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Poussée dans le dos par des fonds activistes, sa direction a en effet lancé des enchères. Les candidats étaient invités pour le 18 avril à détailler quels actifs du groupe pourraient les intéresser. Un tournant majeur n'est donc pas exclu pour cette ancienne gloire, née en 1994 lors des balbutiements d'Internet et qui a survécu à l'éclatement de la bulle technologique de 2000. Depuis, elle s'est fait dépasser par les nouveaux acteurs. En tant que moteur de recherches, Google a imposé sa technologie, plus fine. En tant que fournisseur de services (courrier électronique, cartes, infos boursières, etc.), Google - encore elle - a connu davantage de succès et a très vite dupliqué ses initiatives au monde prometteur des smartphones. Enfin, en tant que porte d'entrée vers le Web, Yahoo ! a été ringardisée par les réseaux sociaux, Facebook en tête. Aujourd'hui, le portail californien est dans une situation paradoxale. Il garde une armée de fans, surtout aux Etats-Unis. Selon ComScore, 204 millions de visiteurs uniques américains ont fréquenté ses sites et services en février, contre 206 millions pour Facebook et 243 millions pour Google. Cependant, il draine nettement moins de publicités. Sa part du gâteau publicitaire a fondu comme neige au soleil. Et, selon les projections d'eMarketer, ses recettes devraient encore dégringoler cette année : -14 %. La firme elle-même s'attend à un recul de son chiffre d'affaires. Cela ne fait pas les affaires de Marissa Mayer, la patronne de Yahoo! qui tente vainement un redressement depuis 2012 et qui est aujourd'hui contestée par les investisseurs activistes. Ses efforts ont été louables mais trop lents, trop dispersés et aussi... trop chers. Trois milliards pour une trentaine de start-up. Les acquisitions ont parfois été faites à des prix excessifs. C'est ainsi qu'une dépréciation générale a dû être menée en décembre, ce qui a provoqué une perte nette de 4,4 milliards pour l'année 2015. Pour tenter d'éviter le démantèlement, Marissa Mayer a annoncé une restructuration (de 1.700 emplois) et une "simplification" du groupe. Histoire de calmer les actionnaires, elle a aussi tenté de valoriser la participation que possède Yahoo! dans le géant chinois de l'e-commerce, Alibaba. Cependant, le montage de cette scission a été recalé par le fisc américain. Pourtant, cette participation est juteuse et pèserait à elle seule 31 milliards. Soit autant que Yahoo! elle-même...