Depuis la crise du covid, le secteur de l'Horeca manque de personnel. Un phénomène "gênant" l'an passé au moment de la réouverture, mais qui devient réellement problématique un an plus tard alors que la saison estivale débute.

"Ce manque de personnel représente en moyenne 20% de nos équipes, explique Gérald Deschamps, directeur opérationnel des établissements de la Brasserie Dubuisson. Nous recherchons des profils dans tous les domaines, il nous manque des managers de restaurant, des chefs de salle, des commis de salle, des plongeurs, des commis de cuisine ou encore des agents d'accueil... Cela devient très compliqué de gérer et de faire tourner nos établissements dans ces conditions. D'autant que la haute saison commence et que nous nous attendons à de grosses fréquentations cet été."

Et cette année, le secteur ne pourra vraisemblablement pas compter sur le renfort des étudiants. Habituellement, pendant la période estivale, ces derniers venaient renforcer les équipes en place. Mais cette année, les annonces publiées sont restées sans réponse, le monde estudiantin a lui aussi tourné le dos à l'horeca, cherchant ailleurs ce job qui l'aidera à remplir son compte pour l'année.

A cause du covid

Un manque de personnel dans les restaurants et les bars est très souvent imputé à la crise sanitaire. Une étude de la KULeuven, menée par le professeur Ludo Struyven en août 2021, affirme que le nombre de salariés dans la restauration est passé de 140.500 fin 2019 à 106.500 fin 2020, soit une perte de 24% en un an de temps.

Affirmation que confirme Thierry Neyens, président de la fédération Horeca Wallonie : "Nous avons assisté au départ d'une partie des salariés". Certains ont quitté la profession par choix, ayant découvert, contraint par le covid, la possibilité d'avoir un meilleur équilibre vie privée-vie professionnelle que celui que leur offrait la restauration avec ses shifts et ses horaires coupés. D'autres l'ont fait par nécessité, n'ayant plus assez, voire plus du tout, de rentrées financières. Il est vrai qu'avec les trop nombreuses fermetures-réouvertures, le secteur de l'horeca a bien malgré lui renvoyé une image d'instabilité...

Des milliers de postes sont aujourd'hui à pourvoir, un constat confirmé par la liste des métiers en pénurie d'Actiris et du Forem. Le Forem annonçait que 31 nouvelles fonctions faisaient leur apparition sur cette liste, et parmi celle-ci, 30% d'entre elles proviennent du secteur de l'Horeca.

Difficultés à l'embauche

L'engagement de nouveau personnel pose lui aussi souci et s'associe parfois à un parcours du combattant. "Nos annonces de recrutement recueillent de moins en moins de candidats, témoigne Gérald Deschamps, et lorsque nous organisons des entretiens, généralement 10% des candidats s'y présentent."

Une (mauvaise) surprise étant donné que beaucoup d'emplois à pourvoir dans l'horeca n'ont en général aucune barrière à l'embauche, à part (et surtout) la motivation du candidat.

Selon Gérald Deschamps, les autorités devraient réfléchir à une meilleure répartition des incitants financiers qui ont été proposés au personnel au plus fort de la crise sanitaire. La fédération wallonne de l'horeca va dans le même sens et reconnaît qu'avec certains revenus de remplacement, la tentation est parfois grande de rester au chômage. Un avis que partage Albert Michiels, le patron de Restauration Nouvelle, dans un article de l'Echo : "Les gens ont trouvé de l'attrait au chômage. Ils préfèrent rester chez eux pour 1.600 euros".

Formation à améliorer

Même si Actiris et le Forem, en collaboration avec leurs partenaires, organisent des formations professionnalisantes afin de mettre le pied à l'étrier aux potentiels candidats, c'est sur le terrain que le bât blesse, là où le décalage entre "réalité du métier vs rêve du métier" prend tout son sens. "Il y a un décalage trop important entre la formation et le terrain. Les stages n'offrent pas assez d'immersion réelle avec toutes les conditions propres au métier de stress, de discipline...", souligne Thierry Neyens. Une analyse que partage également Gérald Deschamps, qui souligne que pour lui, les autorités doivent fournir plus d'efforts afin d'améliorer cette formation professionnelle des jeunes.

Cette situation qui devient de plus en plus problématique, ppèsent sur le moral des patrons d'établissements qui n'arrivent plus à remédier au problème. "Si nous ne trouvons pas de personnel rapidement, nous devrons envisager d'autres solutions" conclut Gérald Deschamps. "Nous pourrions, par exemple, être contraints de réduire nos capacités d'accueil ou encore de revoir nos jours d'ouverture".

