Vous cherchez une formule de vacances ou de week-end originale? Et pourquoi ne pas opter pour un camping-car vintage... C'est l'occasion de vivre les congés à une autre allure. De s'évader par les chemins de traverse, en prenant le temps et en se plongeant dans le passé. Mais si les sociétés de location de camping-cars modernes sont nombreuses, il est par contre bien plus ardu de louer des modèles anciens. La société bruxelloise Kombi-Legend propose cette rare possibilité. Et elle le fait avec de bons vieux Combi VW Camper, les stars du genre, nés d'un coup de crayon, au printemps 1947.
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Vous cherchez une formule de vacances ou de week-end originale? Et pourquoi ne pas opter pour un camping-car vintage... C'est l'occasion de vivre les congés à une autre allure. De s'évader par les chemins de traverse, en prenant le temps et en se plongeant dans le passé. Mais si les sociétés de location de camping-cars modernes sont nombreuses, il est par contre bien plus ardu de louer des modèles anciens. La société bruxelloise Kombi-Legend propose cette rare possibilité. Et elle le fait avec de bons vieux Combi VW Camper, les stars du genre, nés d'un coup de crayon, au printemps 1947. A l'époque, Ben Pon, qui était l'importateur de Volkswagen aux Pays-Bas, se rend à la maison mère, à Wolfsburg. Dans l'usine, il remarque un véhicule à plateau construit pour faciliter le transport des pièces lourdes sur les chaînes de montage. Pon part de cette idée pour dessiner sur une feuille de son agenda les grandes lignes d'un véhicule utilitaire d'un nouveau genre, avec un moteur à l'arrière et une structure en forme de caisse. Un véhicule simple et pratique, offrant une imposante surface de chargement. Le directeur de Volkswagen est séduit par le projet et, deux ans plus tard, des prototypes sont construits. La production du modèle de série démarre le 8 mars 1950. Le véhicule utilise le moteur (1.1 litre de 25 ch! ) de la Coccinelle, mais avec des trains roulants renforcés et, à la place du châssis tubulaire central, le "bus" reçoit une carrosserie autoportante montée sur un châssis-échelle. Ben Pon, qui voulait faire naître un simple véhicule utilitaire, a sans le savoir tracé les traits d'un engin qui allait devenir légendaire. Le succès se poursuit encore aujourd'hui avec la septième génération du modèle! La production du premier Combi VW a donc démarré en 1950. Et en 1951 déjà, un bus Volkswagen doté d'une "Camping Box" est dévoilé au salon de l'auto de Berlin. Ce kit, fournit par l'équipementier allemand Westfalia, se compose d'un canapé-lit, d'une table rabattable, d'une armoire, de rideaux et d'un réchaud. L'utilitaire se mue alors en véhicule de loisirs. Dès 1957, Volkswagen intègre le VW "Camper" (tel qu'il est désormais appelé) dans sa propre gamme. Mais la construction est toujours confiée à Westfalia. Il faut avouer qu'à son lancement, le Camper n'a pas connu un succès immédiat. Quelques années seulement après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, l'heure n'était pas encore aux loisirs mais à la reconstruction et à la reprise économique. Or, ce camping-car était cher. Aux 6.000 marks allemands du Transporter de base (soit 120.000 francs belges ou environ 25.000 euros d'aujourd'hui en comptant l'inflation), il fallait encore débourser environ 1.000 marks pour la transformation. Ce n'est qu'au cours des années 1960 que la demande va exploser. Au début de la décennie, Volkswagen produisait à peine 10 Camper par jour, mais jusqu'à 70 en 1967, date de la mise à la retraite de la première génération (T1) du Combi. C'est à l'été 67 qu'est présentée la deuxième génération du Combi (T2). Le modèle s'allonge, ses fenêtres sont plus grandes, son parebrise est désormais en une seule pièce, tandis que sa porte latérale devient coulissante et que son châssis est peaufiné. Ce T2 aura évidemment droit à sa version Camper. Celle-ci fera un véritable carton aux USA. Dès 1968, une moyenne de 100 Camper sont produits chaque jour et un quart d'entre eux traverseront l'Atlantique sur de gros cargos, depuis le port d'Emden, dans le nord-ouest de l'Allemagne. Les ateliers de Westfalia tournent alors à plein et emploient plus d'un millier de personnes. Les Américains mettent même au point une technique de vacances originale: ils prennent un vol pour l'Europe, s'achètent un VW