"C'est de la folie! L'explosion des coûts de l'énergie va gravement handicaper la compétitivité de nos entreprises. Et ils vont aller au bout, sortir complètement du nucléaire. Croyez-moi, dans les années à venir, le ministère de l'Energie deviendra le portefeuille politique le plus sensible: on ne verra plus que son détenteur, tant les problèmes seront nombreux."

La compétitivité menacée

Dans les coulisses d'une télévision, jeudi, un grand patron ne cache pas sa grande inquiétude et sa stupéfaction face à l'évolution des prix de l'énergie et l'absence de réponse politique adéquate, du moins aux yeux d'une partie du monde de l'entreprise. C'est dit; l'enjeu énergétique est devenu l'un des plus importants pour les années à venir, économiquement parlant. L'impact direct des coûts de l'électricité est majeur. C'est singulièrement l'industrie qui risque d'en payer les pots cassés, en première instance, et perdre de la compétitivité face à l'Asie ou l'Amérique qui ne seront pas frappés de la même manière.

A cela se greffe l'impact potentiel de l'inflation et des indexations salariales. "J'ai rarement connu des périodes où les salaires et les allocations sociales ont été indexés deux fois en une période de six moisn soulignait voici deux jours Pieter Timmermans, président de la FEB, à La Libre. C'est important pour le pouvoir d'achat mais d'un autre côté, si on continue dans cette spirale inflationniste, on crée une situation où les entreprises perdent de la compétitivité. On pourrait perdre des emplois et donc du pouvoir d'achat. Il faut vraiment éviter une spirale inflationniste Heureusement qu'on a la loi de 96 parce que ça nous protège encore un tout petit peu vis-à-vis de ce choc externe."

Pieter Timmermans se demande ouvertement si les dirigeants actuels ont tiré les leçons de la crise pétrolière des années 1970 ou de la crise financière des années 2000. "Les marges de nos entreprises sont sous pression, ce qui ne restera pas sans conséquences pour les investissements et l'emploi", souligne Bart Van Craeynest, chief economist du Voka, le patronat flamand.

Modération salariale et sortie du nucléaire

Deux sujets brûlants sont à l'ordre du jour du monde politique, avec en toile de fond la confection délicate du budget 2022 et la mise en chantier de grandes réformes. Sur le plan social, les syndicats réclament une modification de la loi de 1996 qui induit la modération salariale, appuyés par une part croissante de la gauche. Sur le plan environnemental, le mix énergétique du futur et les balises pour une sortie complète du nuclaire doivent être décidées d'ici la fin de l'année.

La pression vient de la rue: après la manifestation syndicale, les marches pour le climat reprennent ce week-end. Le gouvernement De Croo organise, ce vendredi, un Conseil des ministres spécialement consacré à la question climatique.

Le bras de fer avec Ecolo

Zakia Khattabi (Ecolo), ministre fédérale du Climat, soulignait ce vendredi matin sur Bel RTL qu'elle regrettait le manque d'action de la Flandre en faveur du climat: "Je ne ménagerai pas mes efforts, notamment auprès des entreprises flamandes pour que a Flandre ne rate pas le cap, dit-elle Dès le moment où on a à l'esprit l'intérêt de nos entreprises, l'intérêt de nos économies, ça pourrait marcher. Ici, s'impose un agenda qui n'a rien à voir avec l'agenda écologique, mais qui est agenda nationaliste, qui a pour seul but de montrer que ça ne fonctionne pas.'

Pour autant, l'incrédulité, voire l'hostilité du monde de l'entreprise et des libéraux, en tête, monte à l'égard d'Ecolo et de sa marchée forcée pour le climat.

Dans le Trends Talk, qui sera diffusé ce week-end, le spécialiste de l'énergie Damien Ernst épingle le risque majeur que la crise énergétique se transforme en crise économique d'envergure. Il dénonce le risque courru en sortant complètement du nucléaire, fustige le mode de décroissance véhiculé par les écologistes et regrette que l'Europe ait abandonné la foi en l'innovation pour faire face à l'enjeu climatique.

