C'est un chasseur de têtes qui l'a amené en Belgique en 2006 pour prendre la direction d'Ogeda (Euroscreen à l'époque). "Je connaissais le thématique, le drug discovery, c'est mon métier, raconte Jean Combalbert. La Belgique commençait à avoir une visibilité intéressante dans le monde des biotechs et le défi m'a donc attiré. Mais je l'avoue très franchement, comme pour beaucoup de Français, la Belgique, c'était pour moi un petit pays où l'on se battait autour d'un conflit linguistique qu'on ne comprend pas bien." ...

C'est un chasseur de têtes qui l'a amené en Belgique en 2006 pour prendre la direction d'Ogeda (Euroscreen à l'époque). "Je connaissais le thématique, le drug discovery, c'est mon métier, raconte Jean Combalbert. La Belgique commençait à avoir une visibilité intéressante dans le monde des biotechs et le défi m'a donc attiré. Mais je l'avoue très franchement, comme pour beaucoup de Français, la Belgique, c'était pour moi un petit pays où l'on se battait autour d'un conflit linguistique qu'on ne comprend pas bien." Seize ans plus tard, Jean Combalbert ne comprend toujours pas bien nos différends communautaires ("c'est le gros problème de ce pays, si tous vos enfants étaient bilingues, ça changerait tout") mais il a appris à apprécier la Belgique puisqu'il y est resté après l'aventure Ogeda (revendue pour 800 millions au japonais Astellas), puis de Syndesi (revendue à Abbvie pour 130 millions). "Il y a de l'argent, de bonnes universités et un terrain pharmaceutique historique, tous les éléments pour réussir dans les biotechnologies sont présents, résume-t-il. J'apprécie beaucoup la grande accessibilité des gens. Je peux prendre mon téléphone et parler assez rapidement à un ministre, à un grand chef d'entreprise ou à de gros investisseurs. J'ai fréquenté le milieu de l'investissement, dans le 8e arrondissement de Paris ; je vous assure que les choses y sont bien plus compliquées. Le côté humble dans le rapport aux autres, j'adore ça en Belgique." Il vient de fonder Eden Biocapital, avec plusieurs partenaires, afin d'investir dans des biotechs, notamment en Wallonie. Au fil du temps, il a vu son regard sur son pays d'origine évoluer. "La légende du Français, râleur et prétentieux, il faut admettre qu'elle a du vrai, sourit Jean Combalbert. Diriger des Belges, c'est plus facile, les gens râlent moins et veulent aller de l'avant. Il y a globalement un bon état d'esprit." Il estime toutefois que notre "religion du compromis" complique parfois un peu les choses. "Le compromis, c'est plus souvent du lost-lost que du win-win, dit-il. En France, il y a plus une culture de la fight, poursuit Jean Combalbert. On manifeste, on fait une grève et puis on réfléchit aux revendications. Cela explique cette propension à aller vers les extrêmes et notamment l'extrême droite. C'est moins le cas en Wallonie, avec cette culture du compromis et, aussi, avec la très forte emprise du parti socialiste."