Le 24 février 2022, nous avons basculé dans une nouvelle ère avec l'invasion russe de l'Ukraine. Une période d'incertitude radicale s'ouvre sur le plan économique comme géostratégique. Bernard Keppenne, chief economist de CDC, est l'invité de notre émission hebdomadaire Trends Talk, qui passe en boucle sur Canal Z. Il évoque les risques majeurs de ce conflit, mais aussi les opportunités qu'il ouvre, à terme.

Nous, européens et occidentaux, avons-nous pêché par une trop grande naïveté? "Effectivement, ce qui est en train de se passer, met en évidence la naïveté de l'Europe, acquiesce Bernard Keppenne. On avait déjà constaté cela au moment de la crise Covid, parce que nous nous sommes rendus compte de notre dépendance, en particulier à l'égard de la Chine. Aujourd'hui, nous nous rendons compte de notre dépendance énergétique. C'est un problème récurrent, que l'on connait depuis des années. Cela me fait penser au titre d'un livre de Raymond Aron : 'Plaidoyer pour une Europe décadente'. Est-ce qu'il n'est pas temps aujourd'hui d'avoir un plaidoyer pour une Europe plus dynamique, moins dépendante, à tous les niveaux ? C'est un réveil, même s'il fait mal parce qu'il faut se rendre compte de la situation dans lequel on est et que le conflit en Ukraine est dramatique."

Bernard Keppenne évoque sans détours les risques que font peser ce conflit sur l'économie mondiale : une croissance en berne et une inflation à la hausse. Il met en avant les manquements qui risquent de toucher de plein fouet notre portefeuille. Mails il salue aussi les tabous brisés, le plan de relance européen, la mutualisation des dettes et les annonces faites ces derniers jours en matière d'autonomie stratégique ou de défense européenne. "Le problème, c'est que l'Europe n'agit qu'au pied du mur. C'est pour cela qu'elle est aujourd'hui dans une situation très fragile. Ce qui se passe est un énorme risque : le coût économique va être gigantesque, on va devoir arrêter des productions. Sans coupure du gaz russe, il y a déjà des chaînes à l'arrêt."

Le chief economist de la CBC revient aussi sur la situation de la Wallonie. Il avait écrit un texte, relayé par Trends Tendance, dans lequel il évoquait une Wallonie qui stagne, mais personne qui ne s'en émeut. Or, il s'agit d'un enjeu majeur pour 2024. Inondations, pandémie, économie de guerre : voilà de quoi rendre le redressement encore plus compliqué. "Quand je dis que la Wallonie stagne, c'est un constat qui a été fait par l'Europe sur les dix dernières années. Cela veut dire que nous avons perdu du temps, on s'en rend compte quand on vit ces inondations dramatiques, la crise du Covid et ce que l'on vit aujourd'hui. Nous ne sommes pas armés par rapport à ces événements. Or, nous avions le temps de nous armer et d'anticiper ce genre de chose. Par la Région wallonne seule, mais elle fait partie de l'Europe et elle a un rôle à jouer dans sa dynamique. "

La conclusion de Bernard Keppenne dans ce Trends Talk vaut tout un programme: "On a créé l'Europe pour dire que l'on ne veut plus de guerre, on pourrait la développer davantage alors que la guerre est à nos portes."

Le 24 février 2022, nous avons basculé dans une nouvelle ère avec l'invasion russe de l'Ukraine. Une période d'incertitude radicale s'ouvre sur le plan économique comme géostratégique. Bernard Keppenne, chief economist de CDC, est l'invité de notre émission hebdomadaire Trends Talk, qui passe en boucle sur Canal Z. Il évoque les risques majeurs de ce conflit, mais aussi les opportunités qu'il ouvre, à terme.Nous, européens et occidentaux, avons-nous pêché par une trop grande naïveté? "Effectivement, ce qui est en train de se passer, met en évidence la naïveté de l'Europe, acquiesce Bernard Keppenne. On avait déjà constaté cela au moment de la crise Covid, parce que nous nous sommes rendus compte de notre dépendance, en particulier à l'égard de la Chine. Aujourd'hui, nous nous rendons compte de notre dépendance énergétique. C'est un problème récurrent, que l'on connait depuis des années. Cela me fait penser au titre d'un livre de Raymond Aron : 'Plaidoyer pour une Europe décadente'. Est-ce qu'il n'est pas temps aujourd'hui d'avoir un plaidoyer pour une Europe plus dynamique, moins dépendante, à tous les niveaux ? C'est un réveil, même s'il fait mal parce qu'il faut se rendre compte de la situation dans lequel on est et que le conflit en Ukraine est dramatique."Bernard Keppenne évoque sans détours les risques que font peser ce conflit sur l'économie mondiale : une croissance en berne et une inflation à la hausse. Il met en avant les manquements qui risquent de toucher de plein fouet notre portefeuille. Mails il salue aussi les tabous brisés, le plan de relance européen, la mutualisation des dettes et les annonces faites ces derniers jours en matière d'autonomie stratégique ou de défense européenne. "Le problème, c'est que l'Europe n'agit qu'au pied du mur. C'est pour cela qu'elle est aujourd'hui dans une situation très fragile. Ce qui se passe est un énorme risque : le coût économique va être gigantesque, on va devoir arrêter des productions. Sans coupure du gaz russe, il y a déjà des chaînes à l'arrêt."Le chief economist de la CBC revient aussi sur la situation de la Wallonie. Il avait écrit un texte, relayé par Trends Tendance, dans lequel il évoquait une Wallonie qui stagne, mais personne qui ne s'en émeut. Or, il s'agit d'un enjeu majeur pour 2024. Inondations, pandémie, économie de guerre : voilà de quoi rendre le redressement encore plus compliqué. "Quand je dis que la Wallonie stagne, c'est un constat qui a été fait par l'Europe sur les dix dernières années. Cela veut dire que nous avons perdu du temps, on s'en rend compte quand on vit ces inondations dramatiques, la crise du Covid et ce que l'on vit aujourd'hui. Nous ne sommes pas armés par rapport à ces événements. Or, nous avions le temps de nous armer et d'anticiper ce genre de chose. Par la Région wallonne seule, mais elle fait partie de l'Europe et elle a un rôle à jouer dans sa dynamique. "La conclusion de Bernard Keppenne dans ce Trends Talk vaut tout un programme: "On a créé l'Europe pour dire que l'on ne veut plus de guerre, on pourrait la développer davantage alors que la guerre est à nos portes."