Du jamais vu depuis 2008. L'inflation est passée, dans la zone euro, de 3,4% en septembre à 4,1% en octobre, atteignant ainsi son plus haut niveau depuis 13 ans. En Belgique, elle a même bondi à 4,2% fin octobre, contre 2,9% en septembre. En cause, chez nous: la hausse du gaz naturel, de l'électricité, des carburants, des chambres d'hôtel, du gasoil de chauffage, de la viande, des restaurants et cafés, des produits laitiers et de l'achat de véhicules.

En fait, tout augmente. "On parle beaucoup de la hausse du prix du baril et de son impact sur l'inflation, mais celle des prix des produits alimentaires contribue aussi à cette situation, souligne Bernard Keppenne, économiste à la banque CBC. C'est entre autres le cas du prix du blé, qui affiche une nouvelle hausse, soutenu par une forte demande et un resserrement de l'offre mondiale, cette céréale étant un peu la référence pour les prix des produits agricoles ." L'économiste ajoute: "Il n'y a d'ailleurs pas qu'en Belgique que la hausse de l'inflation est significative. C'est aussi le cas en Allemagne où elle atteint un niveau sans précédent de 4,6% depuis janvier 1997".

Gueule de bois

Malgré tous ces records, la BCE reste imperturbable. Certes, Christine Lagarde, sa présidente, a reconnu qu'il avait été question "d'inflation, d'inflation, d'inflation" durant la dernière réunion du Conseil des gouverneurs. L'institution de Francfort a néanmoins décidé de laisser ses taux inchangés et réaffirmé que ces derniers demeureraient stables pour encore un moment, vu le caractère temporaire de l'inflation. Face à cette flambée des prix, les esprits les plus angoissés ont toutefois la migraine. Notamment, "les consommateurs qui s'inquiètent en particulier de la hausse du coût de l'énergie, dans la mesure où c'est un des postes les plus importants dans le budget des ménages", note Bernard Keppenne.

4,2%

Taux de l'inflation en Belgique à la fin octobre.

"En plus d'être confrontées aux ruptures dans la chaîne d'approvisionnement, les entreprises doivent, elles, faire face à l'augmentation du prix de l'énergie mais aussi à celui des matières premières et des sous- produits, sans savoir si cette hausse des prix est vraiment temporaire ou pas, et si elles vont pouvoir la répercuter sur les consommateurs", poursuit-il. Sans compter qu'à cela s'ajoute encore la hausse des salaires, qui s'est invitée à la table des négociations entre direction et syndicats dans plusieurs secteurs (commerce, banque, assurance). Quant aux épargnants, disons-le clairement: ils ont la gueule de bois. Pas question d'espérer voir le taux du livret remonter dans les prochains mois pour compenser quelque peu la hausse de l'inflation puisque la BCE estime qu'il est encore trop pour relever ses taux. Fini donc de se réveiller chaque matin avec une perte de pouvoir d'achat limitée en vertu d'une inflation faible. Avec un taux de 0,11% et une inflation de 4%, le rendement réel de leurs économies (intérêts moins inflation) s'enfonce carrément dans le rouge, surtout qu'"il faudra probablement attendre le milieu de l'année prochaine pour voir l'inflation se calmer à nouveau", prévoit l'économiste de CBC.

Du jamais vu depuis 2008. L'inflation est passée, dans la zone euro, de 3,4% en septembre à 4,1% en octobre, atteignant ainsi son plus haut niveau depuis 13 ans. En Belgique, elle a même bondi à 4,2% fin octobre, contre 2,9% en septembre. En cause, chez nous: la hausse du gaz naturel, de l'électricité, des carburants, des chambres d'hôtel, du gasoil de chauffage, de la viande, des restaurants et cafés, des produits laitiers et de l'achat de véhicules. En fait, tout augmente. "On parle beaucoup de la hausse du prix du baril et de son impact sur l'inflation, mais celle des prix des produits alimentaires contribue aussi à cette situation, souligne Bernard Keppenne, économiste à la banque CBC. C'est entre autres le cas du prix du blé, qui affiche une nouvelle hausse, soutenu par une forte demande et un resserrement de l'offre mondiale, cette céréale étant un peu la référence pour les prix des produits agricoles ." L'économiste ajoute: "Il n'y a d'ailleurs pas qu'en Belgique que la hausse de l'inflation est significative. C'est aussi le cas en Allemagne où elle atteint un niveau sans précédent de 4,6% depuis janvier 1997". Malgré tous ces records, la BCE reste imperturbable. Certes, Christine Lagarde, sa présidente, a reconnu qu'il avait été question "d'inflation, d'inflation, d'inflation" durant la dernière réunion du Conseil des gouverneurs. L'institution de Francfort a néanmoins décidé de laisser ses taux inchangés et réaffirmé que ces derniers demeureraient stables pour encore un moment, vu le caractère temporaire de l'inflation. Face à cette flambée des prix, les esprits les plus angoissés ont toutefois la migraine. Notamment, "les consommateurs qui s'inquiètent en particulier de la hausse du coût de l'énergie, dans la mesure où c'est un des postes les plus importants dans le budget des ménages", note Bernard Keppenne. "En plus d'être confrontées aux ruptures dans la chaîne d'approvisionnement, les entreprises doivent, elles, faire face à l'augmentation du prix de l'énergie mais aussi à celui des matières premières et des sous- produits, sans savoir si cette hausse des prix est vraiment temporaire ou pas, et si elles vont pouvoir la répercuter sur les consommateurs", poursuit-il. Sans compter qu'à cela s'ajoute encore la hausse des salaires, qui s'est invitée à la table des négociations entre direction et syndicats dans plusieurs secteurs (commerce, banque, assurance). Quant aux épargnants, disons-le clairement: ils ont la gueule de bois. Pas question d'espérer voir le taux du livret remonter dans les prochains mois pour compenser quelque peu la hausse de l'inflation puisque la BCE estime qu'il est encore trop pour relever ses taux. Fini donc de se réveiller chaque matin avec une perte de pouvoir d'achat limitée en vertu d'une inflation faible. Avec un taux de 0,11% et une inflation de 4%, le rendement réel de leurs économies (intérêts moins inflation) s'enfonce carrément dans le rouge, surtout qu'"il faudra probablement attendre le milieu de l'année prochaine pour voir l'inflation se calmer à nouveau", prévoit l'économiste de CBC.