Le Covid Safe Ticket a été jugé '"illégal", en apparence, par une ordonnance du tribunal de première instance de Namur, mardi 30 novembre, suite à une action en référé de l'ASBL Notre Bon Droit. Le gouvernement wallon, qui aurait en réalité fait défaut lors de ce jugement, a décidé d'aller en appel. Et précisait mardi soir: "Cette décision n'annule pas le décret wallon. Par conséquent, le Covid Safe Ticket reste d'application en Wallonie."

Toutefois, le ton monte et l'exaspération grandit dans les rangs des indépendants et du secteur de l'Horeca en Wallonie, notamment. Par ailleurs, une plateforme baptisée D-Code pour Democracy-Code a été créée pour exprimer singulièrement son oppposition au Covid safe ticket et susciter le débat au sujet de la gestion de la crise. Parmi ses membres, on trouve notamment Horeca Wallonie et Restos-bars Bruxelles. Souhait de cette plateforme: "Une gestion de cette crise sanitaire qui repose sur de la rationalité et des décisions cohérentes, prenant en compte toutes les dimensions de la vie en société".

D-Code a le désir de susciter le débat, pas de générer la confrontation, et réfute le terme de "radicalisation". La volonté, claire, consiste à se démarquer de l'extrême droite flamande. C'est la raison pour laquelle, après réflexion, ses membres hésitent au sujet du nouvel appel à manifester lancé pour ce dimanche 5 décembre, alors qu'ils avaient participé pour certains à celle qui avait rassemblé 35 000 personnes dans les rues de Bruxelles.

"Plusieurs associations membres de D-code seront toutefois présentes à la manifestation du 5/12 afin d'affirmer leur opposition au Covid safe ticket", soulignent ses responsables.

Dans tous les cas, un ressenti fort vit contre la gestion chaotique de la crise sanitaire.

La Fédération Horeca défend une alternative au CST

"En tant qu'être humain, qui ne soutiendrait pas une telle volonté de demander un débat citoyen?", demande Maxence Van Crombrugge, président de la Fédération Horeca Wallonie. Ancien membre du collectif Horeca Wallonie participant à la plateforme D-Code, il en partage évidemment les objectifs à titre personnel. Mais en tant que nouveau président de la Fédération, depuis début novembre, il soutient une position plus nuancée, bien que pas très éloignée.

"Si vous allez dans un restaurant aujourd'hui, c'est mort, constate-t-il. Nous sommes au bord de l'asphyxie. Le Covid safe ticket avait déjà diminué la fréquentation de 20 à 30%, les nouvelles mesures du Codeco et les messages de peur contribuent à décourager davantage encore les gens d'aller au resto. Certains auraient préféré fermer et avoir des indemnités, c'est dire..." Il réitère ce qu'il exprimait après le Codeco: les autorités s'en prennent au désir de réjouissance des gens, en priorité.

Revenant sur les réticences vis-à-vis du CST, il souligne combien "de nombreuses personnes ne font plus attention à rien" dès lors qu'elles sont en possession du précieux sésame. "On sent bien que cette mesure n'était ni idéale pour l'Horeca, ni productive pour la gestion de l'épidémie, souligne-t-il. Mon crédo, c'est au contraire de remettre l'économie au service de la santé."

Voilà pourquoi, en tant que président de la Fédération, il remet sur la table une proposition faite en son temps au gouvernement wallon - et refusée alors. "Le gouvernement pourrait laisser le choix aux établissements, explique-t-il. Soit ceux-ci imposent les gestes barrières, la distanciation sociale et le port du masque, tout en veillant à la ventilation, et ils bénéficient d'un label "Covid safe". C'est ce qui serait le plus bénéfique pour la lutte contre le virus. Soit ils imposent le Covid safe ticket. Ne serait-il pas possible de relancer cette idée?"

Sur le principe, il exprime sa réticence par rapport au CST: "Je m'y oppose en raison des dégâts économiques provoqués dans les secteurs, toujours les mêmes. J'invite au contraire nos gouvernements à réfléchir à une politique de vigilance transversale, multisectorielle."

L'UCM: "La solution n'est pas de manifester, mais..."

