Cela aurait dû être le mariage de l'année. Du moins en Principauté. Annoncée en grande pompe au début du mois d'août, l'arrivée de François Fornieri au Standard avait fait les gros titres de la presse. Le patron de Mithra promettait en effet de rejoindre rapidement le club liégeois pour en devenir l'un des deux actionnaires, à parts égales avec le président Bruno Venanzi.
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Cela aurait dû être le mariage de l'année. Du moins en Principauté. Annoncée en grande pompe au début du mois d'août, l'arrivée de François Fornieri au Standard avait fait les gros titres de la presse. Le patron de Mithra promettait en effet de rejoindre rapidement le club liégeois pour en devenir l'un des deux actionnaires, à parts égales avec le président Bruno Venanzi. La cérémonie du closing avait été programmée au 30 octobre, mais quelques heures avant l'union officielle, coup de théâtre: la mariée ne s'est pas présentée à l'église pour une question de dot! Au Standard, un témoin du mariage avorté raconte: "Fornieri a soudainement prévenu qu'il ne pourrait pas réunir les fonds nécessaires à temps, à la fois pour son entrée dans le club et pour l'augmentation de capital de l'Immobilière du Standard". Récente propriétaire du stade de Sclessin, la société immobilière nourrit en effet le projet ambitieux de rénover et d'agrandir le terrain de jeu des "Rouches" avec de nouveaux parkings, commerces et bureaux. Là aussi, Venanzi et Fornieri devaient sceller leur union financière. Refroidi par cette volte-face sur les marches de l'église, l'ex-futur marié s'est fendu d'un communiqué sur le site du club, anéantissant tout espoir de lune de miel: "Le Standard de Liège et Bruno Venanzi ont mis un terme à leur négociation avec M. Fornieri pour un partage du capital de la S.A. Standard de Liège. Avec plus de 99% des actions du club, Bruno Venanzi en reste l'actionnaire majoritaire et le président". Comme dans toutes les histoires d'amour, les points de vue divergent sur les raisons de l'échec. Dans une interview à la RTBF, le CEO de Mithra conteste cette version des faits et évoque la mise en garde de ses banquiers sur son investissement dans un club "qui risquerait de connaître de graves problèmes financiers et judiciaires à l'avenir" (sic). Ce nouvel élément l'aurait poussé à ne pas verser l'argent attendu à l'assemblée générale du 30 octobre. Contactés par nos soins, ni François Fornieri ni Bruno Venanzi n'ont voulu répondre à nos questions, mais toujours est-il que le climat est glacial entre les deux Liégeois. Au Standard, on a déjà tiré un trait sur le patron de Mithra alors que l'homme d'affaires serait paradoxalement toujours intéressé, malgré ses premières déclarations. "Ce que Fornieri a fait est considéré comme de la diffamation dans les hautes sphères du club, confie notre témoin discret du mariage annulé. Venanzi aurait pu lui proposer d'entrer à hauteur de 20% en guise de compromis, mais il ne souhaite plus s'engager avec quelqu'un d'aussi versatile. La confiance est rompue et le président du Standard préfère se tourner à présent vers d'autres partenaires." Preuve en est avec la dernière AG de l'Immobilière du Standard qui a vu arriver de nouveaux investisseurs. Comme l'a révélé L'Echo, trois acteurs importants du paysage liégeois ont en effet rejoint Bruno Venanzi dans le projet du stade de Sclessin: la société immobilière Solico, le professeur Jean-Yves Reginster (ULg) et le Diable Rouge Nacer Chadli, ami proche d'Axel Witsel, déjà actionnaire de l'Immobilière du Standard. Ensemble, ces nouveaux arrivants ont porté le capital de la société à 7,3 millions, tournant définitivement la page de l'option Fornieri.