Adel El Gammal est professeur à l'ULB, spécialiste de la géopolitique de l'énergie et secrétaire général de l'Eera, une association qui coordonne la recherche scientifique sur ce sujet crucial au niveau européen. Invité de l'émission Trends Talk, qui sera diffusée en boucle sur Canal Z, il évoque l'accélération de l'histoire générée par le conflit ukrainien : "On voyait venir depuis un certain temps l'émergence d'un certain nombre de crises globales, souligne-t-il. La guerre ukrainienne, avec son lot de drames humains, accélère la réalisation d'un certain nombre d'effets de ces crises qui se déroulent sous nos yeux et nous place dans un monde totalement différent."

La guerre en Ukraine, conflit militaire aux conséquences désastreuses, est aussi un bras de fer entre blocs sur l'énergie et l'économie. Le tout alors que le défi climatique est plus urgent que jamais. "On est en train de dévier de toutes les trajectoires théoriques qui pourraient nous éviter le chaos climatique, insiste Adel El Gammal. On a évidemment les yeux rivés sur cette guerre à nos portes avec le drame humain que cela implique, mais il ne faut pas du tout oublier que derrière cette crise, il y a le réchauffement climatique : on est déjà arrivé à un niveau qui va impliquer un certain nombre d'effets irréversibles qui vont avoir des impacts très profonds sur nos sociétés."

Tout au long de cette émission, ce spécialiste de la géopolitique de l'énergie décode les multiples dimensions de la guerre et souligne combien ces crises multiples représentent un défi majeur pour l'humanité.

Nucléaire: un "bon accord"

Le professeur de l'ULB évoque aussi l'un accord énergétique conclu en Belgique, qui prolonge deux réacteurs au-delà de 2025, qui confirme la construction de deux centrales au gaz et qui investit davantage dans les énergies renouvelables. Un bon accord ? "Oui, personnellement, je pense pouvoir dire que c'est un bon accord. Ce n'est pas tous les jours que l'on peut le dire en Belgique, mais je pense qu'ici on peut le faire."

"J'ai l'habitude de dire que le nucléaire est plus un choix de société qu'un choix technique, prolonge Adel El Gammal. Quand on décide d'une technologie, on fait une analyse coûts/bénéfices et, dans le cas du nucléaire, on ne peut pas vraiment mettre en correspondance les coûts et les bénéfices. Les bénéfices, ce sont bien sûr les bénéfices climatiques, parce que c'est une énergie décarbonnée, et peut-être économiques, mais les coûts sont extrêmement difficiles à appréhender : c'est le problème des déchets qui n'est pas résolu, de la sécurité et de la prolifération nucléaire. Ceci dit, au vu de notre problème actuel et de notre très forte dépendance au gaz et de la stratégie européenne qui est de diminuer notre dépendance au gaz, je pense que c'est un choix évident, pragmatique et qui fallait le faire."

Le professeur insiste, par ailleurs, sur l'importance cruciale de développer les énergies renouvelables et de mettre en place les moyens pour lutter contre le réchauffement climatique. Il regrette que le dernier rapport du Giec ait reçu si peu d'échos : il est déjà trop tard pour éviter des catastrophes annoncées.

Adel El Gammal est professeur à l'ULB, spécialiste de la géopolitique de l'énergie et secrétaire général de l'Eera, une association qui coordonne la recherche scientifique sur ce sujet crucial au niveau européen. Invité de l'émission Trends Talk, qui sera diffusée en boucle sur Canal Z, il évoque l'accélération de l'histoire générée par le conflit ukrainien : "On voyait venir depuis un certain temps l'émergence d'un certain nombre de crises globales, souligne-t-il. La guerre ukrainienne, avec son lot de drames humains, accélère la réalisation d'un certain nombre d'effets de ces crises qui se déroulent sous nos yeux et nous place dans un monde totalement différent." La guerre en Ukraine, conflit militaire aux conséquences désastreuses, est aussi un bras de fer entre blocs sur l'énergie et l'économie. Le tout alors que le défi climatique est plus urgent que jamais. "On est en train de dévier de toutes les trajectoires théoriques qui pourraient nous éviter le chaos climatique, insiste Adel El Gammal. On a évidemment les yeux rivés sur cette guerre à nos portes avec le drame humain que cela implique, mais il ne faut pas du tout oublier que derrière cette crise, il y a le réchauffement climatique : on est déjà arrivé à un niveau qui va impliquer un certain nombre d'effets irréversibles qui vont avoir des impacts très profonds sur nos sociétés."Tout au long de cette émission, ce spécialiste de la géopolitique de l'énergie décode les multiples dimensions de la guerre et souligne combien ces crises multiples représentent un défi majeur pour l'humanité. Le professeur de l'ULB évoque aussi l'un accord énergétique conclu en Belgique, qui prolonge deux réacteurs au-delà de 2025, qui confirme la construction de deux centrales au gaz et qui investit davantage dans les énergies renouvelables. Un bon accord ? "Oui, personnellement, je pense pouvoir dire que c'est un bon accord. Ce n'est pas tous les jours que l'on peut le dire en Belgique, mais je pense qu'ici on peut le faire.""J'ai l'habitude de dire que le nucléaire est plus un choix de société qu'un choix technique, prolonge Adel El Gammal. Quand on décide d'une technologie, on fait une analyse coûts/bénéfices et, dans le cas du nucléaire, on ne peut pas vraiment mettre en correspondance les coûts et les bénéfices. Les bénéfices, ce sont bien sûr les bénéfices climatiques, parce que c'est une énergie décarbonnée, et peut-être économiques, mais les coûts sont extrêmement difficiles à appréhender : c'est le problème des déchets qui n'est pas résolu, de la sécurité et de la prolifération nucléaire. Ceci dit, au vu de notre problème actuel et de notre très forte dépendance au gaz et de la stratégie européenne qui est de diminuer notre dépendance au gaz, je pense que c'est un choix évident, pragmatique et qui fallait le faire."Le professeur insiste, par ailleurs, sur l'importance cruciale de développer les énergies renouvelables et de mettre en place les moyens pour lutter contre le réchauffement climatique. Il regrette que le dernier rapport du Giec ait reçu si peu d'échos : il est déjà trop tard pour éviter des catastrophes annoncées.