L'obligation de télétravail a été moins bien respectée pendant le deuxième confinement que lors du premier. La lassitude et le découragement y sont probablement pour quelque chose, mais pas seulement. Employés et employeurs ont pris conscience des limites du télétravail. Le travail à domicile, le plus souvent en présence des autres membres de la famille, n'offre pas le même environnement professionnel qu'un vrai bureau. Les contacts avec les collègues manquent cruellement à de nombreux télétravailleurs.
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L'obligation de télétravail a été moins bien respectée pendant le deuxième confinement que lors du premier. La lassitude et le découragement y sont probablement pour quelque chose, mais pas seulement. Employés et employeurs ont pris conscience des limites du télétravail. Le travail à domicile, le plus souvent en présence des autres membres de la famille, n'offre pas le même environnement professionnel qu'un vrai bureau. Les contacts avec les collègues manquent cruellement à de nombreux télétravailleurs. Pour certains, le retour au bureau est l'occasion de sortir de ses quatre murs. Les règles de distanciation et d'hygiène doivent toutefois être scrupuleusement respectées. C'est pourquoi Intervest, société immobilière au portefeuille constitué essentiellement de bureaux, a développé le concept Nereos (acronyme de NEw REality Office Space) ou "concept de bureaux coronaproof". Le concept est présenté dans le showfloor au neuvième étage de la Mechelen Business Tower. "Premier principe important du concept Nereos: séparation absolue entre les espaces publics et privés, explique Isabelle Rossignol, architecte d'intérieur chez Intervest. Le but est d'éviter, dans la mesure du possible, le contact entre les employés et les personnes de l'extérieur. Dans la Mechelen Business Tower, la réception et les salles de réunion se trouvent au neuvième étage tandis que le huitième est accessible aux collaborateurs uniquement." Deuxième sacro-saint principe: application d'une circulation strictement unidirectionnelle dans les bureaux, un comportement encouragé par une signalisation au sol et sur les murs. La distanciation, troisième principe du concept Nereos, est visuellement facilitée au moyen de tapis ronds sous chaque place assise. "Nous essayons aussi de réduire le nombre de surfaces de contact, poursuit Isabelle Rossignol. En installant, par exemple, des poignées de porte spéciales qu'il est possible d'ouvrir et de fermer facilement avec le coude. Moyennant un budget supérieur, des portes coulissantes automatiques et des portes à tambour sont également envisageables. Nous prévoyons en outre des poubelles automatiques et des distributeurs de savon équipés de senseurs." Enfin, la microarchitecture permet de délimiter les postes de travail. "Les postes de travail flexibles sont séparés par des panneaux acoustiques en feutre, explique l'architecte d'intérieur. Une alternative plus chaleureuse et acoustiquement aussi efficace que les panneaux en plexiglas." Greenhouse, le nouvel immeuble de bureaux d'Intervest au Singel d'Anvers, est en grande partie aménagé selon les principes du concept Nereos. "L'hygiène restera une priorité absolue, même après la crise sanitaire, assure Gunther Gielen, CEO d'Intervest. Nereos est un concept durable, un environnement de travail tout ce qu'il y a de plus attrayant, même lorsque la problématique du coronavirus sera résolue." Le bureau paysager ouvert semble avoir fait son temps. La possibilité d'héberger un plus grand nombre de travailleurs sur un nombre réduit de mètres carrés était certes économiquement intéressant mais le concept ne faisait pas que des heureux. Le virus l'a rendu carrément inapproprié. "À mon avis, le bureau évoluera vers des espaces où il sera possible de travailler seul avec un maximum de concentration d'une part, et des espaces propices aux rencontres et à la collaboration d'autre part, soutient Gunther Gielen. L'employé sera libre de choisir son lieu de travail, une flexibilité fondamentale pour remporter la guerre des talents."