Le MR veut revoir l'accord nucléaire. Depuis quelques jours, la petite musique se fait entendre dans différents médias. Son président, Georges-Louis Bouchez, a obtenu la prolongation de deux réacteurs nucléaires pour dix années supplémentaires. Alors que les négociations avec Engie ont débuté de façon laborieuse, il exprime désormais son souhait de prolonger davantage de réacteurs nucléaires, au lieu de construire deux centrales au gaz, comme cela a été convenu dans le cadre du mécanisme de subsidiation des énergies venant en appui de la stratégie du renouvelable.

"La question n'est pas de remettre en cause un accord, souligne-t-il, interrogé par Trends Tendances. Quand on a une ligne de conduite au niveau européen et que l'on multiplie les déclarations matamoresques à l'égard de la Russie, il est hallucinant que l'on décide de construire deux centrales à gaz dans notre pays. J'essaie d'être cohérent avec les propos tenus au niveau international. Oui, nous trouverions judicieux que l'on ne construise pas les deux centrales au gaz et que l'on maintienne en activité au moins deux réacteurs nucléaires supplémentaires."

"Contradiction écologistes"

Cette position, précise-t-il, ne date pas d'hier. "J'avais déjà exprimé mes réticences le 18 mars, mais au vu de l'évolution de la situation internationale, je me dis que l'on se trompe du tout au tout: au lieu de diminuer notre dépendance à l'égard de la Russie, on risque de l'augmenter! Je ne veux pas être complice d'une telle énormité!"

Le président libéral ne retient pas ses critiques à l'égard de la politique menée par les écologistes et singulièrement la ministe de l'Energie, Tinne Van der Straeten (Groen). "Les alternatives au gaz russe se trouvent notamment au Qatar, confie-t-il. Les écologistes se posent en grands défenseurs des droits de l'homme et estiment que l'on ne peut pas aller assister à la Coupe du monde de football dans ce pays, mais avec leurs options énergétiques, ils font exactement l'inverse de ce qu'ils disent."

Ou encore: "Pendant ce temps, on mène une campagne pour que l'on diminue la température dans nos maisons ou que l'on cuise un peu moins le gigot ? Mais nous sommes chez les fous ! Après, on s'étonne que les gens votent pour les populistes..."

Et aussi: "On en revient à un autre argument fondamental que nous portons depuis le début : alors tant le rapport du Giec que celui de l'Agence internationale de l'énergie disent qu'il faut sortir des énergies fossiles et arrêter de construire des centrales au gaz, on s'obstine dans cette voie. Et le pire, c'est que ce sont les écologistes qui nous obligent à le faire."

"Manque de vision et de cohérence"

Georges-Louis Bouchez constate que les négociations n'avancent guère, en outre, sur la prolongation du nucléaire qui a été obtenue. "La seule chose que l'on a entendu, ce sont les doléances d'Engie selon lesquelles c'est trop tard, cela coûtera trop cher... Ce sont des discussions avec une entreprise qui n'a visiblement pas envie de mener la négociation, parce que cela ne correspond pas à sa stratégie de départ."

"On pourrait aller voir EDF en guise d'alternative pour gérer les centrales et en développer de nouvelles, poursuit le président du MR. Mais comment voulez-vous qu'une entreprise internationale investisse des centaines de millions, voire des milliards, sans aucune certitude stratégique? Au-delà de la prolongation de dix ans que nous avons obtenue, la loi de 2003 dit toujours que l'on interdira le nucléaire en 2035." Et là encore, c'est un tabou pour les verts.

Georges-Louis Bouchez s'indigne: "Je suis sidéré de la manière dont on prend des décisions stratégiques dans ce pays. Cela se fait sans vision, sans cohérence."

Le MR veut revoir l'accord nucléaire. Depuis quelques jours, la petite musique se fait entendre dans différents médias. Son président, Georges-Louis Bouchez, a obtenu la prolongation de deux réacteurs nucléaires pour dix années supplémentaires. Alors que les négociations avec Engie ont débuté de façon laborieuse, il exprime désormais son souhait de prolonger davantage de réacteurs nucléaires, au lieu de construire deux centrales au gaz, comme cela a été convenu dans le cadre du mécanisme de subsidiation des énergies venant en appui de la stratégie du renouvelable."La question n'est pas de remettre en cause un accord, souligne-t-il, interrogé par Trends Tendances. Quand on a une ligne de conduite au niveau européen et que l'on multiplie les déclarations matamoresques à l'égard de la Russie, il est hallucinant que l'on décide de construire deux centrales à gaz dans notre pays. J'essaie d'être cohérent avec les propos tenus au niveau international. Oui, nous trouverions judicieux que l'on ne construise pas les deux centrales au gaz et que l'on maintienne en activité au moins deux réacteurs nucléaires supplémentaires."Cette position, précise-t-il, ne date pas d'hier. "J'avais déjà exprimé mes réticences le 18 mars, mais au vu de l'évolution de la situation internationale, je me dis que l'on se trompe du tout au tout: au lieu de diminuer notre dépendance à l'égard de la Russie, on risque de l'augmenter! Je ne veux pas être complice d'une telle énormité!"Le président libéral ne retient pas ses critiques à l'égard de la politique menée par les écologistes et singulièrement la ministe de l'Energie, Tinne Van der Straeten (Groen). "Les alternatives au gaz russe se trouvent notamment au Qatar, confie-t-il. Les écologistes se posent en grands défenseurs des droits de l'homme et estiment que l'on ne peut pas aller assister à la Coupe du monde de football dans ce pays, mais avec leurs options énergétiques, ils font exactement l'inverse de ce qu'ils disent."Ou encore: "Pendant ce temps, on mène une campagne pour que l'on diminue la température dans nos maisons ou que l'on cuise un peu moins le gigot ? Mais nous sommes chez les fous ! Après, on s'étonne que les gens votent pour les populistes..."Et aussi: "On en revient à un autre argument fondamental que nous portons depuis le début : alors tant le rapport du Giec que celui de l'Agence internationale de l'énergie disent qu'il faut sortir des énergies fossiles et arrêter de construire des centrales au gaz, on s'obstine dans cette voie. Et le pire, c'est que ce sont les écologistes qui nous obligent à le faire."Georges-Louis Bouchez constate que les négociations n'avancent guère, en outre, sur la prolongation du nucléaire qui a été obtenue. "La seule chose que l'on a entendu, ce sont les doléances d'Engie selon lesquelles c'est trop tard, cela coûtera trop cher... Ce sont des discussions avec une entreprise qui n'a visiblement pas envie de mener la négociation, parce que cela ne correspond pas à sa stratégie de départ.""On pourrait aller voir EDF en guise d'alternative pour gérer les centrales et en développer de nouvelles, poursuit le président du MR. Mais comment voulez-vous qu'une entreprise internationale investisse des centaines de millions, voire des milliards, sans aucune certitude stratégique? Au-delà de la prolongation de dix ans que nous avons obtenue, la loi de 2003 dit toujours que l'on interdira le nucléaire en 2035." Et là encore, c'est un tabou pour les verts.Georges-Louis Bouchez s'indigne: "Je suis sidéré de la manière dont on prend des décisions stratégiques dans ce pays. Cela se fait sans vision, sans cohérence."