(belge/communiqué)

Depuis la crise du covid, le secteur de l'Horeca manque de personnel. Un phénomène "gênant" l'an passé au moment de la réouverture, mais qui devient réellement problématique un an plus tard alors que la saison estivale débute."Ce manque de personnel représente en moyenne 20% de nos équipes, explique Gérald Deschamps, directeur opérationnel des établissements de la Brasserie Dubuisson. Nous recherchons des profils dans tous les domaines, il nous manque des managers de restaurant, des chefs de salle, des commis de salle, des plongeurs, des commis de cuisine ou encore des agents d'accueil... Cela devient très compliqué de gérer et de faire tourner nos établissements dans ces conditions. D'autant que la haute saison commence et que nous nous attendons à de grosses fréquentations cet été."Et cette année, le secteur ne pourra vraisemblablement pas compter sur le renfort des étudiants. Habituellement, pendant la période estivale, ces derniers venaient renforcer les équipes en place. Mais cette année, les annonces publiées sont restées sans réponse, le monde estudiantin a lui aussi tourné le dos à l'horeca, cherchant ailleurs ce job qui l'aidera à remplir son compte pour l'année.A cause du covidUn manque de personnel dans les restaurants et les bars est très souvent imputé à la crise sanitaire. Une étude de la KULeuven, menée par le professeur Ludo Struyven en août 2021, affirme que le nombre de salariés dans la restauration est passé de 140.500 fin 2019 à 106.500 fin 2020, soit une perte de 24% en un an de temps.Affirmation que confirme Thierry Neyens, président de la fédération Horeca Wallonie : "Nous avons assisté au départ d'une partie des salariés". Certains ont quitté la profession par choix, ayant découvert, contraint par le covid, la possibilité d'avoir un meilleur équilibre vie privée-vie professionnelle que celui que leur offrait la restauration avec ses shifts et ses horaires coupés. D'autres l'ont fait par nécessité, n'ayant plus assez, voire plus du tout, de rentrées financières. Il est vrai qu'avec les trop nombreuses fermetures-réouvertures, le secteur de l'horeca a bien malgré lui renvoyé une image d'instabilité... Des milliers de postes sont aujourd'hui à pourvoir, un constat confirmé par la liste des métiers en pénurie d'Actiris et du Forem. Le Forem annonçait que 31 nouvelles fonctions faisaient leur apparition sur cette liste, et parmi celle-ci, 30% d'entre elles proviennent du secteur de l'Horeca. Difficultés à l'embaucheL'engagement de nouveau personnel pose lui aussi souci et s'associe parfois à un parcours du combattant. "Nos annonces de recrutement recueillent de moins en moins de candidats, témoigne Gérald Deschamps, et lorsque nous organisons des entretiens, généralement 10% des candidats s'y présentent."Une (mauvaise) surprise étant donné que beaucoup d'emplois à pourvoir dans l'horeca n'ont en général aucune barrière à l'embauche, à part (et surtout) la motivation du candidat. Selon Gérald Deschamps, les autorités devraient réfléchir à une meilleure répartition des incitants financiers qui ont été proposés au personnel au plus fort de la crise sanitaire. La fédération wallonne de l'horeca va dans le même sens et reconnaît qu'avec certains revenus de remplacement, la tentation est parfois grande de rester au chômage. Un avis que partage Albert Michiels, le patron de Restauration Nouvelle, dans un article de l'Echo : "Les gens ont trouvé de l'attrait au chômage. Ils préfèrent rester chez eux pour 1.600 euros".Formation à améliorerMême si Actiris et le Forem, en collaboration avec leurs partenaires, organisent des formations professionnalisantes afin de mettre le pied à l'étrier aux potentiels candidats, c'est sur le terrain que le bât blesse, là où le décalage entre "réalité du métier vs rêve du métier" prend tout son sens. "Il y a un décalage trop important entre la formation et le terrain. Les stages n'offrent pas assez d'immersion réelle avec toutes les conditions propres au métier de stress, de discipline...", souligne Thierry Neyens. Une analyse que partage également Gérald Deschamps, qui souligne que pour lui, les autorités doivent fournir plus d'efforts afin d'améliorer cette formation professionnelle des jeunes.Cette situation qui devient de plus en plus problématique, ppèsent sur le moral des patrons d'établissements qui n'arrivent plus à remédier au problème. "Si nous ne trouvons pas de personnel rapidement, nous devrons envisager d'autres solutions" conclut Gérald Deschamps. "Nous pourrions, par exemple, être contraints de réduire nos capacités d'accueil ou encore de revoir nos jours d'ouverture".(belge/communiqué)