Vous en avez marre de télétravailler de chez vous et vos collègues désertent l'open space ? En tant que commercial, vous désirez vous poser ailleurs que dans une chaîne de restauration impersonnelle ? L'application Ooofer est peut-être bien faite pour vous.
...

Vous en avez marre de télétravailler de chez vous et vos collègues désertent l'open space ? En tant que commercial, vous désirez vous poser ailleurs que dans une chaîne de restauration impersonnelle ? L'application Ooofer est peut-être bien faite pour vous. Ooofer a été développée par Edouard Hurt, ingénieur de gestion, Clément Dagneaux, architecte spécialisé dans des projets de co-living et Simon Dagneaux, spécialisé en product design. Son principe est simple : répertorier une sélection pointue d'hôtels en Belgique et dans des villes d'Europe (Paris, Francfort, Munich) disposant d'espaces de travail et de salles de réunion privatives chaleureuses et confortables. Pour les utilisateurs, le système repose sur un abonnement mensuel qui donne un accès illimité à ces espaces, ainsi qu'à une série de services (café et thé à volonté, réduction sur le petit déjeuner ou le lunch, accès à tarif réduit au spa et à la salle de sport, nuitée moins chère,...)A l'origine, l'idée d'exploiter ces nouveaux "tiers lieux" est venue aux trois entrepreneurs suite à la crise sanitaire qui a complètement chamboulé les codes du (télé)travail. Depuis la crise sanitaire, on observe en effet un brouillage des frontières entre déplacement professionnel, vacances et télétravail. Si bien que le terme "blended travel " est né. Il comprend aussi bien les voyageurs qui ajoutent une dimension loisir à leurs déplacements professionnels - on parle alors de "bleisure" - que ceux qui restent plus longtemps sur leur lieu initial de vacances pour télétravailler ("workation"). "Nous avons une approche forte de l'hospitalité et nous sentions qu'il y avait une opportunité à saisir au sortir de la crise sanitaire. De nombreux hôtels désertés par les touristes et les clients d'affaires étaient en difficulté. Nous voulions saisir l'opportunité de faire revivre leur lobby et leurs infrastructures", explique Edouard Hurt à Trends Tendances. "Le concept sous-tend aussi une approche sociale de reconnexion, dans un hub décentralisé pour recréer du contact humain", décrivent les initiateurs de Ooofer. "Ce qu'on nomme le 'work hospitality' est une solution intermédiaire entre le travail à la maison et les espaces de coworking classiques qui peuvent revenir assez chers à la fin du mois", expliquele co-fondateur Clément Dagneaux.Les tarifs d'Ooofer battent en effet à plate couture les autres offres de coworking du marché. "Notre offre démarre à 49 euros par mois pour la Belgique alors qu'en Europe, le prix moyen d'un coworking en flexdesk est de 300 euros. Pour un accès illimité aux espaces, le retour sur investissement est donc très rapide. Avec, en bonus, la flexibilité de pouvoir changer de lieu de travail chaque jour si on le désire", vante-t-il. Une version "freemium", limitée mais gratuite, est également disponible et donne accès à 2 séances de coworking par mois, précise l'entrepreneur.La sélection éclectique qui s'étoffe de semaine en semaine ne comporte délibérément pas d'hôtels de grands groupes hôteliers. Les établissements avec lesquels l'app' collabore sont sélectionnés sur des critères précis et exigeants par ses concepteurs. "Nous ne proposons pas d'hôtels classiques mais nous choisissons des établissements indépendants avec un concept unique et une déco originale, de la bonne musique, une ambiance conviviale propice aux rencontres,... Après sa journée de travail, le client peut prolonger l'expérience au wellness ou à la salle de sport et pourquoi pas dîner et y passer la nuit", détaille Edouard Hurt.Le concept est prisé des nomades numériques - souvent des freelances ou des profils créatifs - qui profitent d'une bonne connectivité et des atouts d'une destination pour travailler de n'importe où. L'app' leur offre une alternative de qualité aux coffee shops bruyants ou les clients squattent le WIFI à la journée. "Les lieux inspirants permettent de sortir de la routine et de stimuler la créativité et la productivité. C'est le principal feed-back de notre communauté de membres", avance Clément Dagneaux.Le concept plait aussi aux hôteliers car il est totalement sans frais et sans charge supplémentaire de personnel. La collaboration est 100% win win. Alors que de sites comme Booking.com demande 17% de commissions aux hôtels, Ooofer n'exige en effet aucune rétribution et se rémunère grâce aux abonnements de ses utilisateurs. Les fondateurs ont levé à ce jour 400.000 euros. L'hôtel, en retour, bénéficie de revenus supplémentaires - boissons, repas,... - générés par les coworkers et de la visibilité offerte par l'app'. En outre, ses installations parfois délaissées en journée sont mieux rentabilisées. Marjorie Piette, General Manager de l'hôtel liégeois Yust, nous le confirme : "C'est un concept très intéressant car nous ne payons rien aux concepteurs d'Ooofer pour qu'ils mettent notre hôtel en avant. Ils se rémunèrent via les abonnements de leurs clients. Nous devons juste gérer la réservation de l'espace coworking et les autres prestations." Pour le moment, depuis l'ouverture de l'établissement en mai 2022, l'app' n'a pas encore drainé énormément de monde, nous confie Marjorie Piette. Selon elle, le concept doit encore se faire connaître, après un lancement public officiel en novembre 2022.Ooofer propose à ce jour une cinquantaine d'établissements haut de gamme en Europe, dont une trentaine en Belgique. Il est possible de passer la journée dans un manoir chic des Ardennes ou quelques heures dans un "boutique hôtel" en plein centre de Gand. L'app' rencontre pas mal de succès dans des villes comme Paris et Francfort, avancent ses fondateurs, "car ce sont des capitales où les espaces à vivre sont plus restreints, ce qui poussent les travailleurs à sortir de chez eux". L'objectif de la start-up est de dépasser la barre des 100 établissements en 2023. Des hôtels à Londres, Cambridge, Dublin, Berlin et à La Haye sont déjà annoncés. Dans un second temps, la start-up visera les entreprises qui désirent offrir à leurs employés des espaces de travail flexibles et originaux dans une optique de bien-être.