"Le dispositif de chômage partiel a joué un rôle clé, en protégeant près de 12 millions d'emplois ces 18 derniers mois", fait valoir le Trésor britannique dans une déclaration à l'AFP, ajoutant que la mesure, qui doit prendre fin le 30 septembre, "s'achève naturellement alors que l'économie rebondit".

L'emploi au Royaume-Uni profite en effet de la reprise économique du pays: le taux de chômage a poursuivi sa baisse en août, à 4,7%, après un sommet à 5,2% fin 2020 et le pays compte plus d'un million d'emplois vacants. Les astres semblent alignés pour arrêter une mesure qui a coûté près de 70 milliards de livres au contribuable britannique.

Mais près de deux millions de personnes étaient encore au chômage partiel cet été: "Il est possible, sinon probable" qu'une partie soit licenciée et qu'on assiste à "une hausse temporaire du chômage en octobre", estime l'analyste Paul Dales, de Capital Economics.

Le gouvernement espère que ces nouveaux demandeurs d'emplois retrouveront du travail et soulageront du même coup certains secteurs qui manquent cruellement de main d'oeuvre, comme les métiers de l'alimentation, de la construction, du commerce de détail, ou encore du transport routier.

Le cas emblématique des chauffeurs de poids lourds - il en manquerait 100.000 dans le pays - met le gouvernement sous pression: après des pénuries très médiatisées chez McDonalds, les pubs Wetherspoon, Coca Cola ou en fin de semaine dernière Ikea, les entreprises brandissent désormais l'épouvantail de problèmes d'approvisionnement pour Noël.

Les pénuries de main d'oeuvre touchent aussi les Etats-Unis et les pays européens depuis le début de la pandémie, mais elles sont aggravées au Royaume-Uni par le Brexit, qui complique l'entrée dans le pays de travailleurs européens, en particulier dans l'hôtellerie-restauration, la logistique ou l'industrie alimentaire.

Travailleurs précaires

La fin du dispositif de chômage partiel pourrait ainsi "se révéler positive pour l'économie si elle permet d'améliorer les pénuries de main d'oeuvre", résume l'économiste Paul Dales.

Mais les licenciements toucheront en priorité les travailleurs les plus précaires, notamment dans "les hôtels, les restaurants ou l'industrie des services, où la demande n'a toujours pas retrouvé son niveau normal", s'inquiète le centre de recherche IPPR (Institute for Public Policy) dans un rapport.

Il faudrait "maintenir le dispositif de chômage partiel, en l'adaptant, jusqu'à ce que le marché du travail ait véritablement repris, plutôt que de faire courir un risque inutile aux plus faibles revenus", plaide Carsten Jung, économiste de l'IPPR.

La principale organisation patronale britannique a en outre prévenu que la fin du dispositif de chômage partiel ne résoudra pas les pénuries de main d'oeuvre, car il faudra du temps pour former les candidats potentiels à un nouveau métier.

Dans le cas du transport routier, par exemple, "il faudrait au moins 18 mois pour former suffisamment de chauffeurs de poids lourds", selon la Confederation of British industry (CBI), qui appelle le gouvernement, dans l'intervalle, à plus de souplesse dans sa politique migratoire pour soulager les secteurs en tension.

"La fin du chômage partiel n'est pas la panacée que pensent certains, elle ne résoudra pas comme par magie les pénuries de main d'oeuvre", a averti Tony Danker, directeur général de la CBI, pour qui résoudre le problème "pourrait prendre deux ans, et pas quelques mois".

"Le dispositif de chômage partiel a joué un rôle clé, en protégeant près de 12 millions d'emplois ces 18 derniers mois", fait valoir le Trésor britannique dans une déclaration à l'AFP, ajoutant que la mesure, qui doit prendre fin le 30 septembre, "s'achève naturellement alors que l'économie rebondit".L'emploi au Royaume-Uni profite en effet de la reprise économique du pays: le taux de chômage a poursuivi sa baisse en août, à 4,7%, après un sommet à 5,2% fin 2020 et le pays compte plus d'un million d'emplois vacants. Les astres semblent alignés pour arrêter une mesure qui a coûté près de 70 milliards de livres au contribuable britannique.Mais près de deux millions de personnes étaient encore au chômage partiel cet été: "Il est possible, sinon probable" qu'une partie soit licenciée et qu'on assiste à "une hausse temporaire du chômage en octobre", estime l'analyste Paul Dales, de Capital Economics.Le gouvernement espère que ces nouveaux demandeurs d'emplois retrouveront du travail et soulageront du même coup certains secteurs qui manquent cruellement de main d'oeuvre, comme les métiers de l'alimentation, de la construction, du commerce de détail, ou encore du transport routier.Le cas emblématique des chauffeurs de poids lourds - il en manquerait 100.000 dans le pays - met le gouvernement sous pression: après des pénuries très médiatisées chez McDonalds, les pubs Wetherspoon, Coca Cola ou en fin de semaine dernière Ikea, les entreprises brandissent désormais l'épouvantail de problèmes d'approvisionnement pour Noël.Les pénuries de main d'oeuvre touchent aussi les Etats-Unis et les pays européens depuis le début de la pandémie, mais elles sont aggravées au Royaume-Uni par le Brexit, qui complique l'entrée dans le pays de travailleurs européens, en particulier dans l'hôtellerie-restauration, la logistique ou l'industrie alimentaire.La fin du dispositif de chômage partiel pourrait ainsi "se révéler positive pour l'économie si elle permet d'améliorer les pénuries de main d'oeuvre", résume l'économiste Paul Dales.Mais les licenciements toucheront en priorité les travailleurs les plus précaires, notamment dans "les hôtels, les restaurants ou l'industrie des services, où la demande n'a toujours pas retrouvé son niveau normal", s'inquiète le centre de recherche IPPR (Institute for Public Policy) dans un rapport.Il faudrait "maintenir le dispositif de chômage partiel, en l'adaptant, jusqu'à ce que le marché du travail ait véritablement repris, plutôt que de faire courir un risque inutile aux plus faibles revenus", plaide Carsten Jung, économiste de l'IPPR.La principale organisation patronale britannique a en outre prévenu que la fin du dispositif de chômage partiel ne résoudra pas les pénuries de main d'oeuvre, car il faudra du temps pour former les candidats potentiels à un nouveau métier.Dans le cas du transport routier, par exemple, "il faudrait au moins 18 mois pour former suffisamment de chauffeurs de poids lourds", selon la Confederation of British industry (CBI), qui appelle le gouvernement, dans l'intervalle, à plus de souplesse dans sa politique migratoire pour soulager les secteurs en tension."La fin du chômage partiel n'est pas la panacée que pensent certains, elle ne résoudra pas comme par magie les pénuries de main d'oeuvre", a averti Tony Danker, directeur général de la CBI, pour qui résoudre le problème "pourrait prendre deux ans, et pas quelques mois".