Statistiquement, il est probable que vous n'avez pu échapper aux compositions d'Arvo Pärt, utilisées à plus ou moins bon escient dans des dizaines de films documentaires et de fiction. Pour une raison évidente : cette musique est aussi exceptionnellement cinématographique. Né en 1935 dans ce petit territoire du nord-est de l'Europe, alors entre deux occupations étrangères, Arvo Pärt va se singulariser en intégrant le séria...

Statistiquement, il est probable que vous n'avez pu échapper aux compositions d'Arvo Pärt, utilisées à plus ou moins bon escient dans des dizaines de films documentaires et de fiction. Pour une raison évidente : cette musique est aussi exceptionnellement cinématographique. Né en 1935 dans ce petit territoire du nord-est de l'Europe, alors entre deux occupations étrangères, Arvo Pärt va se singulariser en intégrant le sérialisme et donc l'héritage d'Arnold Schoenberg, au sein d'une écriture qualifiée de minimaliste, qui adopte autant les codes classiques que ceux des chants grégoriens. Dans une discographie très fournie au fil du temps, Arvo Pärt deviendra, avec des albums tels que Tabula Rasa (1984), l'un des artistes-phares du label allemand ECM, producteur " du plus beau son après le silence ". Ce week-end, Flagey met intégralement son écrin à disposition de l'univers " pärtien " via des concerts, évidemment, mais aussi des séances de méditation, des conférences, des lectures-récitals, des films, une expo et même un projet de chorale numérique intégrant les membres du public ! Une quinzaine d'événements où l'on pointe d'abord la soirée d'ouverture menée par le Brussels Philharmonic & Vlaams Radio Koor et la clarinettiste Annelien Van Wauwe, jouant l'une des pièces majeures d'Arvo Pärt, ce Adam's Lament incarnant " un paradis perdu qui ne l'est pas définitivement ". La somptuosité des sentiments caractérise aussi le concert - quasi complet - de l'Estonian Philharmonic Chamber Choir accompagné du Tallinn Chamber Orchestra, interprétant Te Deum, spécialement commandité au musicien par Flagey. Ces deux ensembles parcourent pour l'occasion les Requiems du Belge Jean-Paul Dessy, violoncelliste et directeur de l'Ensemble Musiques Nouvelles. Tout cela s'accompagne de la projection de quelques longs métrages d'envergure usant au mieux les sonorités pärtiennes, comme Le silence d'Ingmar Bergman ou le récent Mia madre de Nanni Moretti. Sans oublier le passionnant documentaire consacré au maître en personne, Sounds And Silence.