate encore la CSC. "Cela veut donc dire que la richesse créée par les entreprises n'est pas redistribuée vers les travailleurs et travailleuses qui sont aujourd'hui de plus en plus nombreux à ne plus pouvoir boucler leurs fins de mois", dénonce le syndicat. Selon lui, le gouvernement fédéral a dû adopter en conséquence certaines mesures de court terme pour aider la population à faire face à l'augmentation du coût de la vie.

Dans un contexte où les tensions sur le marché du travail sont de plus en plus fortes, les travailleurs ont besoin non pas de chèques ponctuels mais de meilleurs salaires bruts qui augmentent le revenu disponible et permettent de financer la protection sociale, assène la CSC. La loi sur la norme salariale doit dès lors être réformée, insiste-t-elle, rappelant que c'est une demande qu'elle formule depuis 2017. Sans une révision de ce texte, la marge d'augmentations salariales sera équivalente à zéro en 2023, ce qui empêchera toute négociation d'un accord interprofessionnel et rendra le quotidien de nombreux ménages et citoyens encore plus difficile, met en garde le syndicat chrétien.

Dans un rapport technique, cet organe consultatif des partenaires sociaux, a dit s'attendre à ce que les salaires en Belgique augmentent de 8,8% durant ces trois ans, contre 7,6% en moyenne pour l'Allemagne, la France et les Pays-Bas. Un écart d'1,2% notamment renforcé par l'inflation, qui est bien plus élevée en Belgique pour le moment qu'en France ou en Allemagne.Les salaires belges sont en effet souvent liés automatiquement à l'inflation, via le mécanisme de l'indexation. Le coronavirus joue également un rôle, avec les personnes qui ont quitté le secteur de l'hôtellerie et de la restauration pour trouver un emploi dans un autre secteur et où ils sont souvent mieux rémunérés. L'évolution différenciée de l'inflation, bien plus contenue en France et en Allemagne qu'en Belgique et aux Pays-Bas, est essentiellement due à la hausse des prix de l'énergie, explique-t-on au sein du CCE. Le Conseil s'interroge dès lors sur l'influence qu'aura l'évolution divergente de l'inflation entre ces différents pays sur l'évolution respective des salaires. Le CCE cartographie régulièrement les différences d'évolution des salaires entre la Belgique et ses trois pays voisins. Idéalement, les coûts salariaux devraient globalement suivre une même tendance. S'ils augmentent beaucoup plus vite en Belgique que dans les pays voisins, la compétitivité de l'économie risque en effet fortement de diminuer. Et cela peut avoir un impact négatif sur le taux d'emploi. Cette comparaison du Conseil central de l'économie constitue également la base des négociations bisannuelles entre employeurs et syndicats sur un nouvel accord interprofessionnel (AIP), qui fixe la norme salariale pour le secteur privé. Celle-ci détermine dans quelle mesure les salaires peuvent augmenter en plus de l'inflation. Le document de ce mercredi n'était toutefois qu'un rapport intermédiaire et les nouvelles négociations salariales entre partenaires sociaux ne sont pas pour tout de suite. Lors des précédentes négociations salariales, le rapport avait abouti à une marge de 0,4%, en plus, donc, de l'indexation.La CSC s'est une nouvelle fois exprimé mercredi en faveur d'une révision de la loi sur la norme salariale et du "carcan" qu'elle imposera lors des négociations salariales au début de l'année prochaine. Cela après que le Conseil central de l'économie (CCE) a publié un rapport intermédiaire selon lequel le handicap des coûts salariaux en Belgique par rapport aux pays voisins sera d'1,2% en 2022. "Des marges bénéficiaires en hausse mais des salaires bas. Il faut inverser cette tendance", insiste le syndicat chrétien. Cet "handicap" sera pris en compte pour calculer la norme salariale lors des négociations sur l'Accord interprofessionnel (AIP) en début d'année prochaine. Pour la CSC, au regard de ce chiffre d'1,2%, "le carcan de la loi sur la norme salariale entravera par conséquent des négociations salariales équitables au début de l'année prochaine, malgré les marges bénéficiaires importantes des entreprises". Selon les chiffres de la Banque nationale, les entreprises belges n'ont en effet jamais dégagé des marges bénéficiaires brutes aussi élevées, soutient le syndicat chrétien. Au cours des sept dernières années, le taux de marge en Belgique a sensiblement progressé, passant de 39% à 42% en 2020, développe-t-il, ajoutant que cette hausse est nettement supérieure à celle observée dans les pays voisins, où les marges bénéficiaires sont restées relativement stables depuis 2014. Au cours des neuf premiers mois de l'année dernière, les marges bénéficiaires en Belgique ont de nouveau augmenté significativement, constate encore la CSC. "Cela veut donc dire que la richesse créée par les entreprises n'est pas redistribuée vers les travailleurs et travailleuses qui sont aujourd'hui de plus en plus nombreux à ne plus pouvoir boucler leurs fins de mois", dénonce le syndicat. Selon lui, le gouvernement fédéral a dû adopter en conséquence certaines mesures de court terme pour aider la population à faire face à l'augmentation du coût de la vie. Dans un contexte où les tensions sur le marché du travail sont de plus en plus fortes, les travailleurs ont besoin non pas de chèques ponctuels mais de meilleurs salaires bruts qui augmentent le revenu disponible et permettent de financer la protection sociale, assène la CSC. La loi sur la norme salariale doit dès lors être réformée, insiste-t-elle, rappelant que c'est une demande qu'elle formule depuis 2017. Sans une révision de ce texte, la marge d'augmentations salariales sera équivalente à zéro en 2023, ce qui empêchera toute négociation d'un accord interprofessionnel et rendra le quotidien de nombreux ménages et citoyens encore plus difficile, met en garde le syndicat chrétien.