"C'est une demande de La Cité Miroir, cet endroit fantastique, qui m'a proposé de venir photographier les Liégeois dans le cadre d'un projet plus global que je mène depuis plusieurs années. " La voix roule toujours à l'italienne mais Oliviero Toscani (1942) a changé de registre : en tout cas depuis les années 1980-1990 où il fait la pub de la marque de vêtements transalpine à coups d'images provocantes, jouant avec les...

"C'est une demande de La Cité Miroir, cet endroit fantastique, qui m'a proposé de venir photographier les Liégeois dans le cadre d'un projet plus global que je mène depuis plusieurs années. " La voix roule toujours à l'italienne mais Oliviero Toscani (1942) a changé de registre : en tout cas depuis les années 1980-1990 où il fait la pub de la marque de vêtements transalpine à coups d'images provocantes, jouant avec les notions de mort, naissance et métissage. Si certaines idées graphiques se situent dans la lignée cool d'une planète multiraciale, d'autres cherchent le choc frontal, comme le cliché d'un homme au dernier stade du sida entouré de ses proches. Aujourd'hui, loin de tout cela, Toscani n'a pas de mots assez durs pour le monde de la publicité, revendiquant une démarche " d'auteur, qui a le désir d'expliquer ", embarqué dans un projet possiblement anthropologique. Au printemps dernier, il vient donc à Liège pour en saisir les habitants ardents, soit 500 personnes photographiées en couleur et en plan américain. En quatre jours. Ces visages venus de tous les horizons, âges et races, sont aujourd'hui dressés comme autant de panneaux fiers dans l'espace principal de La Cité Miroir, où lumières artificielle et naturelle se mélangent. Exactement comme l'exposition qui mêle la pêche liégeoise à d'autres sessions photographiques menées par Toscani et son équipe un peu partout dans le monde. " Voir toute cette humanité ensemble constitue une 'collection' qui honore la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 : comme si je mettais tous ces gens ensemble dans un même bateau. " Toscani avoue avoir été surpris par ce coin de Belgique qu'il imaginait habité de " gens blonds " - les images racontent d'autres histoires - au sein d'un pays " beaucoup plus international que l'Italie ". Avec aussi la volonté de ne pas définir la beauté : " L'être humain est intéressant à cause de ses imperfections, personne n'est laid sauf ceux qui veulent se conformer à la beauté conformée. Chacun est unique. "