Dans la course pour devenir une nouvelle licorne belge du numérique, ces entreprises technologiques non cotées dont la valorisation dépasse le milliard, les prétendants sont encore peu nombreux. Si tous les regards se tournent vers Odoo pour devenir la deuxième licorne aux côtés de Collibra, certaines firmes pourraient créer la surprise. IBanFirst, qui vient d'annoncer une levée de fonds à 200 millions, pourrait-elle se positionner de la sorte?
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Dans la course pour devenir une nouvelle licorne belge du numérique, ces entreprises technologiques non cotées dont la valorisation dépasse le milliard, les prétendants sont encore peu nombreux. Si tous les regards se tournent vers Odoo pour devenir la deuxième licorne aux côtés de Collibra, certaines firmes pourraient créer la surprise. IBanFirst, qui vient d'annoncer une levée de fonds à 200 millions, pourrait-elle se positionner de la sorte? Cette scale-up bruxelloise fondée par le Français Pierre-Antoine Dusoulier, ancien directeur de Saxo Banque, propose aux entreprises une plateforme tech pour effectuer des paiements internationaux dans n'importe quelle devise. "Une alternative bien plus intéressante pour les PME que ce que propose n'importe quelle grande banque", insiste son fondateur.Grâce au réseau de l'entrepreneur français, la start-up avait déjà attiré du beau monde au sein de son capital au travers de plusieurs levées de fonds (46 millions jusqu'ici): Xavier Niel, Serena, Breega, Elaia ou BPI France... Tout récemment, la scale-up qui emploie quelque 250 personnes, dont un peu plus de 70 en Belgique, vient d'annoncer une opération financière de... 200 millions d'euros, en bonne partie auprès du fonds américain Marlin Equity Partners. Un joli montant qui permet à l'américain de prendre le contrôle (51%) d'iBanFirst et qui devrait l'aider à poursuivre sa croissance, à l'international notamment. Si l'entreprise a son siège à l'avenue Louise à Bruxelles, l'essentiel de son activité se déroule en France (où beaucoup la considèrent comme une boîte française, d'ailleurs) et l'Allemagne se positionne comme un second marché porteur pour la firme. Suite à cette annonce d'une grosse levée de fonds, certains se risquent déjà à l'opération d'analyse de valorisation de la firme (laquelle refuse de communiquer sur le sujet) et imaginent une "valo" qui approcherait... d'une demi-licorne, à tout le moins. Mais c'est aller un peu vite en besogne: sur les 200 millions évoqués, "50 millions d'euros ont été sécurisés en dette pour réaliser des acquisitions, admet Pierre-Antoine Dusoulier. On en a déjà effectué et cela fait partie de notre stratégie de répéter ce type d'opération, mais pas en diluant du capital. Donc, Marlin nous aidera à cette fin". Par ailleurs, l'opération comprend aussi une série de rachats d'actions (opérations secondaires), notamment celles des fonds Serena, de Breega et de quelques investisseurs historiques qui sortent d'iBanFirst. Difficile donc d'évaluer avec précision la valorisation de la scale-up. Surtout que "dans ce genre de situation, le rachat d'actions s'effectue avec un discount qui peut tourner autour de 35%, nous glisse un fin connaisseur du financement des start-up. Et l'injection au capital, qui peut être finalement assez réduite, s'effectuer à une valorisation très élevée permettant de clamer qu'on est une quasi-licorne". N'empêche, l'opération à hauteur de 200 millions témoigne du beau parcours d'iBanFirst qui traite plus de 2 milliards d'euros de paiements internationaux et double de taille chaque année.