Mais à quoi pourrait bien ressembler l'économie au sortir d'un des plus graves crises que le monde moderne ait eu à subir ? S'il est encore difficile d'affirmer avec certitude l'environnement dans lequel l'ensemble de la planète va être plongé à la fin de la crise du coronavirus (et même quand celle-ci va effectivement prendre fin), plusieurs experts tentent tout de même de faire des prévisions quant à la forme que pourrait prendre la reprise économique.
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Mais à quoi pourrait bien ressembler l'économie au sortir d'un des plus graves crises que le monde moderne ait eu à subir ? S'il est encore difficile d'affirmer avec certitude l'environnement dans lequel l'ensemble de la planète va être plongé à la fin de la crise du coronavirus (et même quand celle-ci va effectivement prendre fin), plusieurs experts tentent tout de même de faire des prévisions quant à la forme que pourrait prendre la reprise économique. Il est évidemment compliqué de déterminer avec certitude ces prévisions. "Il existe une relation très complexe entre la trajectoire que va prendre le virus, l'efficacité réelle du confinement et les politiques économiques de soutien de l'activité prises par les autorités", explique JPMorgan Chase & Co dans un rapport repris par Bloomberg. "Par conséquent, il y a une énorme incertitude en ce qui concerne la trajectoire que va prendre la reprise de l'activité économique."Pourtant, des économistes ont tout de même tenté de déterminer la courbe la plus plausible de cette reprise post-coronavirus. Ceux-ci ont pris pour image plusieurs lettres de l'alphabet pour expliquer ce à quoi la reprise économique pourrait bien correspondre sur un graphique. La forme la plus optimiste est sans conteste un "V", qui signifierait une reprise presque instantanée de l'activité après sa chute brutale, après la disparation du virus en Europe et aux USA en avril ou en mai, avec un assouplissement des mesures de "social distancing". La fin du confinement provoquerait ainsi un retour quasiment "direct" à la hausse de l'activité économique suite aux décisions prises par les autorités publiques, sans que le virus ne provoque une nouvelle crise sanitaire. Les entreprises et les usines pourraient rouvrir leurs portes rapidement et reprendre leurs activités de manière normale. On estime alors que les grandes économies retourneraient à leur niveau d'avant-crise aux alentours de 2021. Le "U", la forme la plus réaliste ?Cependant, comme l'explique toujours Bloomberg, la forme la plus plausible, probable et réaliste, mais certes plus pessimiste, devrait ressemblerait à un "U", c'est-à-dire à une reprise plus lente de l'activité qui ne mènerait pas à un potentiel retour à la hausse de l'économie avant la fin de l'année 2020 voire au-delà. Dans ce cas précis, le virus serait toujours présent en juin et les règles qui régissent le "social distancing" tarderaient encore à s'assouplir. De nombreuses entreprises devraient alors connaître une période post-crise très complexe et il est difficile de prévoir encore maintenant l'efficacité des différents plans de relances prévus par les gouvernements. La consommation ne reprendrait pas non plus de manière directe, au vu des dettes accumulées. Les entreprises mettraient plus de temps à retrouver leur pleine capacité et chaque job perdu durant la crise ne serait pas forcément "regagné" ou récupéré derrière, comme l'explique korii.Il est fort à parier, également, que la fin du confinement s'effectuera de manière progressive, avec un potentiel retour à la normale plus lent. Des scénarios plus pessimistesBien qu'elle ne soit pas idéale, la courbe en "U" reste tout de même la plus optimiste des prévisions réalistes. De plus, elle reste éloignée des scénarios les plus pessimistes, qui eux ressembleraient plutôt aux lettres "L" ou "W". La courbe en "L" correspondrait à une insuffisance ou une inefficacité des plans de relance des autorités publiques, qui mènerait donc à un important ralentissement de la croissance économique. Les dettes accumulées avant ou pendant la crise auraient dû mal à être épongées, déclenchant ainsi toute une spirale de faillites d'entreprises.Le virus serait toujours une réalité lors de la seconde moitié de l'année et les mesures de confinement et de "social distancing" prolongées au-delà du mois de juin. Il est possible, malgré le fait que le phénomène puisse s'estomper peu à peu avant l'été, que la récession soit plus longue que prévu.Un autre scénario possible est une courbe en "W". Dans celui-ci, après une chute de l'activité économique après la crise, nous assisterions à une reprise avant une nouvelle retombée, causée par une levée trop rapide des mesures de confinement et sans calcul des risques réels. Ce retour du virus imposerait dès lors une nouvelle phase de confinement et ainsi une rechute de l'activité économique, comme nous le connaissons actuellement. D'autres courbes possibles Plus étonnant maintenant : les économistes évoquent la possibilité d'une courbe en coche, que l'on compare généralement au "Swoosh" de Nike. Dans ce cas précis, il s'agirait d'une courbe en "V" moins prononcée, c'est-à-dire une chute de l'activité marquée par la crise actuelle suivie d'une reprise assez fulgurante due à l'enthousiasme ambiant suite à la levée des mesures de confinement et du "social distancing" pendant les premiers mois, pour faire place, ensuite, à une progression plus lente. L'activité économique mondiale resterait dans ce cas en-dessous de son niveau d'avant-crise au moins jusqu'à la fin 2021. Les ménages resteraient prudents quant à leurs dépenses et éviteraient par exemple les voyages de longues distances, surtout s'ils ont accumulé des dettes. Cependant, continue Bloomberg, les économistes n'excluent pas que la forme que pourrait prendre la reprise de l'activité ne ressemble pas à ce qu'ils ont "griffonné" sur leurs graphiques. Joachim Feels, conseiller au sein du fonds obligataire californien PIMCO, a alerté dans une note le mois dernier que le "U" qui semble faire l'unanimité pourrait se ressentir plutôt comme un "I", avec une chute de l'activité économique bien plus tranchante et marquée. D'autres n'hésitent pas à imaginer des formes qui ne correspondent pas à l'alphabet occidental. Dans un rapport diffusé cette semaine par Robeco Institutionnal Asset Management, un de leurs analystes, James Stuttard, explique que "les lettres 'V' et 'W', qui incluent donc des rebonds, semblent correspondre à ce que l'on a connu durant la période 1945-2007. C'était une période bien différente des tendances structurelles post-2008. On semble oublier que nous avons ici dix années de faible croissance. La lettre "L" est par exemple plus adaptée au Japon". À la place, Stuttard et son équipe pensent que la lettre arabe Baa' est une représentation plus adaptée et réaliste de ce à quoi pourrait ressembler la reprise de l'activité (voir ci-dessous).