Pour 2018, la BNB estime les créations d'emploi à 59.000 unités, après 65.000 nouveaux jobs en 2017, 59.000 en 2016, 41.000 en 2015 et 20.000 en 2014. Parallèlement, le chômage a reculé de 30.000 unités l'an dernier après -28.000 unités en 2017, -26.000 en 2016 et -19.000 en 2015. Cela a permis de ramener le taux de chômage (harmonisé) de 7,1% en 2017 à 6% en 2018, un niveau qui n'avait plus été observé depuis les années 1970. "On ne doit pas minimiser les progrès très importants accomplis en la matière. C'est fondamental par rapport aux problèmes structurels de la Belgique. On n'est pas arrivé à la fin de l'histoire, le taux d'emploi reste plus faible qu'ailleurs mais la situation s'est améliorée", souligne le gouverneur de la BNB, Pierre Wunsch. "Les mesures du gouvernement ont au moins contribué à cette bonne tenue de l'emploi", ajoute le gouverneur, considérant que les "réformes fonctionnent". "Un élargissement de l'offre de travail peut s'accompagner d'une baisse du chômage. Ce n'est pas vrai de dire que le marché du travail est à somme nulle." Quant aux salaires horaires bruts, ils ont augmenté de 2,3% en 2018 (tout comme l'inflation), ce qui correspond à une accélération par rapport aux années précédentes (+1,7% en 2017; +1,3% en 2016 et +0,3% en 2015). Dans le contexte d'échec, pour l'heure, des négociations entre partenaires sociaux sur la norme salariale et un accord interprofessionnel 2019-2020, et après la naissance cet hiver du mouvement des "Gilets jaunes", la BNB constate que les créations d'emplois et la progression des salaires ont soutenu le pouvoir d'achat, qui a augmenté de 1,2% l'an dernier. Cette hausse est toutefois moindre que dans les pays voisins. Interrogé sur une éventuelle modification de la loi de 1996 sur la compétitivité, qui selon les syndicats, est devenue un véritable "carcan" empêchant toute négociation sur les salaires, Pierre Wunsch estime qu'"il ne faut pas la modifier de manière fondamentale" car ses objectifs sont bons. Mais le gouverneur n'exclut pas l'idée d'introduire "plus de flexibilité". "On devra permettre une certaine différenciation si les tensions subsistent sur le marché du travail." Cette différenction concernerait certains secteurs et certaines sous-régions du pays mais l'idée n'est aucunement d'aller vers une régionalisation de la politique salariale, assure-t-il. "Si on doit augmenter les salaires, faisons-le dans le segment du marché du travail, dans les sous-régions où l'on observe des tensions." (Belga)