On avait presque oublié le groupe Dexia, deux fois recapitalisé depuis la crise et dont l'extinction progressive se poursuit plus ou moins gentiment.
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On avait presque oublié le groupe Dexia, deux fois recapitalisé depuis la crise et dont l'extinction progressive se poursuit plus ou moins gentiment. Lors de l'assemblée générale des actionnaires qui s'est tenue à Bruxelles, le patron du groupe, Wouter Devriendt, a pourtant lâché une petite phrase à priori étonnante : " Il est très peu probable que Dexia puisse un jour à nouveau être rentable ". Une phrase étonnante en effet car la banque détenue par les Etats belge et français vient de réaliser successivement deux exercices en boni : 163 millions de bénéfices en 2015 et 353 millions en 2016. Etonnante aussi car le plan qui avait été présenté à l'Europe prévoyait un retour aux bénéfices en 2018. Est-ce que cela veut dire que les Etats (belge et français) devraient à nouveau mettre au pot ? " Non, rassure une porte-parole. L'augmentation de capital de 2012 a été suffisamment bien calibrée. Nous suivons le plan de 2012, sauf sur le plan de la rentabilité. Mais Wouter Devriendt a simplement voulu prévenir. " Il ne faudra pas s'attendre, sauf exception, à des résultats positifs dans le futur. Mais pourquoi le groupe bancaire a-t-il dérapé par rapport à sa trajectoire initiale ? Parce qu'il engrange moins de revenus et paie davantage de charges. " Les actifs ont diminué plus vite que prévu, ce qui signifie donc moins de rentrées ", observe la porte-parole du groupe. Le plan tablait en effet sur une baisse annuelle de 10 milliards par an, en raison de l'extinction naturelle du portefeuille, alors que le groupe tourne ces derniers temps plutôt aux alentours de 15 milliards d'euros. Et puis Dexia doit verser sa contribution aux fonds européens mis en place pour stabiliser le secteur en cas de crise, même si le groupe n'en profitera jamais. Contribution qui s'est élevée à 115 millions d'euros l'an dernier. Pour continuer à gérer un bilan qui reste imposant (213 milliards fin de l'an dernier), Dexia vient d'ailleurs d'annoncer qu'il négocie la conclusion d'un important contrat pour la gestion de son informatique et de ses opérations de back office avec l'américain Cognizant. Pourtant, il y a un an, l'ancien patron de Dexia, Karel De Boeck, avait indiqué que Dexia était sur le point de signer avec la Société Générale pour gérer son back office. Mais la SocGen était trop chère, dit-on chez Dexia. Pierre-Henri Thomas" Il est très peu probable que Dexia puisse un jour à nouveau être rentable. " - Wouter Devriendt, patron de Dexia