Georges-Louis Bouchez, président du MR, survole toute l'actualité politique et économique de cette rentrée foisonnante dans notre Trends Talk, qui passe en boucle ce week-end sur Canal Z.

La réponse à la crise énergétique est-elle suffisante ? Faut-il prendre d'autres mesures ? "Bien sûr, il y a davantage à faire, souligne le président libéral. Il y a déjà le levier régional qui doit encore être activé et qui est compétent pour les aides directes aux entreprises. On verra, pour les particuliers, au moins le maintien de ce qui existe, voire peut-être un approfondissement."

Mais il y a deux paramètres à prendre en ligne de compte, souligne Georges-Louis Bouchez. "Le premier, cela reste quand même les finances publiques. J'entends des gens qui promettent tout, mais derrière, c'est du déficit, de la dette qu'il faudra déjà rembourser via les impôts." Ce n'est plus le même contexte que la crise du Covid, en outre, car cette fois, l'Europe est davantage concernée que d'autres parties du monde. "Cela signifie que les marchés financiers vont réagir différemment et si, à un moment donné, il y a des pays dont la trajectoire décroche, leur cotation va décrocher et donc le taux d'intérêt aussi. Cela veut dire la fin des services publics, potentiellement des atteintes jusqu'à l'épargne."

Le deuxième point d'attention sera la longueur de la crise. L'économie ne sera plus jamais bon marché, dit-il, mais il faut veiller à ce que les prix très élevés cessent. "Pour que cela ne dure pas, il faut sécuriser l'approvisionnement. Tous les politiques parlent du prix, mais c'est la conséquence. La cause, c'est un risque sur l'approfondissement. C'est parce que les marchés ne sont pas certains qu'il y en aura pour tout le monde que les prix s'envolent. Il faut être moins dépendant des énergies fossiles : donc, nucléaire, renforcer le réseau électrique pour davantage accueillir le renouvelable, produire de l'hydrogène, capter le CO2, avoir des réserves stratégiques de gaz..."

Une des seules pistes réalistes, selon lui, c'est le Qatar et le bashing anti-Coupe du monde est un peu facile. "Certains doivent réfléchir avant de lancer de grands appels au boycott de la Coupe du monde. Je ne dis pas que j'aime ce qui se passe au Qatar, il y a énormément de choses à améliorer et on doit faire progresser les droits de l'homme dans ce pays. Mais ce n'est pas en leur envoyant un coup de poing dans la figure et en essayant de les écarter de la scène en leur donnant des leçons de morale... Les Européens sont les champions du monde pour lancer des leçons de morale. Et puis après, ils vont quand même aller la tête basse réclamer un peu de gaz et si possible en-dessous du prix du marché. Il faut être un peu intelligent dans notre approche"

"Cela fait des mois que le MR mène une croise pour la prolongation du nucléaire en Belgique. Deux réacteurs ont déjà été prolongés au-delà de 2025. Selon Georges-Louis Bouchez, il faut aller plus loin. L'ancienne ministre de l'Energie, Marie-Christine Marghem, a déposé une proposition de loi pour sortir de la loi de sortie du nucléaire. Faut-il une majorité alternative avec la N-VA, notamment ? "Dès que l'on a obtenu la prolongation du nucléaire, j'ai dit que ce n'était pas assez. Il y a beaucoup de gens qui ont de grandes réflexions, mais il faut surtout chercher à l'obtenir au sein du gouvernement. Aujourd'hui, plus que jamais, il faut maintenir cinq réacteurs. Comment l'obtenir ? En arrivant à convaincre les partenaires du gouvernement."

Les écologistes, ce n'est pas gagné... "Oui, mais il va falloir qu'ils se rendent à la raison. Plus ils vont être contre la vérité, contre la réalité, plus ils auront des problèmes. C'est d'abord à eux qu'ils rendraient service. Moi, je ne suis pas très favorable aux majorité alternatives . Si le gouvernement tient quand même, vous ouvrez la voie à ce que d'autres fassent des majorités alternatives et cela va commencer à être la foire. On va avoir des majorités avec le Belang, avec le PTB sur des dépenses publiques faramineuses." Ou alors, le gouvernement tombe et c'est le chaos.

Georges-Louis Bouchez évoque également son inquiétude pour la Wallonie. Il dit ne pas comprendre les réactions irritées venue du PS après la mise en garde récente de Belfius. "Cette situation, elle n'est pas simple depuis aujourd'hui, cela fait trente ans que cela se dégrade en Wallonie. Il est minuit moins une. Et je dois avouer que je n'ai pas bien compris les réactions par rapport à Belfius. Vous êtes une banque, vous signez des engagements, votre boulot, c'est d'aller chercher de l'argent sur les marchés financiers. Vous envoyez un courrier pour dire que selon toute une série de conditions, nous ne pouvons plus être certains d'aller chercher de l'argent sur les marchés, donc on ne veut pas s'engager à cette date. Où est le problème ? Les pouvoirs publics wallons doivent quand même avoir un peu de respect à l'égard de Belfius lorsque l'on sait l'exposition qu'a Belfius à la dette wallonne. Les banques ne sont pas des ennemies, ce ne sont pas elles non plus qui dicte le jeu. Le message de Belfius, c'est de dire qu'on a le choix entre le sérieux et l'aventure. Et si c'est l'aventure, ce sont nos concitoyens qui en subiront les conséquences."

