Longtemps, la rue de la Coupe, dans le piétonnier proche de la grand-place de Mons, a vécu au rythme de La Cinquième Saison, le restaurant gastronomique de Pierre-Yves Gosse. Formé par Jean-Pierre Bruneau et à la Maison du Boeuf, alors étoilée à l'Hilton, celui qui fut coach de Jean-Philippe Watteyne pendant sa saison à l'émission Top Chef, avait réussi à transformer son petit restaurant étroit à deux étages en une des meilleures tables de Mons et de la région. Un restaurant qui ne désemplissait pa...

Longtemps, la rue de la Coupe, dans le piétonnier proche de la grand-place de Mons, a vécu au rythme de La Cinquième Saison, le restaurant gastronomique de Pierre-Yves Gosse. Formé par Jean-Pierre Bruneau et à la Maison du Boeuf, alors étoilée à l'Hilton, celui qui fut coach de Jean-Philippe Watteyne pendant sa saison à l'émission Top Chef, avait réussi à transformer son petit restaurant étroit à deux étages en une des meilleures tables de Mons et de la région. Un restaurant qui ne désemplissait pas. Las! il fut emporté par la maladie au printemps 2019. L'automne suivant, son épouse, Céline Moustier, qui veillait auparavant amoureusement sur la salle, avait décidé de s'asseoir au piano. Elle avait tout transformé et revu le concept de A à Z. Un pari audacieux que la pandémie rendra plus difficile encore. Depuis la réouverture en juin dernier, Origines by Céline (dont le logo fait référence au dragon, animal ô combien cher aux Montois) connaît enfin la renaissance qu'il mérite. Dans un décor lumineux qui fait la part belle au blanc et aux variations de vert, Céline Moustier propose une cuisine de produits bien enlevée. Dans sa cuisine vitrée livrée aux regards des passants, la cheffe prépare des assiettes visuellement abouties. Le ramage est à l'aune du plumage puisque le foie gras poêlé accompagné de betteraves acidulées était une merveille dans son jus caramélisé au vin rouge. Mention "original" pour ses champignons cuits, crus et en bavarois accompagnés de pain brûlé, ou pour la lotte, cuite à la perfection, sur son lit de lentilles. La poitrine de poule faisane farcie, certes parfaitement rôtie, était un peu sèche mais on lui pardonnera ce défaut: voilà une cheffe capable, en accompagnement, de servir des chicons fondants et sans la moindre amertume. C'est assez rare pour être souligné. Quant à la tarte tatin et son caramel au calvados, nous n'en avons pas laissé une miette! Voilà une cuisine bistronomique qui fait honneur à l'histoire du restaurant. Et en plus, elle se déguste à prix doux: le menu-carte trois services ne coûte que 37 euros. Une adresse conviviale et sans chichi où il ne manque qu'une carte des vins digne de sa cuisine. D'autant que c'est aussi d'un peu de bouteille qu'aurait besoin le fiston en salle...