A la veille de Noël, personne ne peut prédire de quelle culture sera fait 2021. Mais comment préparer des offres ambitieuses et multiples au public belge dans ce contexte? Bozar a donc décidé qu'en pleine tempête Covid, la meilleure défense de notre société recluse serait une contre- attaque culturelle. Celle qui permet - même s'il faut sortir masqué - d'oublier un peu la sécheresse des rapports sociaux...

A la veille de Noël, personne ne peut prédire de quelle culture sera fait 2021. Mais comment préparer des offres ambitieuses et multiples au public belge dans ce contexte? Bozar a donc décidé qu'en pleine tempête Covid, la meilleure défense de notre société recluse serait une contre- attaque culturelle. Celle qui permet - même s'il faut sortir masqué - d'oublier un peu la sécheresse des rapports sociaux au quotidien. A son avantage, le Palais des Beaux-Arts possède, avec les vieux palais du Heysel, l'un des plus grands espaces structurels pour les expositions à Bruxelles. Il dispose encore, malgré les actuelles difficultés de gestion interne, de ressources imaginatives et variées. Alors, qu'y a-t-il au menu des premiers mois de cette nouvelle année? Après une visite du travail du Congolais Léonard Pongo via les images allégoriques de son pays et, en parallèle, les photographies sur les actuels performeurs de Kinshasa, signées Colin Delfosse (du 20 janvier au 10 mars), on quitte l'ancienne colonie africaine pour un moins attendu All I Want, qui plonge avec avidité dans les oeuvres de femmes artistes portugaises depuis 1900. Une belle surprise puisque les styles de Lourdes Castro, Helena Almeida ou Leonor Antunes possèdent en commun cette texture picturale ultra-sensible parvenant à réunir des contraires: une certaine retenue combinée à d'évidentes sensualités graphiques (du 26 février au 23 mai). A partir du 18 mars, Bozar propose l'un des événements du printemps, si pas de l'année picturale: jusqu'au 21 juillet, il honore Roger Raveel (1921-2013). Celui-ci, qui est exposé dans le musée de Zulte Machelen, sa ville natale en Flandre-Orientale (on vous en parlait il y a quelques mois), a conçu un univers pop art qui a évolué grandement au fil du temps. L'auteur d'une vaste fresque à la station de métro de Mérode, toujours visible, a exploré une esthétique à la fois colorée, rassurante, osée et curieuse de toutes les géométries. On reparlera évidemment de la suite du printemps bozartien.