Vésale Bioscience a reçu le prix de la start-up en sciences de la vie la plus innovante de l'année au niveau européen, en cette fin 2021. Son fondateur, Jehan Liénart, a exprimé toute sa satisfaction dans l'émission Trends Talk, diffusée ce week-end sur Canal Z en partenariat avec Trends Tendances. "C'est un prix magnifique, exceptionnel parce qu'il est européen, souligne-t-il. Il y a eu 94 projets retenus et nous avons battu des Français, des Allemands... Je suis fier d'être Belge." Le "produit" conçu par cette petite entreprise de Néville-sur-Mohaigne est, potentiellement, une révolution biotech et économique.

Cette start-up, qui est en réalité une spin-out de Vésale Pharma, s'inscrit dans une biotechnologie qui pourrait représenter un marché énorme dans un proche avenir, évalué par Jehan Liénart à une dizaine de milliards. Au départ d'un virus que nous portons par milliards dans notre organismes: le phage. "Le bactériophage est un bon virus, c'est l'être vivant le plus présent sur terre", souligne le CEO de Vésale Bioscience. Petit moustique par rapport à une bactérie qui serait un éléphant, le phage a la capacité de neutraliser son activité nocive et de la décimer. Une action qui promet d'être d'une importante majeure.

"La première cause de mortalité en 2050"

Ce petit virus positif aurait en effet la vertu d'apporter une réponse à l'une de prochaines pandémies: la résistance aux antibiotiques. "Les antiobiotiques perdent de leur efficacité parce que nous en avons trop consommé et que, dans les années 1970-80, on en a fourgué des tonnes en médecine vétérinaire, souligne Jehan Liénart. Certaines bactéries sont devenues résistantes à tous les antiobiotiques et cela, c'est très grave: ce n'est pas moi qui le dit, mais la très sérieuse Organisation mondiale de la santé (OMS), dans ses derniers rapports. Aux alentours de 2050, ce pourrait être la première cause de mortalité avant les cancers ou les maladies cardiovasculaires. Si le Covid avait été une bactérie, nous aurions eu des dizaines de millions de morts."

Le surcoût pour l'économie pourrait être colossal: "On parle de centaines de trillions de dollars supplémentaires pour nos économies de la santé!"

Cette alternative aux antiobiotiques et donc un produit tout ce qu'il y a de plus naturel. Reconnu, désormais. Depuis 2011, l'Europe considère les phages comme des médicaments, souligne le fondateur de Vésale Bioscience. "Ce qui a posé un énorme problème de l'industrie pharmaceutique parce que cela ne pouvait pas être classifié de la même manière", ajoute-t-il. Mais la crédibilité du phage ne pose plus de question, selon son concepteur.

La recherche menée par cette start-up l'a été, en Belgique, avec la Défense nationale. "L'armée, ce ne sont pas que des chars, sourit Jehan Liénart. Elle a un service de recherche impressinnant et en matière de phagothérapie, elle est à la pointe mondiale." L'histoire est d'ailleurs digne d'un roman de politique-fiction. "Dans les années 1990, on craignait une guerre bactériologique majeure, notamment avec de l'Anthrax, raconte le CEO de Vésale Bioscience. L"OTAN a décidé que c'est la Belgique qui devait travailler à une réponse et a doté l'armée de moyens importants. Heureusement, il n'y a pas eu de guerre bactériologique, mais tout est là, désormais." Et pourrait servir à mener un autre combat, sous une forme sèche susceptibles d'être diffusée largement, élaborée par l'entreprise belge.

L'ironie de l'histoire, c'est que les premiers à avoir travaillé sur les phages ne sont autres...que les Soviétiques, dans un contexte de guerre froide.

Retrouvez l'intégrale de cet entretien dans l'émission Trends Talk

Vésale Bioscience a reçu le prix de la start-up en sciences de la vie la plus innovante de l'année au niveau européen, en cette fin 2021. Son fondateur, Jehan Liénart, a exprimé toute sa satisfaction dans l'émission Trends Talk, diffusée ce week-end sur Canal Z en partenariat avec Trends Tendances. "C'est un prix magnifique, exceptionnel parce qu'il est européen, souligne-t-il. Il y a eu 94 projets retenus et nous avons battu des Français, des Allemands... Je suis fier d'être Belge." Le "produit" conçu par cette petite entreprise de Néville-sur-Mohaigne est, potentiellement, une révolution biotech et économique.Cette start-up, qui est en réalité une spin-out de Vésale Pharma, s'inscrit dans une biotechnologie qui pourrait représenter un marché énorme dans un proche avenir, évalué par Jehan Liénart à une dizaine de milliards. Au départ d'un virus que nous portons par milliards dans notre organismes: le phage. "Le bactériophage est un bon virus, c'est l'être vivant le plus présent sur terre", souligne le CEO de Vésale Bioscience. Petit moustique par rapport à une bactérie qui serait un éléphant, le phage a la capacité de neutraliser son activité nocive et de la décimer. Une action qui promet d'être d'une importante majeure.Ce petit virus positif aurait en effet la vertu d'apporter une réponse à l'une de prochaines pandémies: la résistance aux antibiotiques. "Les antiobiotiques perdent de leur efficacité parce que nous en avons trop consommé et que, dans les années 1970-80, on en a fourgué des tonnes en médecine vétérinaire, souligne Jehan Liénart. Certaines bactéries sont devenues résistantes à tous les antiobiotiques et cela, c'est très grave: ce n'est pas moi qui le dit, mais la très sérieuse Organisation mondiale de la santé (OMS), dans ses derniers rapports. Aux alentours de 2050, ce pourrait être la première cause de mortalité avant les cancers ou les maladies cardiovasculaires. Si le Covid avait été une bactérie, nous aurions eu des dizaines de millions de morts."Le surcoût pour l'économie pourrait être colossal: "On parle de centaines de trillions de dollars supplémentaires pour nos économies de la santé!"Cette alternative aux antiobiotiques et donc un produit tout ce qu'il y a de plus naturel. Reconnu, désormais. Depuis 2011, l'Europe considère les phages comme des médicaments, souligne le fondateur de Vésale Bioscience. "Ce qui a posé un énorme problème de l'industrie pharmaceutique parce que cela ne pouvait pas être classifié de la même manière", ajoute-t-il. Mais la crédibilité du phage ne pose plus de question, selon son concepteur.La recherche menée par cette start-up l'a été, en Belgique, avec la Défense nationale. "L'armée, ce ne sont pas que des chars, sourit Jehan Liénart. Elle a un service de recherche impressinnant et en matière de phagothérapie, elle est à la pointe mondiale." L'histoire est d'ailleurs digne d'un roman de politique-fiction. "Dans les années 1990, on craignait une guerre bactériologique majeure, notamment avec de l'Anthrax, raconte le CEO de Vésale Bioscience. L"OTAN a décidé que c'est la Belgique qui devait travailler à une réponse et a doté l'armée de moyens importants. Heureusement, il n'y a pas eu de guerre bactériologique, mais tout est là, désormais." Et pourrait servir à mener un autre combat, sous une forme sèche susceptibles d'être diffusée largement, élaborée par l'entreprise belge. L'ironie de l'histoire, c'est que les premiers à avoir travaillé sur les phages ne sont autres...que les Soviétiques, dans un contexte de guerre froide.Retrouvez l'intégrale de cet entretien dans l'émission Trends Talk