Président de l'Union des classes moyennes, Pierre-Frédéric Nyst comprend l'exaspération de bien des secteurs et explique de la sorte son discours plus tranché des derniers temps - il a notamment mis en garde contre le risque d'une "révolte sociale". "Je ne pense pas que la solution soit de manifester, ce n'est pas comme cela que l'on obtiendra le débat voulu, dit-il. Et je crains que si le Covid safe ticket était déclaré illégal, des mesures plus fortes seraient prises et l'on refermerait complètement des secteurs."

Cela étant, il ne cache pas son inquiétude: "Ce que je ressens pour le moment, c'est que la situation est plutôt difficile. Nous avons eu deux Codeco avancés, qui ont touché prioritairement certains secteurs. Dans l'Horeca, on constate déjà des pertes de clientèles de 20 à 40%. Le monde de la nuit est refermé. Pour nous, c'est très clair, ceux-ci doivent être aidés en conséquence et des déclarations politiques ont heureusement déjà été faites en ce sens. Le Premier ministre a dit qu'il ne laisserait personne au bord du chemin." Sa prochaine crainte, c'est la fin du moratoire sur les faillites, le 31 décembre prochain. "Nous demandons qu'il soit prolongé, faute de quoi de nombreuses entreprises vont tomber."

Les mouvements sociaux qui s'annoncent? "Il y a des questions légitimes qui se posent au sujet de la vaccination obligatoire ou du Covid safe ticket. Il faut tout faire pour répondre aux craintes de ceux qui ont des doutes. Je ne suis pas convaincu que les politiques aient assez communiqué, que l'on ait suffisamment utilisé les médecins généralistes par exemple. Au sujet du CST, je comprends aussi qu'il y ait des réticences, mais il faut le voir comme une arme supplémentaire. Le risque, sans cela, serait que l'on referme des secteurs."

"Je ne serais pas étonné s'il y avait 50 000 personnes dans les rues dimanche prochain, conclut-il. Cette grogne rassemble des gens dont les aspirations sont très différentes: des opposants au vaccin, des indépendants touchés de plein fouet, des complotises d'extrême droite... Il y a un sentiment de ras-le-bol pluriforme. Certains en ont tout simplement marre du virus. On doit ouvrir le débat pour entendre certaines expressions et convaincre ceux qui peuvent l'être."