Georges-Louis Bouchez, président du MR, survole toute l'actualité politique et économique de cette rentrée foisonnante dans notre Trends Talk, qui passe en boucle ce week-end sur Canal Z.La réponse à la crise énergétique est-elle suffisante ? Faut-il prendre d'autres mesures ? "Bien sûr, il y a davantage à faire, souligne le président libéral. Il y a déjà le levier régional qui doit encore être activé et qui est compétent pour les aides directes aux entreprises. On verra, pour les particuliers, au moins le maintien de ce qui existe, voire peut-être un approfondissement."Mais il y a deux paramètres à prendre en ligne de compte, souligne Georges-Louis Bouchez. "Le premier, cela reste quand même les finances publiques. J'entends des gens qui promettent tout, mais derrière, c'est du déficit, de la dette qu'il faudra déjà rembourser via les impôts." Ce n'est plus le même contexte que la crise du Covid, en outre, car cette fois, l'Europe est davantage concernée que d'autres parties du monde. "Cela signifie que les marchés financiers vont réagir différemment et si, à un moment donné, il y a des pays dont la trajectoire décroche, leur cotation va décrocher et donc le taux d'intérêt aussi. Cela veut dire la fin des services publics, potentiellement des atteintes jusqu'à l'épargne."Le deuxième point d'attention sera la longueur de la crise. L'économie ne sera plus jamais bon marché, dit-il, mais il faut veiller à ce que les prix très élevés cessent. "Pour que cela ne dure pas, il faut sécuriser l'approvisionnement. Tous les politiques parlent du prix, mais c'est la conséquence. La cause, c'est un risque sur l'approfondissement. C'est parce que les marchés ne sont pas certains qu'il y en aura pour tout le monde que les prix s'envolent. Il faut être moins dépendant des énergies fossiles : donc, nucléaire, renforcer le réseau électrique pour davantage accueillir le renouvelable, produire de l'hydrogène, capter le CO2, avoir des réserves stratégiques de gaz..." Une des seules pistes réalistes, selon lui, c'est le Qatar et le bashing anti-Coupe du monde est un peu facile. "Certains doivent réfléchir avant de lancer de grands appels au boycott de la Coupe du monde. Je ne dis pas que j'aime ce qui se passe au Qatar, il y a énormément de choses à améliorer et on doit faire progresser les droits de l'homme dans ce pays. Mais ce n'est pas en leur envoyant un coup de poing dans la figure et en essayant de les écarter de la scène en leur donnant des leçons de morale... Les Européens sont les champions du monde pour lancer des leçons de morale. Et puis après, ils vont quand même aller la tête basse réclamer un peu de gaz et si possible en-dessous du prix du marché. Il faut être un peu intelligent dans notre approche""Cela fait des mois que le MR mène une croise pour la prolongation du nucléaire en Belgique. Deux réacteurs ont déjà été prolongés au-delà de 2025. Selon Georges-Louis Bouchez, il faut aller plus loin. L'ancienne ministre de l'Energie, Marie-Christine Marghem, a déposé une proposition de loi pour sortir de la loi de sortie du nucléaire. Faut-il une majorité alternative avec la N-VA, notamment ? "Dès que l'on a obtenu la prolongation du nucléaire, j'ai dit que ce n'était pas assez. Il y a beaucoup de gens qui ont de grandes réflexions, mais il faut surtout chercher à l'obtenir au sein du gouvernement. Aujourd'hui, plus que jamais, il faut maintenir cinq réacteurs. Comment l'obtenir ? En arrivant à convaincre les partenaires du gouvernement."Les écologistes, ce n'est pas gagné... "Oui, mais il va falloir qu'ils se rendent à la raison. Plus ils vont être contre la vérité, contre la réalité, plus ils auront des problèmes. C'est d'abord à eux qu'ils rendraient service. Moi, je ne suis pas très favorable aux majorité alternatives . Si le gouvernement tient quand même, vous ouvrez la voie à ce que d'autres fassent des majorités alternatives et cela va commencer à être la foire. On va avoir des majorités avec le Belang, avec le PTB sur des dépenses publiques faramineuses." Ou alors, le gouvernement tombe et c'est le chaos.Georges-Louis Bouchez évoque également son inquiétude pour la Wallonie. Il dit ne pas comprendre les réactions irritées venue du PS après la mise en garde récente de Belfius. "Cette situation, elle n'est pas simple depuis aujourd'hui, cela fait trente ans que cela se dégrade en Wallonie. Il est minuit moins une. Et je dois avouer que je n'ai pas bien compris les réactions par rapport à Belfius. Vous êtes une banque, vous signez des engagements, votre boulot, c'est d'aller chercher de l'argent sur les marchés financiers. Vous envoyez un courrier pour dire que selon toute une série de conditions, nous ne pouvons plus être certains d'aller chercher de l'argent sur les marchés, donc on ne veut pas s'engager à cette date. Où est le problème ? Les pouvoirs publics wallons doivent quand même avoir un peu de respect à l'égard de Belfius lorsque l'on sait l'exposition qu'a Belfius à la dette wallonne. Les banques ne sont pas des ennemies, ce ne sont pas elles non plus qui dicte le jeu. Le message de Belfius, c'est de dire qu'on a le choix entre le sérieux et l'aventure. Et si c'est l'aventure, ce sont nos concitoyens qui en subiront les conséquences."