Capturer l'énergie solaire et éolienne pour la transporter sous forme de molécule d'hydrogène: voilà un marché d'avenir. L'enjeu n'est pas mince: il s'agit de permettre la transition de l'industrie lourde, responsable du tiers des émissions de CO2 dans notre pays. La Belgique compte bien être une pionnière dans le domaine. Au niveau mondial, ce marché promet, il est vrai, d'être gigantesque à l'horizon 2050, dans le cadre de la transition énergétique et de la décarbonation des économies.

Selon le Clean Hydrogen Partenership, le partenariat public-privé européen qui soutient le secteur, il est question d'un potentiel d'un milliard d'euros de valeur ajoutée d'ici la fin de la décennie et environ 10.000 emplois, en Belgique uniquement. Le port d'Anvers pourrait devenir une plaque tournante pour le continent, un hub servant de transit pour les précieuses molécules. En Wallonie, l'entreprise liégeoise John Cockerill se positionne comme un des fers de lance: elle a déjà produit des électrolyseurs et des solutions de stockage pour près de 1.000 clients issus de différents secteurs de l'industrie.

Cap sur Oman et la Namibie

Tinne Van der Straeten (Groen), ministre fédérale de l'Energie, et Thomas Dermine (PS), secrétaire d'Etat à la Relance, ont confirmé le 11 février cette ambition belge en annonçant la création d'un "Centre d'expertise en hydrogène", une unité de test à grande échelle pour expérimenter la technologie en dehors des laboratoires universitaires. Investissement: 16,2 millions, dans le cadre du plan de relance.

La cheville ouvrière en sera l'Institut von Karman (VKI), spécialisé dans la dynamique des fluides. Une certitude: le Centre d'expertise ne verra pas le jour là où se trouve son siège social, à Rhode-Saint-Genèse, car l'hydrogène est un produit explosif. "Cette installation belge pourra être utilisée comme une infrastructure partagée, ouverte aux partenaires extérieurs, c'est-à-dire issus du monde universitaire, des instituts de recherche et de l'industrie, précise Tinne Van der Straeten. Il s'agira d'un véritable vivier de talents et d'innovations, nécessaire dans le cadre de la transition vers 100% d'énergie renouvelable et la neutralité climatique."

La Belgique multiplie également les contacts diplomatiques pour s'implanter sur le marché hautement prisé du soleil à transformer en énergie. Le sujet fut au coeur d'une mission royale consacrée à ce sujet, début février. Le président de la Namibie, Hage Geingob, était reçu en grande pompe au port d'Anvers. "Avec ses déserts qui offrent de grandes capacités en termes d'énergie solaire et éolienne, la Namibie veut se positionner comme pays pionnier en matière de transition énergétique, précisait le gouvernement belge. Dans ce cadre, ses autorités s'intéressent aux capacités de stockage permises par l'hydrogène vert et aux technologies belges."

La Belgique continuera à être dépendante pour son énergie, dans l'avenir. Mais ce ne sera plus seulement du gaz ukrainien.

Capturer l'énergie solaire et éolienne pour la transporter sous forme de molécule d'hydrogène: voilà un marché d'avenir. L'enjeu n'est pas mince: il s'agit de permettre la transition de l'industrie lourde, responsable du tiers des émissions de CO2 dans notre pays. La Belgique compte bien être une pionnière dans le domaine. Au niveau mondial, ce marché promet, il est vrai, d'être gigantesque à l'horizon 2050, dans le cadre de la transition énergétique et de la décarbonation des économies.Selon le Clean Hydrogen Partenership, le partenariat public-privé européen qui soutient le secteur, il est question d'un potentiel d'un milliard d'euros de valeur ajoutée d'ici la fin de la décennie et environ 10.000 emplois, en Belgique uniquement. Le port d'Anvers pourrait devenir une plaque tournante pour le continent, un hub servant de transit pour les précieuses molécules. En Wallonie, l'entreprise liégeoise John Cockerill se positionne comme un des fers de lance: elle a déjà produit des électrolyseurs et des solutions de stockage pour près de 1.000 clients issus de différents secteurs de l'industrie. Tinne Van der Straeten (Groen), ministre fédérale de l'Energie, et Thomas Dermine (PS), secrétaire d'Etat à la Relance, ont confirmé le 11 février cette ambition belge en annonçant la création d'un "Centre d'expertise en hydrogène", une unité de test à grande échelle pour expérimenter la technologie en dehors des laboratoires universitaires. Investissement: 16,2 millions, dans le cadre du plan de relance. La cheville ouvrière en sera l'Institut von Karman (VKI), spécialisé dans la dynamique des fluides. Une certitude: le Centre d'expertise ne verra pas le jour là où se trouve son siège social, à Rhode-Saint-Genèse, car l'hydrogène est un produit explosif. "Cette installation belge pourra être utilisée comme une infrastructure partagée, ouverte aux partenaires extérieurs, c'est-à-dire issus du monde universitaire, des instituts de recherche et de l'industrie, précise Tinne Van der Straeten. Il s'agira d'un véritable vivier de talents et d'innovations, nécessaire dans le cadre de la transition vers 100% d'énergie renouvelable et la neutralité climatique." La Belgique multiplie également les contacts diplomatiques pour s'implanter sur le marché hautement prisé du soleil à transformer en énergie. Le sujet fut au coeur d'une mission royale consacrée à ce sujet, début février. Le président de la Namibie, Hage Geingob, était reçu en grande pompe au port d'Anvers. "Avec ses déserts qui offrent de grandes capacités en termes d'énergie solaire et éolienne, la Namibie veut se positionner comme pays pionnier en matière de transition énergétique, précisait le gouvernement belge. Dans ce cadre, ses autorités s'intéressent aux capacités de stockage permises par l'hydrogène vert et aux technologies belges." La Belgique continuera à être dépendante pour son énergie, dans l'avenir. Mais ce ne sera plus seulement du gaz ukrainien.