Les sept partis de la coalition Vivaldi ont convenu de faire contribuer les "épaules les plus larges" en imposant une taxe sur les grosses fortunes. Les contours de ce nouvel impôt sont encore flous. On peut ainsi lire dans l'accord que "le gouvernement demandera une contribution équitable aux individus qui ont la plus grande capacité contributive, dans le respect de l'entrepreneuriat". Et selon les déclarations des différents partis impliqués, la définition de cette taxe peut fortement varier.
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Les sept partis de la coalition Vivaldi ont convenu de faire contribuer les "épaules les plus larges" en imposant une taxe sur les grosses fortunes. Les contours de ce nouvel impôt sont encore flous. On peut ainsi lire dans l'accord que "le gouvernement demandera une contribution équitable aux individus qui ont la plus grande capacité contributive, dans le respect de l'entrepreneuriat". Et selon les déclarations des différents partis impliqués, la définition de cette taxe peut fortement varier.Plus précisément, certaines transactions supérieures à un million d'euros sont dans le viseur, selon les informations de L'Echo. Cette taxe, dont seuls les grands principes sont arrêtés jusqu'à présent et qui ne nécessite pas la mise en place d'un cadastre des fortunes, serait retenue à la source, donc au moment où l'opération est exécutée, et rapporterait chaque année à l'État de 150 à 300 millions d'euros. Ce montant servira à participer au refinancement des soins de santé, mis à mal par la crise sanitaire. Pour ne pas nuire à l'entrepreneuriat, les opérations portant sur la vente de PME en seraient exonérées. Tout comme les actions nominatives, lesquelles concernent la très grande majorité des petites entreprises. L'objectif est de faire entrer en vigueur cette taxe très rapidement.Ce week-end, des informations ont filtré sur cette nouvelle taxe à travers différentes interviews de représentants de partis. Le président de l'Open VLD, Egbert Lachaert, l'a confirmée dans le Nieuwsblad: "1% des plus riches devront contribuer". Concrètement, selon Lachaert, cela signifie qu'à partir de 2021, il y aura "un prélèvement de solidarité pour ceux qui spéculent avec plus d'un million d'euros et en retirent beaucoup de profit." Lachaert a précisé dans l'émission télévisée De Zevende Dag que le gouvernement ne veut pas de registre des actifs. "Il doit vraiment s'agir de certaines opérations sur titres qui génèrent beaucoup de profits à court terme. Nous avons tiré les leçons de l'exercice avec la taxe sur les titres (NDLR: Le gouvernement Michel avait déjà tenté, sans succès, d'imposer les spéculateurs et les détenteurs de comptes-titres de plus de 500.000 euros.) Il existe des possibilités de faire quelque chose qui n'affecte pas les gens ordinaires qui font des affaires, travaillent et économisent. Bien sûr, vous ne pouvez pas vous attendre à ce que cela rapporte des milliards, mais ce n'était pas non plus l'intention."Les libéraux reconnaissent qu'il est trompeur de parler de taxe sur les transactions, car l'objectif est de réintroduire la taxe sur les comptes-titres pour ceux qui disposent d'un portefeuille dont la valeur est supérieure à 1 million d'euros. Dans ce dernier cas, la nouvelle taxe viendrait s'ajouter à la taxe boursière déjà en vigueur, alors que cette dernière est déjà parmi les plus élevées au monde, relève L'Echo.Quand on demande à Paul Magnette, l'explication est assez différente. Le président du PS présente plutôt cette taxe comme un véritable impôt, récurrent, sur les patrimoines de plus d'un million d'euros, s'accompagnant d'un cadastre des fortunes et de la fin du secret bancaire. Le vice-Premier ministre Ecolo Georges Gilkinet va dans le même sens : viser non les flux (revenus), mais les stocks (patrimoines) de plus d'un million d'euros.Le président du PS répond dans De Standaard à la question de savoir si la taxe n'a pas déjà été édulcorée en une taxe sur les grandes transactions financières: "C'est un malentendu. "Nous demandons une contribution des plus hauts revenus. Pas sur les transactions", renvoyant au ministre des Finances, pour plus de détails. Dans Le Soir, il développe la proposition : "Il y a un accord très clair, même si la phrase dans le texte est générale, il y aura une contribution imposée aux plus hauts patrimoines. Pas la classe moyenne, soyons clairs. On vise les gens qui ont plus de 1 million d'euros de patrimoine mobilier."Du côté du Ministre des Finances, Vincent Van Peteghem (CD&V), rien ne filtre. Le président du CD&V Joachim Coens se montre aussi très prudent sur ce sujet qui divise. Il déclare, cité par De Standaard que "rien de concret n'a encore été convenu" concernant la contribution, mais que dans le cadre du budget "il faut faire vite". Le ministre des Finances devra décider s'il s'agira d'une taxe sur la détention d'un portefeuille de titres de plus de 1 million d'euros ou sur les transactions liées à ces portefeuilles.Comme pour le débat sur le montant de la pension minimal garantie à 1500 euros où libéraux et socialistes s'écharpent sur le fait qu'il soit brut, ou net, les discussions sur cette taxe sur les "super riches" promet d'être animée entre les différents partis qui composent le gouvernement De Croo.