Les voyageurs, compagnies aériennes et gestionnaires d'aéroports peuvent pousser un ouf de soulagement. Skeyes, l'entreprise chargée du contrôle de l'espace aérien belge, a conclu un accord sur la question très sensible du planning des contrôleurs aériens. Les discussions ont duré des mois, dans un contexte explosif qui a débouché sur de nombreuses grèves, notamment sauvages. Ainsi, les actions du printemps dernier ont coûté des millions d'euros à Brussels Airport qui a dû annuler 313 vols passagers et 100 vols cargos. A Liège, les grèves nocturnes avaient été qualifiées de "catastrophe économique" par les dirigeants. Des actions qui avaient débouché sur de nombreuses actions judiciaires, notamment de la part de compagnies aériennes. Ces procédures sont d'ailleurs toujours en cours.

Selon Skeyes, "les accords conclus (...) permettent de continuer à garantir la sécurité du trafic aérien et d'implémenter à partir du 1er janvier 2020 la réglementation européenne concernant la gestion de la fatigue et le rostering". En clair, les contrôleurs aériens belges vont pouvoir continuer à utiliser une espèce de marché interne, sans intervention de l'entreprise, pour échanger leurs gardes, mais dorénavant, ce marché interne intégrera la nouvelle réglementation européenne ainsi que des mécanismes qui autoriseront le management à intervenir si le planning n'est pas complet. Les représentants sociaux ont tous voté le texte à l'exception d'AVC Transcom qui s'est abstenu. Ce cap important passé, Skeyes peut désormais travailler à restaurer la confiance avec ses partenaires et à développer de nouveaux projets. Comme celui de digitalisation de l'entreprise et de création de tours digitales qui permettent d'étendre le périmètre et les capacités de contrôle. Un tel projet serait en cours tant à Charleroi qu'à Liège.