Le Covid Safe Ticket a été jugé '"illégal", en apparence, par une ordonnance du tribunal de première instance de Namur, mardi 30 novembre, suite à une action en référé de l'ASBL Notre Bon Droit. Le gouvernement wallon, qui aurait en réalité fait défaut lors de ce jugement, a décidé d'aller en appel. Et précisait mardi soir: "Cette décision n'annule pas le décret wallon. Par conséquent, le Covid Safe Ticket reste d'application en Wallonie."Toutefois, le ton monte et l'exaspération grandit dans les rangs des indépendants et du secteur de l'Horeca en Wallonie, notamment. Par ailleurs, une plateforme baptisée D-Code pour Democracy-Code a été créée pour exprimer singulièrement son oppposition au Covid safe ticket et susciter le débat au sujet de la gestion de la crise. Parmi ses membres, on trouve notamment Horeca Wallonie et Restos-bars Bruxelles. Souhait de cette plateforme: "Une gestion de cette crise sanitaire qui repose sur de la rationalité et des décisions cohérentes, prenant en compte toutes les dimensions de la vie en société". D-Code a le désir de susciter le débat, pas de générer la confrontation, et réfute le terme de "radicalisation". La volonté, claire, consiste à se démarquer de l'extrême droite flamande. C'est la raison pour laquelle, après réflexion, ses membres hésitent au sujet du nouvel appel à manifester lancé pour ce dimanche 5 décembre, alors qu'ils avaient participé pour certains à celle qui avait rassemblé 35 000 personnes dans les rues de Bruxelles. "Plusieurs associations membres de D-code seront toutefois présentes à la manifestation du 5/12 afin d'affirmer leur opposition au Covid safe ticket", soulignent ses responsables.Dans tous les cas, un ressenti fort vit contre la gestion chaotique de la crise sanitaire."En tant qu'être humain, qui ne soutiendrait pas une telle volonté de demander un débat citoyen?", demande Maxence Van Crombrugge, président de la Fédération Horeca Wallonie. Ancien membre du collectif Horeca Wallonie participant à la plateforme D-Code, il en partage évidemment les objectifs à titre personnel. Mais en tant que nouveau président de la Fédération, depuis début novembre, il soutient une position plus nuancée, bien que pas très éloignée."Si vous allez dans un restaurant aujourd'hui, c'est mort, constate-t-il. Nous sommes au bord de l'asphyxie. Le Covid safe ticket avait déjà diminué la fréquentation de 20 à 30%, les nouvelles mesures du Codeco et les messages de peur contribuent à décourager davantage encore les gens d'aller au resto. Certains auraient préféré fermer et avoir des indemnités, c'est dire..." Il réitère ce qu'il exprimait après le Codeco: les autorités s'en prennent au désir de réjouissance des gens, en priorité.Revenant sur les réticences vis-à-vis du CST, il souligne combien "de nombreuses personnes ne font plus attention à rien" dès lors qu'elles sont en possession du précieux sésame. "On sent bien que cette mesure n'était ni idéale pour l'Horeca, ni productive pour la gestion de l'épidémie, souligne-t-il. Mon crédo, c'est au contraire de remettre l'économie au service de la santé." Voilà pourquoi, en tant que président de la Fédération, il remet sur la table une proposition faite en son temps au gouvernement wallon - et refusée alors. "Le gouvernement pourrait laisser le choix aux établissements, explique-t-il. Soit ceux-ci imposent les gestes barrières, la distanciation sociale et le port du masque, tout en veillant à la ventilation, et ils bénéficient d'un label "Covid safe". C'est ce qui serait le plus bénéfique pour la lutte contre le virus. Soit ils imposent le Covid safe ticket. Ne serait-il pas possible de relancer cette idée?"Sur le principe, il exprime sa réticence par rapport au CST: "Je m'y oppose en raison des dégâts économiques provoqués dans les secteurs, toujours les mêmes. J'invite au contraire nos gouvernements à réfléchir à une politique de vigilance transversale, multisectorielle."Président de l'Union des classes moyennes, Pierre-Frédéric Nyst comprend l'exaspération de bien des secteurs et explique de la sorte son discours plus tranché des derniers temps - il a notamment mis en garde contre le risque d'une "révolte sociale". "Je ne pense pas que la solution soit de manifester, ce n'est pas comme cela que l'on obtiendra le débat voulu, dit-il. Et je crains que si le Covid safe ticket était déclaré illégal, des mesures plus fortes seraient prises et l'on refermerait complètement des secteurs."Cela étant, il ne cache pas son inquiétude: "Ce que je ressens pour le moment, c'est que la situation est plutôt difficile. Nous avons eu deux Codeco avancés, qui ont touché prioritairement certains secteurs. Dans l'Horeca, on constate déjà des pertes de clientèles de 20 à 40%. Le monde de la nuit est refermé. Pour nous, c'est très clair, ceux-ci doivent être aidés en conséquence et des déclarations politiques ont heureusement déjà été faites en ce sens. Le Premier ministre a dit qu'il ne laisserait personne au bord du chemin." Sa prochaine crainte, c'est la fin du moratoire sur les faillites, le 31 décembre prochain. "Nous demandons qu'il soit prolongé, faute de quoi de nombreuses entreprises vont tomber."Les mouvements sociaux qui s'annoncent? "Il y a des questions légitimes qui se posent au sujet de la vaccination obligatoire ou du Covid safe ticket. Il faut tout faire pour répondre aux craintes de ceux qui ont des doutes. Je ne suis pas convaincu que les politiques aient assez communiqué, que l'on ait suffisamment utilisé les médecins généralistes par exemple. Au sujet du CST, je comprends aussi qu'il y ait des réticences, mais il faut le voir comme une arme supplémentaire. Le risque, sans cela, serait que l'on referme des secteurs.""Je ne serais pas étonné s'il y avait 50 000 personnes dans les rues dimanche prochain, conclut-il. Cette grogne rassemble des gens dont les aspirations sont très différentes: des opposants au vaccin, des indépendants touchés de plein fouet, des complotises d'extrême droite... Il y a un sentiment de ras-le-bol pluriforme. Certains en ont tout simplement marre du virus. On doit ouvrir le débat pour entendre certaines expressions et convaincre ceux qui peuvent l'être."