Un bras de faire entre croissance et décroissance, au fond, et si l'enjeu était là?

"C'est de la folie! L'explosion des coûts de l'énergie va gravement handicaper la compétitivité de nos entreprises. Et ils vont aller au bout, sortir complètement du nucléaire. Croyez-moi, dans les années à venir, le ministère de l'Energie deviendra le portefeuille politique le plus sensible: on ne verra plus que son détenteur, tant les problèmes seront nombreux."Dans les coulisses d'une télévision, jeudi, un grand patron ne cache pas sa grande inquiétude et sa stupéfaction face à l'évolution des prix de l'énergie et l'absence de réponse politique adéquate, du moins aux yeux d'une partie du monde de l'entreprise. C'est dit; l'enjeu énergétique est devenu l'un des plus importants pour les années à venir, économiquement parlant. L'impact direct des coûts de l'électricité est majeur. C'est singulièrement l'industrie qui risque d'en payer les pots cassés, en première instance, et perdre de la compétitivité face à l'Asie ou l'Amérique qui ne seront pas frappés de la même manière.A cela se greffe l'impact potentiel de l'inflation et des indexations salariales. "J'ai rarement connu des périodes où les salaires et les allocations sociales ont été indexés deux fois en une période de six moisn soulignait voici deux jours Pieter Timmermans, président de la FEB, à La Libre. C'est important pour le pouvoir d'achat mais d'un autre côté, si on continue dans cette spirale inflationniste, on crée une situation où les entreprises perdent de la compétitivité. On pourrait perdre des emplois et donc du pouvoir d'achat. Il faut vraiment éviter une spirale inflationniste Heureusement qu'on a la loi de 96 parce que ça nous protège encore un tout petit peu vis-à-vis de ce choc externe."Pieter Timmermans se demande ouvertement si les dirigeants actuels ont tiré les leçons de la crise pétrolière des années 1970 ou de la crise financière des années 2000. "Les marges de nos entreprises sont sous pression, ce qui ne restera pas sans conséquences pour les investissements et l'emploi", souligne Bart Van Craeynest, chief economist du Voka, le patronat flamand.Deux sujets brûlants sont à l'ordre du jour du monde politique, avec en toile de fond la confection délicate du budget 2022 et la mise en chantier de grandes réformes. Sur le plan social, les syndicats réclament une modification de la loi de 1996 qui induit la modération salariale, appuyés par une part croissante de la gauche. Sur le plan environnemental, le mix énergétique du futur et les balises pour une sortie complète du nuclaire doivent être décidées d'ici la fin de l'année. La pression vient de la rue: après la manifestation syndicale, les marches pour le climat reprennent ce week-end. Le gouvernement De Croo organise, ce vendredi, un Conseil des ministres spécialement consacré à la question climatique. Zakia Khattabi (Ecolo), ministre fédérale du Climat, soulignait ce vendredi matin sur Bel RTL qu'elle regrettait le manque d'action de la Flandre en faveur du climat: "Je ne ménagerai pas mes efforts, notamment auprès des entreprises flamandes pour que a Flandre ne rate pas le cap, dit-elle Dès le moment où on a à l'esprit l'intérêt de nos entreprises, l'intérêt de nos économies, ça pourrait marcher. Ici, s'impose un agenda qui n'a rien à voir avec l'agenda écologique, mais qui est agenda nationaliste, qui a pour seul but de montrer que ça ne fonctionne pas.'Pour autant, l'incrédulité, voire l'hostilité du monde de l'entreprise et des libéraux, en tête, monte à l'égard d'Ecolo et de sa marchée forcée pour le climat.Dans le Trends Talk, qui sera diffusé ce week-end, le spécialiste de l'énergie Damien Ernst épingle le risque majeur que la crise énergétique se transforme en crise économique d'envergure. Il dénonce le risque courru en sortant complètement du nucléaire, fustige le mode de décroissance véhiculé par les écologistes et regrette que l'Europe ait abandonné la foi en l'innovation pour faire face à l'enjeu climatique.Un bras de faire entre croissance et décroissance, au fond, et si l'enjeu était là?