Un article de Dimitri Dewever.
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Flexworking, télétravail, travail à domicile... Le bureau est en perte de vitesse. Résultat: nombreuses sont les entreprises qui ne savent plus quoi faire de leurs espaces de travail. La plateforme numérique Workero propose une solution pour rentabiliser ces espaces inoccupés. Voilà déjà six mois que des grandes entreprises telles que BASF, Procter & Gamble, Decathlon et DXC Technologies louent leurs bureaux vacants en Belgique. Du pain bénit pour les start-up et les scale-up qui ont ainsi l'occasion d'occuper des bureaux pour un jour, une semaine, voire des années. "La flexibilité est un des grands atouts de ce concept, explique Dirk Paelinck, CEO d'Interoffices et Workero. Open desk, bureau fermé, étage entier: toutes les options sont possibles, en fonction de la surface dont dispose le loueur." Les entreprises qui proposent leurs espaces inoccupés à la location en tirent non seulement un revenu locatif mais créent aussi une dynamique dans l'immeuble et facilitent les collaborations."Certaines choisissent leurs locataires de façon stratégique, en fonction d'un possible intérêt pour leur propre entreprise à moyen ou long terme", témoigne Dirk Paelinck. Une start-up qui développe une technologie disruptive susceptible d'intéresser le bailleur, une société de services qui propose un service complémentaire, une PME prometteuse en quête de financement, etc. Par exemple, les 26 locataires de Procter & Gamble constituent un écosystème unique (lire "ML6 croit en la pollinisation croisée" en fin d'article) avec des spécialistes en data mining, des outils marketing spécifiques et de nouveaux procédés pour développer de savon. Workero transforme les espaces vides en ruches bourdonnantes, véritable terreau d'innovation et de cocréation. La plateforme s'occupe également du design et de l'aména-gement des espaces de travail. "Nous avons développé notre branding et notre modularité propres, précise Dirk Paelinck. Pour le reste, nous aménageons les espaces disponibles sur mesure, en accord avec le loueur. Nous nous chargeons des travaux de transformation afférents." Workero s'occupe également de la gestion des espaces de bureaux vacants pour le compte des bailleurs. Le cas échéant, la plateforme fait appel à des fournisseurs de services pour engager le personnel ad hoc dans les bâtiments du loueur, comme un réceptionniste ou un office manager Workero chargé d'encourager l'esprit de communauté chez les bailleurs et les locataires, voire des spécialistes capables d'initier des projets d'encadrement ou d'innovation. Dans certains cas, les locataires sont eux-mêmes de grandes entreprises et des multinationales. Cette formule offre une solution intéressante pour louer un bureau satellite dans notre pays ou permettre à leurs employés dispersés sur plusieurs provinces de travailler plus près de leur domicile, ou dans les environs des clients qu'ils doivent rencontrer ce jour-là. Tout le monde est donc le bienvenu chez Workero: du freelance qui opère en solitaire à la grande entreprise, que ce soit pour une heure ou un bail de neuf ans. Workero a conçu sa propre plateforme logicielle qui facilite la mise en location et la location. "C'est l'essence même de notre modèle numérique, explique Dirk Paelinck. Nous sommes en mesure de gérer les espaces de travail et les immeubles, de fixer les horaires et les calendriers avec les clients, de subvenir aux besoins de la communauté en organisant notamment des ateliers, des pitchs et des master class. Bref, nous assurons le suivi numérique de A à Z." Workero prend en charge toute l'administration pour le loueur et le locataire et encaisse les revenus locatifs. Elle prélève une commission de 15%, reversant automatiquement les 85% restants au loueur ou au propriétaire de l'immeuble, tels que des sociétés ou des fonds immobiliers. Quelque 350 entreprises louent aujourd'hui un espace Workero ou l'ont fait au cours des derniers mois. Le réseau compte plus de 5.000 utilisateurs.Entre-temps, 42 petites et grandes entreprises belges font appel à Workero pour donner leurs bureaux inoccupés en location. Certains clients souhaitent même appliquer ce concept de location à leurs installations dans d'autres pays. "Nous ambitionnons d'exporter Workero à l'étranger, précise par ailleurs Dirk Paelinck. Mais nous aimerions d'abord compter une centaine de sites en gestion d'ici à fin 2021. Nous sommes en pourparlers avec des promoteurs immobiliers pour garantir un maximum de flexibilité dans les nouveaux bâtiments." Le bureau de demain sera fédérateur, il s'y effectuera les activités impossibles à la maison, comme les séances de brainstorming, les réunions stratégiques et les collaborations nécessitant un maximum de communication. "Après la crise sanitaire, le télétravail un ou plusieurs jours par semaine restera probablement la norme, indique le patron. Les bureaux ne rapetisseront pas mais seront aménagés différemment, avec davantage de possibilités de collaboration et de flexibilité en matière d'affectation. Le nombre de mètres carrés disponibles restera inchangé, à mon avis."