Verdi est à l'opéra ce que Martin Scorsese est au cinéma : il offre une manière de séduire le grand public via des codes spectaculaires, tout en donnant à l'entreprise artistique un air d'aventure dramatique. On ne di...

Verdi est à l'opéra ce que Martin Scorsese est au cinéma : il offre une manière de séduire le grand public via des codes spectaculaires, tout en donnant à l'entreprise artistique un air d'aventure dramatique. On ne dira pas que Le Trouvère, inspiré d'une pièce du dramaturge espagnol Antonio García Gutiérrez et représenté pour la toute première fois à l'Opéra de Paris en 1857, est l'équivalent du Casino du cinéaste new-yorkais, mais on retiendra que cette oeuvre de 2h40 transcende sa narration originale. Soit une histoire d'amour dans l'Espagne du 15e siècle sur fond de saga incluant clans rivaux, bûcher, passion gitane, exotisme et vengeance. Ici, la trame prend aussi des airs contemporains grâce à la mise en scène de Stefano Vizioli et la présence des chanteurs Fabio Sartori, Violeta Urmana et Yolanda Auyanet, tous en première liégeoise. Sans oublier la direction musicale assumée par Daniel Oren, né en Israël d'un père musulman et d'une mère juive. Bien dans la complexité de son époque et des enjeux indirects de l'opéra.