Jipé et Jean-Christophe, vous avez sorti quatre albums entre 1989 et 1999, puis vous vous êtes séparés jusqu'à la parution de " Mandarine " en 2015, suivie du récent " 6oe "...

Notre séparation était sans doute la conséquence de l'échec de notre quatrième album enregistré dans le luxe des studios de Peter Gabriel à Real World, mais aussi d'une certaine lassitude humaine entre nous deux. C'était déjà dingue d'avoir travaillé pendant 10 ans et mené une croisade avec beaucoup d'énergie. Au fil du temps, on a retrouvé ce plaisir de pouvoir juste jouer une chanson en guitare-voix. C'est pas mal et c'est un peu notre snobisme.

La musique, un plaisir durable ?

Oui, celui de se dire qu'un titre peut fonctionner dans le schéma d'interprétation le plus simple, même s'il peut y avoir des étapes ultérieures de sophistication. Et puis, Jean-Christophe qui est un très bon musicien, va d'emblée aller chercher le bon pinceau. Il aime les outils, cela l'excite ( sourire).

Un mot sur les chansons de " 6oe "?

On a des moments un peu impudiques, déliés, comme dans " Quand la nuit tombe " ou " Aime-moi ". Du coup, certains titres sont davantage " tongue-in-cheek ", humoristiques, pour éviter de se retrouver avec trop d'émotions ! Pour l'album " 6oe ", il y a eu moins de doutes qu'à l'habitude dans la composition parce qu'on était déjà revenu une fois, qu'on avait pas mal tourné et donc l'impression d'avoir une vie extrêmement remplie. Au final, on recherche des sensations, comme un cuisinier ou un ostéopathe, une consolation et un plaisir immédiat.

Pages réalisées par Philippe Cornet

En concert le 11 décembre à La Madeleine à Bruxelles. www.la-madeleine.be