Le bénéfice net des compagnies devrait atteindre au total 39,4 milliards de dollars en 2016, après 35,3 milliards de dollars (31,4 milliards d'euros) en 2015, a précisé le nouveau directeur de l'Association internationale du transport aérien (IATA), le Français Alexandre de Juniac, lors d'un symposium à Singapour.

Il aussi appelé les pays d'Asie du Sud-Est à investir en infrastructures, afin de répondre à la forte augmentation du trafic dans cette région du monde en pleine croissance.

Les compagnies aériennes ont bénéficié d'une forte baisse du prix du pétrole -- leur plus grand poste de dépenses -- ainsi que d'un marché résistant en dépit du ralentissement mondial de l'économie, a ajouté l'ancien patron d'Air France-KLM, qui a pris les commandes de l'IATA le 1er septembre.

Les statistiques de l'IATA montrent que les dépenses de kérosène des compagnies aériennes devraient chuter à 127 milliards de dollars (113 milliards d'euros) cette année, soit une baisse de 44% comparé à 2014, quand les prix de l'or noir étaient au plus haut avec un baril à plus de 100 dollars.

Ce sera la première fois depuis 2014 que les dépenses de kérosène vont représenter moins de 20% des coûts opérationnels des compagnies, a observé l'IATA.

Les prix du pétrole ont dégringolé au cours des deux dernières années, atteignant un plus bas de près de 13 ans en février dernier.

Le patron de l'IATA s'est cependant montré prudent pour l'avenir.

"Je ne suis pas ici pour prédire la fin du bon temps, mais il serait irréaliste de s'attendre à ce que cela dure éternellement", a déclaré M. de Juniac.

"Et si les prix du pétrole montaient aussi vite qu'ils sont descendus? Et si les activités terroristes s'étendaient et s'intensifiaient? Que se passerait-il si une importante économie connaissait un atterrissage brutal? L'actuelle rhétorique protectionniste pourrait-elle ébranler une demande de connectivité mondiale", a interrogé le patron de l'IATA.

Cependant, les bénéfices sont inégalement répartis dans la mesure où près de 60% du montant total cette année devrait aller aux compagnies américaines, contre 20% pour celle d'Asie-Pacifique, 19% pour les compagnies européennes, et 4% pour celles du Proche-Orient.