"Donne un cheval à celui qui dit la vérité... il en aura besoin pour s'enfuir", ce proverbe afghan est plus que jamais d'actualité. Aujourd'hui, c'est un économiste renommé qui en fait aujourd'hui les frais. Il s'agit de l'américain Paul Romer, il est tellement brillant qu'il est considéré par ses pairs comme l'un des futurs lauréats du prix Nobel d'économie.

Le problème, c'est que depuis qu'il a été engagé comme économiste en chef à la Banque mondiale, il n'a que des ennuis avec les autres économistes de son institution. Et ils sont nombreux, soit plus de 600.

Il faut dire que la Banque mondiale produit de nombreuses 'études à destination des pays en voie de développement pour la plupart du temps. Paul Romer a beau être économiste, il estime que ses collègues jargonnent beaucoup trop, qu'ils ne sont pas clairs et que certaines de leurs études n'ont aucun intérêt si ce n'est pour l'amour de l'art pour l'art.

Donc, à force de ne pas être écouté en interne, il est passé du verbe à la menace. Un seul exemple parmi d'autres, il a décidé de faire la chasse à la conjonction de coordination "et" ou "and" en anglais. Une conjonction de coordination qui en bonne grammaire sert à relier deux éléments de fonctions différentes. En clair, c'est une manière de relier deux idées différentes et donc de ne pas trancher, de ne pas donner son opinion. Il a même été encore plus précis. Si jamais le rapport économique de la Banque mondiale contenait trop de conjonctions de coordination "et", alors il censurerait le texte en question.

En fait, ce qu'il reproche à ses équipes, c'est d'écrire dans un style obscur. Il leur reproche par-dessus tout de ne pas trancher, de tourner autour du pot. C'est la raison pour laquelle il déteste avoir trop de "et" dans les rapports, car cela revient à dire que ses économistes donnent plusieurs options, qu'ils ne se prononcent pas. En résumé, qu'ils se couvrent avec des "et" à n'en plus finir.

Le problème, c'est que les personnes qui veulent la clarté ne sont pas écoutées. Paul Romer, au lieu d'être félicité, a ainsi vu la plupart des 600 économistes de la Banque mondiale se rebeller contre lui et se plaindre de ses méthodes de management trop brutales selon eux.

Paul Romer a vu la plupart des 600 économistes de la Banque mondiale se rebeller contre lui et se plaindre de ses méthodes de management trop brutales.

C'est vrai qu'il demandait qu'on lui envoie des mails courts, qu'il insistait pour que les présentations soient courtes et pertinentes, qu'il n'hésitait pas à couper la parole à un économiste trop bavard, il a même annulé une publication qui n'avait pas d'objectifs précis.

Bref, il a secoué le cocotier trop administratif de la Banque mondiale en demandant à ses troupes de se focaliser ce pourquoi elles étaient payées, c'est-à-dire aider à réduire la pauvreté dans le monde. Au final, c'est simple, son staff d'économistes s'est rebellé contre lui et on lui a retiré la direction de leurs recherches.

Il a beau être l'un des meilleurs économistes au monde, il n'a pas hésité lorsqu'il a été engagé par la Banque mondiale à dire que la macroéconomie, c'est du pipeau. Et quand on doit diriger des macro-économistes, ce n'est pas l'idéal comme message, car cela revient à dire qu'ils ne servent à rien ou presque.

La bureaucratie a donc gagné une fois de plus ! N'oublions pas que le rôle d'une bureaucratie, c'est de n'offenser personne et que personne ne puisse vous critiquer. Voilà pourquoi les rapports de la Banque mondiale continueront à être obscurs, vains et incompréhensibles.

"Donne un cheval à celui qui dit la vérité... il en aura besoin pour s'enfuir", ce proverbe afghan est plus que jamais d'actualité. Aujourd'hui, c'est un économiste renommé qui en fait aujourd'hui les frais. Il s'agit de l'américain Paul Romer, il est tellement brillant qu'il est considéré par ses pairs comme l'un des futurs lauréats du prix Nobel d'économie. Le problème, c'est que depuis qu'il a été engagé comme économiste en chef à la Banque mondiale, il n'a que des ennuis avec les autres économistes de son institution. Et ils sont nombreux, soit plus de 600. Il faut dire que la Banque mondiale produit de nombreuses 'études à destination des pays en voie de développement pour la plupart du temps. Paul Romer a beau être économiste, il estime que ses collègues jargonnent beaucoup trop, qu'ils ne sont pas clairs et que certaines de leurs études n'ont aucun intérêt si ce n'est pour l'amour de l'art pour l'art. Donc, à force de ne pas être écouté en interne, il est passé du verbe à la menace. Un seul exemple parmi d'autres, il a décidé de faire la chasse à la conjonction de coordination "et" ou "and" en anglais. Une conjonction de coordination qui en bonne grammaire sert à relier deux éléments de fonctions différentes. En clair, c'est une manière de relier deux idées différentes et donc de ne pas trancher, de ne pas donner son opinion. Il a même été encore plus précis. Si jamais le rapport économique de la Banque mondiale contenait trop de conjonctions de coordination "et", alors il censurerait le texte en question. En fait, ce qu'il reproche à ses équipes, c'est d'écrire dans un style obscur. Il leur reproche par-dessus tout de ne pas trancher, de tourner autour du pot. C'est la raison pour laquelle il déteste avoir trop de "et" dans les rapports, car cela revient à dire que ses économistes donnent plusieurs options, qu'ils ne se prononcent pas. En résumé, qu'ils se couvrent avec des "et" à n'en plus finir. Le problème, c'est que les personnes qui veulent la clarté ne sont pas écoutées. Paul Romer, au lieu d'être félicité, a ainsi vu la plupart des 600 économistes de la Banque mondiale se rebeller contre lui et se plaindre de ses méthodes de management trop brutales selon eux. C'est vrai qu'il demandait qu'on lui envoie des mails courts, qu'il insistait pour que les présentations soient courtes et pertinentes, qu'il n'hésitait pas à couper la parole à un économiste trop bavard, il a même annulé une publication qui n'avait pas d'objectifs précis. Bref, il a secoué le cocotier trop administratif de la Banque mondiale en demandant à ses troupes de se focaliser ce pourquoi elles étaient payées, c'est-à-dire aider à réduire la pauvreté dans le monde. Au final, c'est simple, son staff d'économistes s'est rebellé contre lui et on lui a retiré la direction de leurs recherches. Il a beau être l'un des meilleurs économistes au monde, il n'a pas hésité lorsqu'il a été engagé par la Banque mondiale à dire que la macroéconomie, c'est du pipeau. Et quand on doit diriger des macro-économistes, ce n'est pas l'idéal comme message, car cela revient à dire qu'ils ne servent à rien ou presque. La bureaucratie a donc gagné une fois de plus ! N'oublions pas que le rôle d'une bureaucratie, c'est de n'offenser personne et que personne ne puisse vous critiquer. Voilà pourquoi les rapports de la Banque mondiale continueront à être obscurs, vains et incompréhensibles.