Camper qu'ils réceptionnent directement à l'usine et sillonnent les quatre coins du Vieux Continent à son bord. A la fin de leur trip, ils envoient le véhicule par bateau vers les Etats-Unis et le récupèrent à leur retour. De 1966 à 1970, les exportations de Camper quadruplent pour atteindre près de 20.000 unités par an, dont près de 95% uniquement pour l'Amérique. Westfalia produit alors jusqu'à 125 transformations de Transporter par jour.. Selon son aménagement intérieur, le Camper se décline dans de multiples versions, baptisées du nom de grandes villes européennes. L'"Helsinki" devient à la mode avec sa table en angle à l'arrière. A partir de 1976 est lancée la version "Berlin", avec siège passager avant pivotant. Très ingénieux, son aménagement intérieur est d'ailleurs toujours d'actualité sur le camping-car VW d'aujourd'hui, baptisé "California". C'est précisément une version T2 "Berlin" que loue la société Kombi-Legend. Ce modèle en parfait état date de 1977 et a vécu sa jeunesse aux Etats-Unis, avant de revenir sur son continent d'origine. Faire glisser la porte latérale, c'est comme ouvrir les couloirs du temps. La sellerie est entièrement d'origine, avec son motif "plaid" vert et jaune. Il y a aussi cette petite odeur typique d'un mobilier qui a traversé les saisons. Le moindre espace est habilement exploité. Des placards sont creusés aux quatre coins de l'engin. En un tournemain, on retourne le siège avant droit et on déplie la table pour transformer la cabine en dînette cosy. On se mitonne un petit plat sur le réchaud à gaz, tandis qu'un évier avec arrivée d'eau électrique et bidon de récupération des eaux usées permet de faire la vaisselle. Pour se tenir debout à bord, il suffit de relever le toit. La manoeuvre s'effectue facilement, via un bras articulé qui ne demande pas trop d'huile de coude. Et quand vient la nuit, on tire les rideaux, on déplie le lit de toit et on transforme la banquette arrière en couchette. Quatre personnes peuvent alors passer la nuit. Et au petit matin, après un café-croissant, on lève le camp en un instant. Et puis, il y a le plaisir de la conduite... Comme tous les T2, cet exemplaire est bien sûr farci d'un moteur arrière. En l'occurrence un gros 2 litres à 4 cylindres de 70 ch. Ce bloc s'éveille dans le crépitement caractéristique de l'architecture Boxer (cylindres à plat opposés deux à deux, comme dans une Cox, une 2CV ou une... Porsche 911! ). Récemment refait à neuf, le moteur pousse ici avec une étonnante vigueur. La turbine de son refroidissement par air siffle également joyeusement. Aucune côte ne fait peur à ce Camper, qui peut aussi tenir une moyenne de 100 km/h sur autoroute, voire pointer à 130 en cas de besoin. Mais le but est ici plutôt de se la couler douce. D'autant que le pétillant moteur boit tout de même environ 13 l/100 km de super 98... Le bruit général à bord et l'absence de clim' n'incitent pas non plus aux trop longs voyages... Au volant, il convient également de garder à l'esprit qu'une voiture de 45 ans ne freine pas comme un modèle actuel. Il faut anticiper et s'impliquer un minimum dans la conduite. Cela fait d'ailleurs partie du charme dégagé par un tel engin. Et si la direction n'est pas assistée, elle se révèle assez légère, puisque cette VW ne porte pas de moteur sur le nez. Pour être sûr de ne pas laisser les clients en galère ou en panique, Philippe Jacques, le patron de Kombi-Legend, assure de toute façon une petite formation. Il prend le temps d'expliquer le maniement du mobilier et des accessoires intérieurs, mais effectue aussi un tour d'un bon quart d'heure avec les clients. Et l'expérience est rarement rebutante. Selon Philippe Jacques, les locataires ont souvent du mal à lui rendre la clé de son Camper. Après leur séjour, la plupart sont conquis et beaucoup se ruent sur internet à la chasse aux petites annonces de modèles similaires... En bon état, ceux-ci sont toutefois rares ou très chers. "Un bel exemplaire de T2 Westfalia coûte aujourd'hui entre 30.000 et 35.000 euros. Méfiez-vous des versions venant du Brésil: l'habitacle est parfois alléchant mais il est rarement d'origine et les châssis sont souvent rongés par la corrosion", prévient Philippe Jacques. L'état du châssis est précisément un point à surveiller lors de l'achat d'un Combi VW. Et attention: vu la cote en pleine ascension de ce petit bus, les arnaques sont légion...