Paul Marchal aime voir juste. Et loin. En ce début 2019, il ne peut qu'être satisfait. Morrow Optics, la start-up gantoise qu'il a cofondée avec Jelle De Smet, est en plein boom (10 millions d'euros ont déjà été levés) et son premier produit phare fait le buzz : des lunettes solaires qui permettent de passer instantanément en mode lecture. " Fini d'avoir à relever ses lunettes et plisser les yeux pour voir clairement son écran GPS en voiture ou consulter une carte sur la terrasse ensoleillée d'un resto ", jubile le promoteur du procédé.
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Paul Marchal aime voir juste. Et loin. En ce début 2019, il ne peut qu'être satisfait. Morrow Optics, la start-up gantoise qu'il a cofondée avec Jelle De Smet, est en plein boom (10 millions d'euros ont déjà été levés) et son premier produit phare fait le buzz : des lunettes solaires qui permettent de passer instantanément en mode lecture. " Fini d'avoir à relever ses lunettes et plisser les yeux pour voir clairement son écran GPS en voiture ou consulter une carte sur la terrasse ensoleillée d'un resto ", jubile le promoteur du procédé. Sous le label Morrow One, il lancera en fin d'année ses lunettes nanotechnologiques. Une première mondiale. Jamais de tels modèles n'ont été commercialisés : leurs verres sont composés de cristaux liquides pour changer l'indice de réfraction et le focus de distance sous l'impulsion d'une puce électronique logée dans la monture. D'un clic sur un bouton discret, la mise au point des verres munis de lentilles autofocales (fabriqués par la société belgo-japonaise Tokaï Optecs) est modifiée et même la correction de presbytie effectuée. Les solaires se muent en lunettes de lecture. Clé de cette innovation : les nanotechnologies et, surtout, " un film transparent composé de cristaux et d'une sorte de fluide qui peut être manipulé électriquement ". " Une tension exercée à un endroit active en quelque sorte une lentille, précise le patron de Morrow. Ce film est intégré à des verres de lunettes solaires classiques reliées à une puce électronique. La force de la lentille peut varier d'une paire à une autre. Pour fonctionner, les lunettes doivent être rechargées une heure via un chargeur qui se clique à la monture. L'autonomie est de minimum huit heures en usage intensif à maximum une semaine en usage normal. " Quelques centaines, voire deux petits milliers, de lunettes de soleil devraient trôner fin 2019 chez des opticiens indépendants choisis en fonction de l'offre qualitative de leurs produits. Les lunettes de soleil Morrow One, dont le prix oscillera entre 340 et 700 euros, sont effectivement un produit premium. " Si elles se vendent, notre entreprise va décoller et nous pourrons mettre notre expertise au service d'autres produits ", prédit l'entrepreneur. En effet, Paul Marchal voit bien plus loin que sa gamme solaire révolutionnaire. Pour 2020, son regard et celui de son équipe - qui devrait passer de 15 à 30 personnes - se focalisent déjà sur le défi d'améliorer les lunettes " normales " grâce à son système novateur. " Il existe déjà une large offre de lunettes multifocales pour voir de loin et de près mais un souci demeure, soutient le patron. Au centre des verres progressifs divisés en deux zones, avec des courbes différentes, l'image est souvent moins nette. Face aux écrans, les modèles classiques sont source d'inconfort car la distance optique à l'écran n'est ni proche, ni lointaine. Des verres électroniques peuvent solutionner cela par des lentilles capables de faire basculer des lunettes multifocales en lunettes d'ordinateur. " Vu sous cet angle, le filon nanotechno promet. D'autant que la consommation d'écrans (en moyenne six heures par jour actuellement) ne cesse de croître, tout comme l'espérance de vie d'une population où les seniors augmentent. Avec toujours autant de problèmes de vue. Paul Marchal les a bien à l'oeil. Par Fernand Letist.