Des magistrats qui critiquent ouvertement la législation qu'ils sont obligés d'appliquer, la chose n'est pas courante. C'est pourtant ce que viennent de faire deux juges du tribunal de police, l'un de Hasselt, l'autre de Beringen, qui ensemble, totalisent plus de 30 années d'expé...

Des magistrats qui critiquent ouvertement la législation qu'ils sont obligés d'appliquer, la chose n'est pas courante. C'est pourtant ce que viennent de faire deux juges du tribunal de police, l'un de Hasselt, l'autre de Beringen, qui ensemble, totalisent plus de 30 années d'expérience. Tous deux sont effarés par l'actuel tsunami législatif qui voit les lois se succéder sans toujours être, estiment-ils, correctement pensées. Telles les amendes routières dont les tarifs ne cessent d'augmenter. Une majorité de contrevenants ne les paient jamais parce qu'ils sont chômeurs, perclus de dettes ou réduits au minimex. Leur imposer des amendes monstrueuses n'a aucun sens, poursuivent-ils, d'autant plus agacés que la loi a rogné leur pouvoir d'appréciation. " Nous ne pouvons plus tenir compte des circonstances dans lesquelles s'est produite l'infraction, déplore Paul Geukens, juge de police à Hasselt. Récemment, une mère de famille avait placé le couffin du bébé dans le mauvais sens dans la voiture. J'ai dû la condamner à 180 euros d'amende majorés de 300 euros de frais de justice. Elle devait en outre repasser des examens pour son permis de conduire. Je lui ai finalement accordé la suspension du prononcé, ce qui est assez exceptionnel. Des exemples comme celui-là, je peux en raconter des dizaines ." Les amendes routières, plaident les deux juges, sont trop élevées. Il faut les réduire.