Le rand sud-africain (ZAR) n'a cessé de s'apprécier entre janvier de l'an dernier et la première partie de l'année 2017. Une performance difficile à comprendre. L'Afrique du Sud est un pays lourdement touché par des scandales politiques, dans lesquels le président Jacob Zuma est empêtré. Il y a dix ans, la Banque centrale sud-africaine enregistrait encore une croissance économique de 5 %. Aujourd'hui, l'économie du pays le plus industrialisé du continent africain stagne. La baisse des cours des matières premières et les évolutions sociales dans deux secteurs stratégiques, les mines et l'industrie, n'y sont pas étrangères. Depuis mars dernier, le rand s'affaiblit. Voyons si les obligations en rand constituent aujourd'hui un choix judicieux.
...

Le rand sud-africain (ZAR) n'a cessé de s'apprécier entre janvier de l'an dernier et la première partie de l'année 2017. Une performance difficile à comprendre. L'Afrique du Sud est un pays lourdement touché par des scandales politiques, dans lesquels le président Jacob Zuma est empêtré. Il y a dix ans, la Banque centrale sud-africaine enregistrait encore une croissance économique de 5 %. Aujourd'hui, l'économie du pays le plus industrialisé du continent africain stagne. La baisse des cours des matières premières et les évolutions sociales dans deux secteurs stratégiques, les mines et l'industrie, n'y sont pas étrangères. Depuis mars dernier, le rand s'affaiblit. Voyons si les obligations en rand constituent aujourd'hui un choix judicieux. L'Afrique du Sud est connue pour ses ressources naturelles. Son sous-sol est riche en or, platine, diamants et autres matières précieuses. Le secteur minier est l'un des principaux secteurs du pays, avec l'agriculture et le secteur bancaire. L'économie globale n'est cependant guère diversifiée. Elle en est d'autant plus fragile. Elle a beaucoup souffert de cette concentration des activités ces dernières années. Une croissance économique réduite implique une baisse des revenus, ce qui pèse sur le budget. L'Afrique du Sud affiche un taux d'endettement de 50 % du produit intérieur brut (PIB). La croissance ne dépasse pas 0,30 %. L'économie n'avait jamais été aussi moribonde depuis 2009, lorsque l'Afrique du Sud était tombée en récession. La Banque centrale sud-africaine table sur une croissance du PIB de 1 % pour la deuxième moitié de cette année. La croissance économique pourrait même atteindre 1,5 % en 2018. Des prévisions que suit le Fonds monétaire international (FMI) : il table également sur une croissance de 1 % d'ici la fin de cette année en cas de redressement du secteur minier. Mais c'est là que le bât blesse. L'incertitude politique a un effet dévastateur sur les investissements des entreprises. Fitch assortit les obligations sud-africaines d'une note BB+. Cela souligne le caractère de plus en plus spéculatif de ces émissions depuis que le président Jacob Zuma a nommé une dizaine de nouveaux ministres. Ils viennent presque tous de son cercle proche. Le ministre des Finances Pravin Gordhan, qui avait engagé la lutte contre la corruption, a été remercié pour services rendus. Ce grand opposant à Zuma était très apprécié des marchés financiers. Ce qui peut expliquer son limogeage. Depuis, le rand s'est affaibli par rapport à l'euro. Alors qu'un euro valait 13,55 ZAR en mars, il s'échange aujourd'hui à près de 16 ZAR. Soit une dépréciation du rand de plus de 15 %. Bloomberg a récemment interrogé les principaux experts en devises sur leurs perspectives pour la monnaie sud-africaine. Ils tablent sur un cours de 15,54. En Afrique du Sud, environ un quart de la population active est sans emploi. L'inflation dépasse désormais 5 %. Avec de tels chiffres, la performance du rand reste un petit miracle. Elle s'explique peut-être par l'espoir justifié d'une amélioration de la situation prévue à la fois par la Banque centrale et le FMI. Lesetja Kganyago, le gouverneur de la Banque centrale, met tout en oeuvre pour favoriser le redressement du rand. Selon lui, la monnaie présente une belle capacité à se redresser après chaque coup dur. Les trois principales agences de notation - Fitch, Moody's et Standard & Poor's - maintiennent cependant leur évaluation négative. Elles mettent en garde contre les troubles politiques et la faiblesse de l'économie. Mais les obligations, même des débiteurs de meilleure qualité, proposent en contrepartie un rendement attrayant. Ceux qui veulent diversifier leur portefeuille en y ajoutant des obligations en rand sud-africain peuvent se tourner vers la Banque européenne d'investissement (BEI). L'émission 10/09/2020 est assortie d'un coupon de 7,5 %. Elle est disponible aujourd'hui à 100,8, ce qui porte le rendement à 7,19 %. Coupures de 5.000 ZAR ou environ 315 EUR. L'émission est notée AAA, la meilleure note possible chez les trois grandes agences de notation. Le risque de débiteur est donc presque nul. Cela signifie que le seul danger provient de la monnaie proprement dite. Si celle-ci perd de sa valeur, le capital investi dans cette obligation diminuera d'autant. Le même débiteur propose une autre émission, dont le rendement est cette fois supérieur à 8 %. Elle combine un coupon de 8,15 % et une échéance le 21/12/2026. Au cours actuel de 90,25, le rendement s'établit à 8,23 %. Citons enfin les obligations de Rabobank Nederland. Ce débiteur affiche une note légèrement plus basse, A+, ce qui reste amplement suffisant. L'obligation arrive à échéance le 11 septembre 2020 et porte un coupon de 8,5 %. Elle s'échange cependant au-dessus du pair (101,79), ce qui ramène le rendement à 7,55 %. Coupures de 5.000 ZAR. On peut trouver des obligations en ZAR dont le rendement dépasse les 7 %.