Juste avant l'entrée de l'expo, des cartes au mur situent quelques grands clubs, notamment à Londres, New York, Berlin, Bruxelles. Sur la vingtaine de spots répertoriés dans la capitale de l'Europe, on en a fréquenté une bonne moitié dont le Fuse, le Garage, le Mirano ou encore Le Plan K. Pas forcément par vocation d'oiseau de nuit, mais parce que certains de ces lieux historiques, comme également Les Gémeaux (Auderghem) ou le Circus (U...

Juste avant l'entrée de l'expo, des cartes au mur situent quelques grands clubs, notamment à Londres, New York, Berlin, Bruxelles. Sur la vingtaine de spots répertoriés dans la capitale de l'Europe, on en a fréquenté une bonne moitié dont le Fuse, le Garage, le Mirano ou encore Le Plan K. Pas forcément par vocation d'oiseau de nuit, mais parce que certains de ces lieux historiques, comme également Les Gémeaux (Auderghem) ou le Circus (Uccle), ont complété leur offre DJ par des concerts punks, new wave, rock et autres. Première leçon à tirer de ce constat : la nuit internationale ne s'est pas cantonnée au classique Saturday Night Fever, elle s'est élargie à d'autres types de rassemblements, même si c'est bien un extrait du film mettant en scène John Travolta qui trône en boucle au milieu de cette expo. Celle-ci explore d'ailleurs également le thème de la " fièvre nocturne " via ses architectures. On découvre ainsi que les clubs italiens des années 1960 ont inventé une forme de baroque grandiose, par exemple au Flash Back, dans le Piémont, avec ses quatre étages entièrement blancs, pyramide et dôme compris. Reste qu'au final, l'histoire tend à moins retenir le décorum que la fréquentation. C'est elle qui fit l'invraisemblable succès du Studio 54 new-yorkais qui, de 1977 à 1980, rassembla l'essentiel de la jet-set internationale - d'Andy Warhol à Grace Jones - et d'apprentis people. Mais la célébrité n'est pas la seule porte d'accès aux plaisirs nocturnes. En cela, le Berghain berlinois ou le Boiler Room londonien confirment l'universalité de la nuit à partir des années 1980/1990. Une universalité en conquête de territoires insoupçonnés : on notera la très belle image du photographe Chen Wei, saisissant les clubbers chinois ou encore le portrait du B018, boîte de Beyrouth qui, dès 1998, installe son dancefloor sur un ancien camp de réfugiés, vestige de la guerre civile. Un bémol : les intéressants croisements nocturnes entre espaces, sociétés, musiques et plaisirs ont oublié les parisiens Palace et Bains Douches, pourtant deux références majeures francophones.